Soirée de clôture du FFO: un doublé pour Mr Ove

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Didier Farre, président et fondateur du Festival du film de l'Outaouais, a remis le Totem d'or de la critique au film Noces, du réalisateur Stephan Streker.

Etienne Ranger, Le Droit

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La comédie dramatique suédoise Mr Ove a réalisé un doublé au Festival du film de l'Outaouais (FFO) remportant le prix du Jury et le prix du Jury étudiant lors de la soirée de clôture de la 19e édition du festival, vendredi.

Le long métrage réalisé par Hannes Holm se mérite un Totem d'or pour le prix du Jury. Le film était en nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère cette année. Il raconte l'histoire d'un homme de 59 ans qui se sent inutile et qui a perdu goût à la vie à la suite du décès de sa femme et de la perte de son emploi. L'arrivée de nouveaux voisins l'aidera à voir certaines choses autrement. 

Le prix du Meilleur acteur a été remis à Mr Ove au Festival international du film de Seattle, en 2016. Il fut aussi sacré Meilleure comédie européenne au Prix du cinéma européen 2016.

Totem d'or

Noces, une coproduction France-Belgique-Luxembourg-Pakistan du réalisateur Stephan Streker, a gagné le Totem d'or pour le prix de la Critique. 

Le long métrage fait le récit d'une jeune Belgo-Pakistanaise qui se voit imposer un mariage traditionnel par ses parents, en contravention avec son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté.

Le prix du public Télé-Québec a été décerné au drame canado-irlandais Maudie, réalisé par Aisling Walsh. Le film est une biographie de l'artiste-peintre canadienne Maud Lewis. La production a été sacré Meilleur film atlantique au Atlantic Film Festival, en 2016.

La direction du FFO a qualifié de « réussite complète » l'édition qui s'est clôturée vendredi par la projection en première Nord-Américaine de la comédie française Raid dingue, du réalisateur Danny Boone.

Au total, il y a eu 153 projections de longs et de courts métrages provenant de 28 pays. 

Plus d'une dizaine de films ont été présentés à guichets fermés, dont la coproduction France-Québec Le fils de Jean. La soirée de courts métrages qui s'est déroulée au Bar Le Troquet a fait salle comble.

S'adressant au public lors de la dernière soirée du FFO, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a parlé du festival comme étant un événement donnant accès à des imaginaires « qui nous permettent de voyager et de vivre toutes sortes d'émotions ».

« Le FFO aide à construire Gatineau comme ville culturelle. Je tiens à féliciter tous les liens que le festival fait avec la communauté avec les classes de maître et les projections scolaires. C'est important parce qu'on construit la prochaine génération de spectateurs, mais aussi, j'espère, la prochaine génération de créateurs », a expliqué le maire Pedneaud-Jobin.

La 20e édition du FFO se déroulera du 22 au 30 mars 2018. 

La direction de l'événement aura donc du pain sur la planche pour surpasser l'édition de cette année, mais le président-fondateur du FFO, Didier Farré, semble peu inquiet.

« Comme ce sera notre 20e anniversaire, je pense qu'on va essayer de trouver les meilleurs films et d'avoir des gens formidables comme ceux qu'on a eus cette année », a-t-il précisé.

Les critiques du jury édudiant

Chaque membre du jury jeunesse devait rédiger un... (Etienne Ranger, archives Le Droit) - image 3.0

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Chaque membre du jury jeunesse devait rédiger un court commentaire critique de chacun des films visionnés, afin de nourrir les débats.

Etienne Ranger, archives Le Droit

Un jury étudiant a été constitué dans le cadre de l'édition 2017 du Festival du film de l'Outaouais (FFO), qui s'achevait vendredi soir, au Cinéma 9, avec la projection du film RAID Dingue et la remise des prix du jury, les Totems d'or.

Composé d'élèves provenant de différents établissements scolaires de Gatineau, ce jury jeunesse avait à faire son choix parmi cinq longs-métrages présélectionnés par l'équipe du FFO. Il s'agissait des cinq mêmes films que ceux évalués dans le cadre du Prix du jury, quant à lui composé de représentants des médias. Une autre sélection avait été soumise pour le prix de la critique. Les cinq jeune jurés ont fait - en toute autonomie et en parfaite indépendance - le même choix que le jury composé d'adultes, en retenant le film suédois Mr Ove, de Hannes Holm. Le Prix de la critique a quant à lui été décerné au film Noces, de Stephan Streker - qui prenait d'ailleurs l'affiche au Québec vendredi.

Chaque membre du jury jeunesse devait rédiger un court commentaire critique de chacun des films visionnés, afin de nourrir les débats. En gage de reconnaissance de leur travail, LeDroit, partenaire du FFO, partage ici - après quelques corrections orthographiques mineures, mais sans aucune retouche éditoriale ni précision journalistique, afin de conserver la fraîcheur de leurs écrits - quelques-unes des critiques signées par ces tout jeunes jurés.

