L'impro comme les pros

Tommy Girard (à droite) et sept autres joueurs... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Tommy Girard (à droite) et sept autres joueurs étoiles de la ligue d'impro l'Acronyme (Louis Girard-Bock, Éric Dumont, Pascal Justin-Boyer, Marie-Josée Ranger, Olivier Villeneuve, Noémie Leduc-Roy et Emmanuelle Walsh-Viau) affronteront Frédéric Barbusci et Sophie Caron, de la LNI.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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La Nouvelle Scène accueille du 6 au 8 avril quatre joueurs étoiles de la Ligue nationale d'improvisation (LNI), dont Frédéric Barbusci et Sophie Caron, qui affronteront des représentants de l'Acronyme et la LIEU, les deux principales ligues d'impro d'Ottawa. Une première dans la région, donnée à l'initiative du théâtre La Catapulte, dans le cadre de son 25e anniversaire.

Frédéric Barbusci et Sophie Caron affronteront en premier lieu deux quatuors de la Ligue d'Improvisation Étudiante Universitaire (la LIEU), jeudi. La joute verbale se poursuivra vendredi contre l'Acronyme, qui envoie elle aussi huit «joueurs étoiles», séparés en deux équipes. Samedi, Salomé Corbo et Pier-Luc Funk se grefferont à leurs collègues de la LNI, le temps d'un grand match. Les deux derniers soirs affichent déjà complet.

Les Montréalais débarquent avec leur décorum, leur directeur musical Dominique Hamel et l'arbitre Simon Rousseau, lequel veillera à ce que les équipes locales - qui appliquent des règlements internes pouvant différer légèrement de ceux de la LNI - se moulent aux règles officielles échafaudées par Robert Gravel, son fondateur.

L'actuel directeur artistique de l'Acronyme, Tommy Girard, s'attend notamment à ce que le jeu sur la «glace» soit un peu plus musical que ce à quoi son équipe est habitué. Comme l'Acronyme n'a d'habitude pas de musicien pour accompagner les joueurs, contrairement à la LNI, «on ne fait pratiquement jamais d'impros chantées, parce qu'a capella, c'est souvent nul», illustre-t-il. 

En outre «à l'Acro, il n'y a pas de vote sur les [improvisations] mixtes: ça encourage la collaboration, puisqu'il n'y a pas de compétition», poursuit-il. Il convient aussi que les improvisations de longue durée - six minutes et plus - sont extrêment rares, au sein de sa ligue. «Tout ça peut beaucoup changer la dynamique d'un match», estime cet enseignant en psychologie qui a fait ses classes en impro au Témiscamingue et à l'Université laval.

Jouer selon les règles de la LNI nécessitera quelques accommodements, mais rien qui puisse faire stresser un improvisateur-né. 

Surtout que les équipes locales ont eu l'occasion de se réchauffer en se «coltaillant» avec Frédéric Barbusci et Sophie Caron à la fin mars, lorsque le tandem est venu animer des séminaires/spectacles dans des écoles d'Ottawa-Gatineau, dans le cadre de la Tournée des Maîtres.

Spectacle bonifié

«On est donc très excités. En impro, meilleurs sont tes adversaires, meilleur on va être» estime-t-il. Un match de hockey entre des pros de la LNH et une ligue de garage risque d'ennuyer les spectateurs, à cause de la différence de niveau de jeu ; en impro, c'est le contraire qui se produit, illustre-t-il : «le public y gagne».

La seule chose qui le stresse: c'est le prix du billet: 35$ par adulte et par soir (20 $ pour les étudiants). «D'habitude, le public assume le risque que ce ne soit pas bon. Là, il va falloir que je sois aussi divertissant qu'un forfait au Village Vacances Valcartier», plaisante-t-il. L'Acronyme charge 5$ à l'entrée, pour voir un match.

Créée en 2010 sur les cendres de la défunte LAITUE, l'Acronyme regroupe une petite trentaine de comédiens amateurs, qui se rencontrent une fois par mois à l'occasion de matches amicaux organisés à l'Institut Canadien-Français, dans le marché By. 

«L'ambiance est très décontractée. Les gens se connaissent. Ce qui est particulier, c'est qu'entre les Québécois et les Francos-Ontariens, on n'a pas toujours les  mêmes références...» observe le directeur artistique. 

L'Acronyme est constituée de six équipes en rivalité interne. «Ça nous arrive qu'on joue contre la LIEU, mais c'est rare», convient celui qui souhaite tisser des liens avec «les réseaux et les tournois d'impro à Montréal et Québec». 

La ligue peine un peu à se développer, pas par manque de joueurs talentueux, mais faute d'avoir un local où répéter régulièrement, estime-t-il. «C'est important, les pratiques: ça soude une ligue. C'est là qu'on apprend les codes, qu'on développe es référents communs, qu'on développe la chimie...» 

Or, «la chimie, c'est ce qu'il y a de plus important, en impro». C'était pour lui le critère fondamental au moment de sélectionner les émissaires qui allaient se frotter à la LNI. 

«Tu peux avoir des joueurs très charismatiques, que le public adore, mais qui ne sont pas toujours à l'écoute. Parfois, mieux vaut choisir un joueur un peu moins fort, mais qui partage les mêmes références: toute l'équipe en est améliorée», éclaire M. Girard, qui a logiquement organisé ses deux quatuors de joueurs étoiles (identifiés par vote par les joueurs eux-mêmes), en fonction de tranches d'âges et de lweur connivence.

POUR Y ALLER :

La Nouvelle scène

Du 6 au 8 avril, 19 h 30

(complet les 6 et 7)

nouvellescene.com; (613) 241-2727, poste 101

Les quatuors d'improvisateurs locaux :

• pour la LIEU : 

Frédérick Lalonde

Sasha Larocque Bezeau

Énya Turgeon

Érik St-Jean

Jean-Christophe Yelle

David Bélizaire

Émilie Camiré-Pécek

Jonathan Dion

• Pour L'ACRONYME : 

Olivier Villeneuve 

Noémie Leduc-Roy 

Emmanuelle Walsh Viault 

Louis Girard-Bock

 

Tommy Girard

Éric Dumont

Pascal Justin Boyer 

Marie-Josée Ranger




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