2016: pour que brille encore la lumière

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René Angélil (photographié en 1999) a marqué ceux qui l'ont côtoyé par son charisme et sa force tranquille.

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« 2016, 2016, c'est pas une raison pour mourir ! » voudrais-je crier à pleins poumons. L'année qui s'achève a été particulièrement cruelle et sombre, accumulant les pertes d'André Melançon, René Angélil, Corno, Paul Demers, Matthiew Klinck, Rita Lafontaine, Marcel Dubé, Marcel Barbeau, Anique Poitras, Pierre Lalonde, Bob Walsh... Mais aussi celles de David Bowie, Carrie Fisher, Debbie Reynolds, Prince, George Michael et tant d'autres. Or, comme le chantait si bellement le lui aussi désormais regretté Leonard Cohen : « There is a crack in everything/That's how the light gets in ». À l'aube de 2017, c'est ce que j'ai envie de continuer à chercher partout, y compris à travers mes propres fissures : la lumière. Afin de faire reculer les zones d'ombres en les éclairant de l'essence même de l'art, capable de nous révéler à nous-mêmes.

Voix d'ici et d'ailleurs

I lost my TalkOCNAEtienne Ranger LeDroit... (Etienne Ranger, Archives Le Droit) - image 3.0

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I lost my TalkOCNAEtienne Ranger LeDroit

Etienne Ranger, Archives Le Droit

Le Centre national des arts a annoncé, cette année, la mise sur pied d'un Théâtre autochtone, qui donnera - enfin ! - voix aux Premiers Peuples sur ses planches. En attendant d'entendre et de voir les premières productions de ce Théâtre qui trouvera sa place aux côtés des Théâtres anglais et français, l'Orchestre du CNA et son directeur artistique Alexander Shelley ont permis aux mots de la regrettée poète mikmaque Rita Joe de résonner haut et fort. Ils l'ont fait sertis dans l'écrin mélodique composé par John Estacio et en écho à la danse chorégraphiée par Santee Smith. Tout en (é)mouvances des corps et des âmes, la version multimédia d'I Lost My Talk m'habite et me berce encore.

D'hier à maintenant, la parole d'Une femme à Berlin, mise en scène par Brigitte Haentjens, s'est elle aussi révélée particulièrement percutante et bouleversante.

Ils et elles ont entretenu ma flamme

En cette année qui a vu Donald Trump être porté au pouvoir, d'autres attentats prendre nos tolérance et compassion en otages, et la culture du viol faire la manchette, j'ai aussi eu le privilège de me réchauffer l'esprit et le coeur au contact de femmes et d'hommes qui, par-delà les créateurs qu'elles et ils sont, s'avèrent d'abord et avant tout des êtres fondamentalement humains. Ils m'ont touchée, au point où il me fallait vous parler d'eux, raconter leur parcours, partager leurs réflexions, leur art, leur résilience, leurs espoirs.

La cinéaste yéménite, Khadija Al-Salami... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit) - image 4.0

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La cinéaste yéménite, Khadija Al-Salami

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Je pense notamment à la fascinante cinéaste yéménite Khadija Al-Salami (Moi Nojoom, 10 ans, divorcée, couronné des prix de la critique et du public lors du dernier Festival du film de l'Outaouais) ; à la vibrante bédéiste Catherine Meurisse, survivante de l'attaque au Charlie Hebdo (La Légèreté) ; mais aussi aux romanciers Deni Ellis Béchard (Dans l'oeil du soleil) et Laurent Gaudé (Écoutez nos défaites), qui n'hésitent pas à remettre l'homme en question.

Ces entrevues sont la raison première pour laquelle j'aime tant mon métier : elles me (re)donnent foi en la vie, l'amour, l'ouverture à l'autre et l'avenir.

Leçons de journalisme et de disponibilité

Des 12 derniers mois, je retiens aussi ma longue conversation avec le journaliste allemand Bastian Obermayer, avec qui j'ai eu la chance de creuser son travail sur les fameux Panama Papers à la suite de ma lecture du Secret le mieux gardé du monde

En cette ère où l'information est mise à mal par toutes les fausses nouvelles pouvant circuler sur les réseaux sociaux, l'enquête qu'il a initialement entreprise avec son collègue Frederik Obermaier prouve à quel point le journalisme d'investigation demeure un rouage important, voire capital, de la démocratie. 

Et puis, il y a eu la vedette country Garth Brooks, qui a présenté quatre spectacles à guichet fermé en trois jours à Ottawa, non sans prendre le temps de passer une heure en compagnie des journalistes de la région, lors d'une séance conviviale de questions-réponses, puis en tête-à-tête individuels soigneusement chronométrés. 

Disons qu'il y avait quand même là, tant dans la disponibilité d'une vedette de son envergure que dans son souci de connaître le prénom du journaliste qui lui parlait, une manière de faire les choses dont certains artistes refusant d'accorder des entrevues dès lors que leur salle affiche complet devraient s'inspirer...

Parce que L'art fait du bien...

Le Hullois d'origine Jean Dallaire a eu droit à... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit) - image 6.0

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Le Hullois d'origine Jean Dallaire a eu droit à une spectaculaire et touchante exposition à la galerie Montcalm.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Centenaire du Hullois d'origine Jean Dallaire oblige, on aura eu droit à une spectaculaire et touchante exposition à la galerie Montcalm, au cours de l'été. Les artistes du Recycl'Art se sont également - et fort bellement ! - inspirés de son imaginaire foisonnant. Maintenant que la fête est terminée, la question demeure : à quand un Espace digne de son nom à Gatineau ?

L'année aura par ailleurs été l'occasion de me rincer l'oeil, que ce soit en admirant les magnifiques portraits signés Vigée Le Brun, en observant les nombreux et saisissants détails dans les spectaculaires pièces de porcelaine de Lisa Creskey, ou encore en plongeant du regard dans les foisonnantes oeuvres du graveur René Derouin. J'ai aussi craqué pour les portraits (dont celui de Frida Kahlo) du peintre Mathieu Laca.

... et ouvre les horizons et aux dialogues

Le réalisateur Denis Villeneuve et la comédienne Amy... (Courtoisie, Jan Thijs) - image 8.0

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Le réalisateur Denis Villeneuve et la comédienne Amy Adams sur le plateau du film Arrival

Courtoisie, Jan Thijs

Cela dit, je ne saurai jamais assez remercier deux réalisateurs de chez nous, Yan England (1:54) et Denis Villeneuve (Arrival), pour les échanges les plus signifiants sur l'amour (de soi, entre autres), le respect de la différence, le besoin de communiquer, la réalité de se sentir parfois démunis en tant que parents face aux peines et angoisses de nos enfants, de même que sur notre rapport à l'espace-temps, que j'ai pu avoir avec mon ado et ma jeune adulte après avoir vu leur film avec elles.

C'est sans oublier Ça ira de Joël Pommerat, incroyable expérience théâtrale vécue avec ma plus vieille, et L'enfant mascara, le poignant roman de Simon Boulerice, que ma plus jeune a dévoré. 

À la lueur des discussions que leurs oeuvres ont par la suite provoquées entre nous, ils me permettent d'affirmer que je ne pourrais être plus fière des femmes que mes filles sont en train de devenir.

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