Critiques

Mr. OVE

La comédie dramatique Mr. Ove, sortie en 2016, est l'histoire d'une personne âgée nommée Ove. Cet homme est le stéréotype du grand-père bougonneux, veuf, qui ne sait plus quoi faire de sa vie. Ce film est très drôle et léger, même s'il tourne autour du thème du suicide. Armée de détermination, la voisine du détestable Mr. Ove réussit à développer une amitié avec celui-ci. Le scénario, avec ses répliques, fait bien rire. À part un petit anachronisme sur l'année de décès de la femme du vieil homme, il n'y a rien de décevant dans ce film! L'évolution de la relation de Ove et sa voisine, tout à fait adorable, donne un sens attachant au long métrage. De plus, les retours en arrière dans la vie de Mr. Ove nous font mieux comprendre son comportement exécrable. Doté d'un dénouement plutôt prévisible, le film Mr. Ove fait plaisir à voir. 

- Amélie Clénet (secondaire III ; Collège Nouvelles Frontières)

MR. OVE 

Un très bon film : Tout est au point ; le jeu des acteurs, les textes, les décors, bref, j'ai adoré ce film. Le seul point négatif que j'ai trouvé, c'est le fait que le film soit en suédois et que nous devions lire les sous-titres... ce qui est difficile puisque l'on doit se concentrer sur l'image et la lecture des sous-titres. Il est à noter l'incohérence de la date du décès sur la pierre tombale de la femme de Mr. Ove et sa mort précoce.

- Cédryk Brassard (secondaire III ; École secondaire de l'Île)

CE SENTIMENT DE L'ÉTÉ

Ce sentiment de l'été, un drame étonnamment rafraîchissant, aborde avec audace le sujet classique de la peine d'amour. L'histoire est séparée en différents temps et lieux, ce qui permet de contempler l'effet progressif que la mort de Sasha a sur son copain, Lawrence, et sa soeur cadette, Zoé. Si les deux personnages semblent d'abord être aux antipodes, Mikhaël Hers est en mesure d'exploiter la relation très profonde que partagent éventuellement le veuf et la jeune mère. Toujours au tournant d'une décision importante, le film franco-allemand suscite agitation et tension par la passivité des personnages, ce qui est assez admirable en soi. Du côté esthétique, le réalisateur a opté pour une image moins précise principalement axée sur les plans larges, ce qui donne une ambiance rétro au film.

- Ashlee Blair (2e année collégiale ; Collège Nouvelles Frontières)

LOUIS-FERDINAND CÉLINE

Louis-Ferdinand Céline est un film français réalisé par Emmanuel Bourdieu en 2016. C'est un drame biographique d'une durée de 97 minutes. Mettant en vedette le romancier français Louis-Ferdinand Céline, ce film présente cet homme accusé d'avoir comploté avec les nazis lors de la 2ième guerre mondiale. Confronté à son passé de collaborateur, il s'exila au Danemark après le conflit. Milton Hindus, écrivain américain et juif passionné des oeuvres de Louis, ira le rencontrer pour en faire son prochain sujet. Hésitant entre admiration et curiosité, Milton découvrira la vraie personnalité de Céline. L'auteur français a-t-il eu raison de s'exiler ? Une oeuvre touchante qui nous en apprend beaucoup sur le personnage. L'acteur Denis Lavant (Céline) nous emporte avec lui, dans sa rage et sa colère. Pour alléger le sujet, le réalisateur a su ajouter des pointes d'humour, rendant ce drame très intéressant. La bande sonore vient soutenir les émotions vécues. La qualité de la réalisation est à noter. Un film qui nous donne le goût de lire et de découvrir l'auteur Céline. À voir !

- Meg-Anne Chaussé (secondaire IV ; École secondaire Mont-Bleu)

LA ROUTE D'ISTANBUL

La route d'Istanbul, un long-métrage réalisé par Rachid Bouchared maîtrisé à la perfection. Ce film raconte l'histoire déchirante d'une mère qui voit sa vie basculée lorsque sa fille disparaît du jour au lendemain. Elle apprend graduellement que celle-ci est en route pour la Syrie afin de rejoindre Daech (EI). Ce long-métrage excelle dans la démonstration de l'angoisse vécue par la mère. La qualité du jeu des acteurs nous tient en haleine du début à la fin. L'habileté des acteurs à transmettre l'émotion en fait un film hors de l'ordinaire. Ce film Belge nous offre un scénario réaliste dans une mise en scène remarquable. 

- Samuel Major (Secondaire IV ; École secondaire Nicolas Gatineau)

LA DANSEUSE

La Danseuse de Stéphanie Di Giusto est un réel chef d'oeuvre. Le jeu des acteurs est exceptionnel, en particulier de la part de Soko, qui interprète avec justesse la fameuse Loïe Fuller. Elle a su capter le côté mystérieux et incompris de l'artiste perpétuellement en souffrance physique ou psychologique. D'un angle esthétique, il y a beaucoup à apprécier du long-métrage. Les costumes ne laissent personne indifférent, sans compter le fait qu'ils procurent la même béatitude et le même enchantement et ce, même s'ils sont d'abord apparus il y a environ un siècle. C'est sans mentionner la musique, qui fut habilement choisie afin d'exploiter le caractère dramatique des représentations de Loïe. Le scénario est remarquable, et nombreuses sont les symboliques qui y furent intégrées, dont celle du bain, qui représente à la fois la mort du père de la danseuse et la désintégration du corps de celle-ci. En somme, un film intelligemment écrit et magnifiquement développé.

- Ashlee Blair (2e année collégiale ; Collège Nouvelles Frontières)




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