Temps et argent pour les artistes

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La chorégraphe Peggy Baker fait valoir que les artistes manquent de temps pendant le processus de création de spectacles.

Courtoisie

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Art : un terme large, insaisissable, qui suggère le divertissement mais aussi, à l'autre extrême, un engagement exigeant.

À l'issue d'une consultation nationale auprès des artistes, le Centre national des arts (CNA) a tiré cette conclusion : il doit jouer un rôle plus actif dans la création de nouveaux projets. Si l'annonce d'un fonds privé de 25 millions $ pour appuyer la création avait déjà été faite en septembre dernier, elle s'est vaguement précisée, jeudi, en conférence de presse. Des artistes déjà produits par le CNA ont rappelé l'urgence d'agir pour améliorer leurs conditions de travail.

La chorégraphe Peggy Baker, prix du Gouverneur général pour l'ensemble des réalisations (2009), a évoqué le manque de temps récurrent lors du processus de création d'un spectacle, ce qui l'empêche parfois de prendre de la distance lors des répétitions. 

Jean Grand-Maître, le directeur artistique de l'Alberta Ballet, a quant à lui souligné la cohorte de connotations, plus ou moins sympathiques, liées à la production artistique. « L'idée de bénéficier de beaucoup de temps pour produire un spectacle va à contre-courant des mentalités, analyse-t-il. Le processus artistique n'est pas compris par le monde des affaires. »  Il cite en exemple d'autres ballets, en Europe, qui, eux,  jouissent d'au moins « sept répétitions avant la première ».

« Pour nous, c'est impossible car le temps, c'est de l'argent, dit-il. Nous ne bénéficions d'une vue d'ensemble du spectacle qu'à la répétition générale, ce qui implique que de nombreux ajustements soient apportés après la première. »

Selon le directeur artistique et dramaturge québécois Christian Lapointe, finaliste du Prix Siminovitch cette année, les programmes de subventions ne correspondent pas toujours à la réalité artistique canadienne. « Je répète entre Québec et Montréal, dit-il. Il n'existe aucun fonds pour permettre aux artistes de voyager et travailler ensemble. »   

Même si les critères d'attribution de ce nouveau fonds restent à définir, le CNA investira annuellement 3 millions $ dans 15 à 20 projets sélectionnés par un comité de directeurs artistiques du centre à partir de novembre 2017.

Chapeautées par Heather Moore, la nouvelle productrice artistique de ce Fonds national de création, les subventions octroyées couvriront de « 10 000 $ à plusieurs centaines de milliers de dollars ». Les conditions et détails pour postuler seront mis en ligne sur le site du CNA, dès mars 2017.  

Mme Moore a débuté sa carrière au CNA en 1994 à titre de spécialiste en marketing, avant de devenir productrice des programmations Scènes et de diriger l'élaboration du récent plan stratégique de la Société. Selon elle, ce nouveau fonds devrait permettre à « ce qui était brillant au départ de devenir spectaculaire », et s'adresse avant tout aux artistes à la notoriété déjà établie, afin qu'ils puissent « rêver plus grand et prendre des risques », présente-t-elle.   

Du côté des artistes, les attentes s'affichent plus prosaïques. Spectacles inachevés avant de prendre l'affiche, manque de temps et d'argent, éloignement géographique handicapant, absence de rayonnement sur la scène internationale... Les desiderata des artistes canadiens ne manquent pas.

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