Une parole jeune et engagée

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Mariana Mazza

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Elles ont entre 20 et 35 ans et prennent la parole sur la place publique, chacune à sa façon. Leur prise de parole est engagée, crue ou poétique. Elles revendiquent la place qui leur revient en tant que femmes et en tant qu'artistes, et ce, qu'elles abordent ouvertement leur sexualité, traitent de féminisme et de féminité, ou de l'héritage et les droits des Autochtones. Elles ont aussi conscience de la responsabilité de prendre ainsi la parole, notamment quand d'autres jeunes femmes s'identifient à elles et à leurs propos.  À la veille de la Journée internationale de la jeunesse, le 12 août, entrevues avec l'humoriste Mariana Mazza, Les Brutes (Judith Lussier et Lili Boisvert), la poète et slameuse Innue Natasha Kanapé Fontaine, l'auteure Sarah-Maude Beauchesne et l'auteure-compositrice-interprète Maryanne Côté.

Mariana Mazza: gags crus

L'humoriste de 25 ans n'a assurément pas la langue dans sa poche. Mariana Mazza peut parler aussi ouvertement de ses origines (elle est née d'une mère libanaise et d'un père uruguayen) et de sable dans le vagin sur scène (ce numéro lui a d'ailleurs permis de remporter un Olivier au printemps) que de masturbation et de son rapport à la nourriture, à Code F sur les ondes de VRAK. Sans fard, sans gêne et, surtout, sans se reprocher de le faire. 

« J'assume à un million pour cent ce que je dis. Et puis, les conséquences sont moins effrayantes aujourd'hui, parce que d'autres femmes sont passées avant nous, au micro. »

Une Lise Dion, pour ne nommer que celle-là, lui a pavé la voie. Avec pour résultat que Mariana Mazza est catégorique: elle n'a « jamais » vécu de discrimination dans le milieu. Certes, étant moins nombreuses, il peut être « plus facile de se démarquer », concède-t-elle. À l'inverse, tient-elle à nuancer, si l'une d'entre elles s'avérait moins drôle, « ça se remarquerait plus ». 

Qu'à cela ne tienne: à l'instar de ses consoeurs et amies Virginie Fortin et Kate Levac, entre autres, elle ne s'est pas posé mille et une questions avant de s'inscrire à l'École nationale de l'humour.

« J'ai pris ma place parce que j'en avais envie. J'ai foncé et travaillé fort. De toute façon, je ne suis pas une adepte d'un féminisme voulant qu'il faut parler plus fort que les autres pour parvenir à ses fins », soutient-elle en élevant peu à peu la voix à l'autre bout du fil pour bien faire passer son message.

« Pour ma part, je considère que moins tu dis que t'es forte, plus tu l'es ! » 

Même si elle sait qu'elle a la cote auprès des jeunes (filles, particulièrement), il n'est pas question pour elle de censurer son discours pour plaire aux oreilles chastes et aux esprits moins ouverts. Son humour demeurera cru, continuera de bousculer les idées préconçues « pour réveiller » les gens, dans l'espoir avoué de dédramatiser certaines situations ou de « faire tomber les tabous imposés par la religion ou la société ».

Ses « seules responsabilités » sont de « ne faire de mal à personne » et d'«être cohérente avec [elle]-même », décrète celle qui se défend bien d'être vulgaire ou méchante.

Cela dit, elle n'a pas indiqué pour rien que son premier spectacle solo (Femme ta gueule, qu'elle viendra présenter une première fois les 22 et 29 octobre prochain, à la Maison de la culture de Gatineau) s'adressera à un public de 16 ans et plus. « Je ne veux pas gérer qui vient me voir sur scène: ça, ça relève de la responsabilité des parents, pas de la mienne! Je ne changerai donc pas mon vocabulaire ou ma manière d'être pour correspondre à ce que certaines personnes pourraient vouloir que je sois ! »

