La Belle sans la Bête: Le sexe au féminin Décortiqué

L'auteure Mireille Frégeau... (Jean-François Gagnon, La Tribune)

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L'auteure Mireille Frégeau

Jean-François Gagnon, La Tribune

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STUKELY-SUD - Parler du rapport des femmes à la sexualité en évitant les lieux communs et en reconnaissant une « animalité » certaine aux comportements sociaux des dames, voilà l'un des défis qu'a tenté de relever l'auteure Mireille Frégeau en écrivant le livre La belle sans la bête, publié aux Éditions Trois-Pistoles.

« J'ai essayé d'aborder la thématique de la sexualité et des comportements féminins en prenant la situation d'un angle différent de celui emprunté habituellement par les médias », résume Mireille Frégeau, rencontrée chez elle à Stukely-Sud.

Pornographie, prostitution, hypersexualisation, exploitation juvénile, jouissance à tout prix, culte des images et davantage encore... Les thèmes touchés par l'auteure sont multiples et nous amènent à la rencontre d'univers méconnus du grand public, mais aussi de divers personnages peuplant le récit de sa vie.

Comme point de départ à sa réflexion, l'auteure pose la question suivante : pourquoi la sexualité occupe-t-elle une place si grande au sein de la société québécoise, sinon nord-américaine ou occidentale? Elle fait également le constat que la femme, tout autant que l'homme, est mue par des comportements liés à sa condition d'animal « de troupeau » ou social.

La recherche du mâle dominant, de l'amour envers et contre tout ainsi que le besoin d'être reconnue par les autres sont tous des « programmes » auxquels répond la femme, selon les recherches et observations faites par Mireille Frégeau.

« Je fais référence à différentes espèces animales pour expliquer des comportements humains », note Mireille Frégeau, qui oeuvre dans le domaine des communications. Par exemple, la guenon cherchera le mâle dominant, elle également. Elle a plus de chances, en sa compagnie, de ne pas se retrouver sans nourriture. Elle en tire donc profit. »

Bien que son discours ait reçu une oreille attentive de la part de groupes de femmes de la région, l'auteure reconnaît que ce qu'elle avance peut être confrontant pour une partie de la gent féminine.

En outre, elle refuse de faire de la femme une simple victime lorsqu'il est question de l'hypersexualisation. « On n'avance pas si on reste avec l'idée d'une relation victime-bourreau », note-t-elle, tout en reconnaissant aux dames une capacité à imposer leur volonté quand elles le souhaitent.

Cela ne l'empêche toutefois pas de se montrer critique à l'égard du modèle qu'on propose à trop d'adolescents en cette époque où la pornographie est omniprésente dans l'internet. « Il y a une culture de la violence et la sexualité est influencée par ça. Les jeunes sont en plus incités, de diverses façons, à vivre des relations impliquant une domination extrême. »

Sortir des «programmes»

Pour remédier à une partie des maux liés à la sexualité telle que vécue au XXIe siècle, Mireille Frégeau propose de sensibiliser les jeunes plus tôt à la « différence qui existe entre l'animalité et l'amour ».

Car l'auteure de La belle sans la bête croit qu'il est possible pour l'homme et la femme de transcender leur condition et d'échapper aux pièges qui les guettent sur le plan de la sexualité et des relations amoureuses.

« Malgré les programmes de très longue date inscrits dans nos cellules, on peut changer. Il faut travailler sur soi pour y arriver. C'est un défi individuel très fort que l'on doit essayer de relever en avançant un pas à la fois. Une dose d'humour et l'arrêt du jugement sont des choses susceptibles de nous aider à atteindre notre but », soutient Mireille Frégeau.




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