Danse la douleur

Six danseurs explorent la relation amoureuse, la perte... (Courtoisie)

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Six danseurs explorent la relation amoureuse, la perte de l'autre, la disparition, l'éloignement et tous ces sentiments universels inaltérables dans la nouvelle création de Virginie Brunelle, À la douleur que j'ai.

Courtoisie

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Famille, amours et émotions ! De qui, de quoi s'agit-il ? De Virginie Brunelle, jeune chorégraphe prometteuse de la scène québécoise et de sa nouvelle pièce, À la douleur que j'ai, présentée au CNA du 6 au 8 avril. Dix ans après son premier spectacle Les cuisses à l'écart du coeur, projet d'études universitaires ayant surpris plus d'un spectateur, la chorégraphe a prouvé, par des propositions de travail inventives, que la danse n'était pas prête de s'épuiser.

Pour son cinquième spectacle, Virginie Brunelle lâche les rênes à six danseurs qui explorent la relation amoureuse, la perte de l'autre, la disparition, l'éloignement et tous ces sentiments universels inaltérables. Sur l'air d'un opéra de Haendel, Lascia ch'io pianga (ou Laissez-moi pleurer), la pièce brandit le plaisir du mouvement vécu comme un exutoire inspirant. 

« La douleur m'offre un endroit où je peux puiser, où le chemin est déjà tracé, évoque la chorégraphe. Par la danse, je me libère de certaines tensions et je m'interroge sur la façon de les sublimer. »

Chez Virginie Brunelle, la douleur est un puzzle en mouvement dont il s'agit de réarticuler sans cesse les images pour la maintenir vivante. « Si on souffre, il y a aussi des mouvements de joie, de tendresse et de sensualité, » nuance la chorégraphe.

Musicienne dans l'âme

Mais c'est la musique qui constitue la véritable colonne vertébrale de ses spectacles, première étape du processus créatif. Avant de se tourner vers la danse dans la vingtaine, Virginie Brunelle a été formée au violon dès son plus jeune âge. Cette passion pour la musique innerve son travail ; la chorégraphe aime passer du temps à sélectionner sa trame sonore. Écoutée en boucle, elle finit par s'imposer « comme un mantra », sourit-elle. Le répertoire de ses créations, depuis la fondation de sa compagnie en 2009, ne boude pas non plus les chansons archiconnues, une façon de s'adresser efficacement à l'inconscient collectif, croit Mme Brunelle. 

« J'aime aussi la musique classique car elle m'offre une courbe dramatique claire et inspirante pour trouver des tableaux. »   

Autour des notions de souvenir, de souffrance et d'émotions enfouies, À la douleur que j'ai réinvente pied à pied ce jeu que peut être un couple, une famille ou un groupe d'individus, jeu de forces unies ou désunies ouvert à l'imagination du spectateur.

Loin des clichés de la problématique homme-femme habituelle, Virginie Brunelle souhaitait extraire de cette formule ordinaire sur le rapport à l'autre, une substance violemment émouvante et différente. 

De fait, la distribution n'affiche aucune parité, sélectionnant dans sa version finale deux hommes et quatre femmes pour « effacer la question de genres », explique la créatrice du précédent Complexe des genres (2011).

Ce choix l'a poussée hors de sa zone de confort dans la chorégraphie de ce qu'elle chérit par-dessus tout : les duos. 

Douleur ou jouissance de la danse ? Virginie Brunelle coupe court, ne pensait pas à la souffrance du danseur, ni à l'apologie de la douleur ou à la mise en scène sacrificielle. Il s'agissait plutôt d'évoquer cette douleur émotionnelle et mélancolique, profonde et poétique, celle dont fait référence Émile Nelligan dans son poème Soir d'hiver : « Qu'est-ce que le spasme de vivre / À la douleur que j'ai, que j'ai ! »

POUR Y ALLER :

Quand : 6-8 avril, 20 h

Où : Centre national des arts

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787




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