«De toute façon, dès que tu commences à changer [pour t'adapter à un commentaire|, tu deviens ce que le public veut que tu sois, renchérit Mariana Mazza. Pour ma part, je ne fais pas ce métier-là pour faire de l'argent ou pour devenir une vedette: je le fais à la base parce que j'aime ça, que j'ai un certain talent pour l'humour et parce que j'ai des choses à dire. Et tant mieux s'il y a du monde intéressé à les entendre ! »

Quant aux autres ? Je prêche une liberté d'opinion non aseptisée, alors si t'aimes pas ça, change de poste ou n'achète pas de billets ! »

Natasha Kanapé Fontaine: émotion politique

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Natasha Kanapé Fontaine

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Pour la poète, slameuse, peintre, comédienne de 25 ans, créer tient du geste politique autant qu'artistique. Parce qu'elle est femme et Innue, elle est de facto militante.

« Si tu prends la parole en tant que femme dans une société patriarcale, c'est déjà une prise de position. Et si tu prends position et que tu es une femme autochtone, ta parole devient alors politique », confirme la principale intéressée.

« Prendre ouvertement la parole comme je le fais depuis 2012, ç'a relevé du réflexe, de l'instinct de survie, enchaîne-t-elle. Toute ma vie, j'ai vécu le racisme, la discrimination. J'ai soulagé mon mal-être en creusant l'histoire des miens, faite de colonisation et pensionnats. Si je n'avais pas appris, compris, su tout ça, je me serais peut-être suicidée moi aussi. Or, ç'a m'a forgée, moi et mon discours. »

En 2012, le blocus de la route 138 par une communauté autochtone menée par des femmes de tous les âges a donné l'envie à Natasha Kanapé Fontaine de joindre sa voix aux leurs. Haut et fort. « Si on vend ma terre, qu'est-ce que je pourrais léguer à mes enfants ? Ce cri du coeur que ces femmes lançaient m'a bouleversée. Ça m'a aussi confrontée : qu'est-ce que ça voulait dire pour moi d'être une autochtone en Amérique du Nord aujourd'hui ? »

L'Innue née à Baie-Comeau étudiait alors en arts visuels. Or, c'est par la poésie et le slam qu'elle a choisi de s'exprimer. De questionner, d'interpeller autant les siens que les non-autochtones par ses mots.

« Nous nous soulèverons / des foulards à nos visages / du rouge à nos lèvres / symboles anciens à nos dos / je redresserai les portes de l'avenir / jetterai les battants des réserves  / ouvrirai mon village au monde », écrit-elle dans son troisième recueil de poèmes, Bleuets et abricots, publié en février dernier.

« Je me sens investie de la responsabilité d'éduquer les gens, en commençant par mon peuple. La poésie et le slam permettent d'amener de l'émotion dans un discours politisé, avec pour résultat que tout le monde se sent plus directement concerné », explique Natasha Kanapé Fontaine.

Pour elle, il devient dès lors d'autant plus important de s'émanciper des stéréotypes et des préjugés. De s'informer et d'échanger, aussi. « Pour y parvenir, il faut ensemble trouver la rédemption dans la décolonisation des mentalités. »

Natasha Kanapé Fontaine se décrit comme une « optimiste lucide et préoccupée », une « intervenante à l'affût ». « Tout ce que je veux, au fond, c'est créer un lieu de rencontres et des ponts menant au dialogue. »

Elle continue donc d'élargir la voie pour la prochaine génération, au nom de toutes les femmes autochtones mortes ou disparues et des siens qui s'enlèvent la vie faute d'espoir. « Jusqu'à ce qu'on nous donne la place qui nous revient, je ne dormirai pas tranquille. »

Cela ne l'empêche toutefois pas de continuer aussi à croire qu'« un jour », elle parviendra à « dépolitiser » sa parole artistique « pour la rendre tout simplement humaine ». 

« Il faut prendre la parole pour s'enraciner dans le passé, dire au présent et rêver le futur. Ça nous appartient à tous, collectivement. »

Maryanne Côté: amours franches

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Maryanne Côté

Patrick Woodbury, LeDroit

Maryanne Côté est une auteure, compositrice et interprète autodidacte de 23 ans. Elle écrit ses propres textes entre autres parce qu'elle ne s'est « jamais trouvé à la hauteur des interprètes originaux quand [elle reprenait] leurs tounes », mais surtout pour parler d'elle et de sa génération. Elle a appris à jouer de la guitare pendant ses pauses au travail, dans un entrepôt, au cours des trois dernières années. Et met ses chansons en ligne sur sa page Facebook depuis maintenant deux ans. C'est comme ça qu'elle s'est peu à peu fait connaître. Au point d'attirer l'attention de la boîte Kay Productions, qui lui a permis de lancer 1949, son tout premier disque, au début de l'été.

« Je n'avais pas prévu faire de la musique dans ma vie, encore moins un album! En fait, quand j'écris, je ne pense pas à ce que ça va donner, ni à ce que les gens pourraient en penser: je le fais pour faire sortir le méchant », soutient-elle.

« Mes textes reflètent qui je suis, autant dans mon vocabulaire que dans mes émotions que j'exprime. Je ne veux pas jouer à la poète que je ne suis pas. Sur disque, on a changé un bout de phrase dans C'est avec ça que j'ai grandi pour enlever un sacre, mais à part ça, je chante comme je parle! »

En fait, écrire lui vient souvent plus facilement que parler, quand vient le temps de mettre des mots sur ce qu'elle ressent. Ainsi, la plupart des pièces gravées sur 1949 relate clairement l'histoire de sa rupture avec sa blonde.

« Plus jeune, je refusais d'entendre le mot lesbienne... Puis, un jour, ma mère m'a annoncé, après sa séparation d'avec mon père, qu'elle était amoureuse d'une femme, au moment même où moi aussi, j'entreprenais une relation avec une fille. Depuis ce temps-là, je ne me pose plus de questions et j'affiche ouvertement mon orientation sexuelle. De toute façon, même si j'écris pour une fille, tout le monde peut se reconnaître dans ce que je raconte, y compris les gars ! »

De La Bonne à Oublie pas de m'aimer, elle chante donc librement son amour pour une fille. « Je ne me suis jamais demandé si c'était OK de faire ça. Mais comme plusieurs adolescentes m'ont posé plein de questions sur Facebook, pour savoir si j'étais vraiment gaie, comment je l'avais annoncé à mes parents, etc., j'ai compris que d'autres personnes pouvaient s'identifier à ce que je vivais et chantais... J'ai pris le temps de leur répondre, parce qu'à leur âge, j'étais moi aussi mêlée et j'aurais aimé ça, avoir quelqu'un avec qui échanger sans gêne sur ce sujet-là.»

Maryanne Côté ne craint pas de choquer par le côté direct avec lequel elle aborde les choses. Ni par le regard franc qu'elle pose sur sa génération, qu'elle s'adresse à sa soeur de 13 ans (« On parle d'une génération, qui n'a pas trop d'allure / Mais il y a toi, il y a juste toi, qui vas pouvoir préparer ton futur », lui chante-t-elle sur Ma petite soeur) ou qu'elle rende compte de la difficulté d'aimer à une époque où il est parfois plus facile de baiser que de faire l'amour (éloquente Ton corps m'aime un peu plus que toi). 

« En même temps, moi, j'ai encore envie d'aimer... »

Elle dit grandir grâce à la musique. De l'ado gênée, elle est devenue une jeune femme qui « commence à chanter devant un public qui n'est plus seulement virtuel », confie en riant celle qu'on devrait voir à Gatineau en première partie de Blé, au cours de la saison 2016-2017, à la salle Jean-Despréz.

« Je réalise que la plus grande barrière dans nos vies, c'est nous-mêmes. Nous avons le choix, c'est à nous décider ! »

Et de faire tomber les murs, au fur et à mesure. Ce n'est donc pas de s'être mise à nu dans ses chansons, sans filtre et sans peur, qui lui a fait apprendre le plus sur elle. Non, celle qui avoue ne pas avoir terminé son secondaire a surtout appris qu'elle est « capable d'aller au bout d'un projet ». « Ce disque, c'est vraiment ma plus grande victoire ! » clame-t-elle, aussi fière que visiblement émue de verbaliser ce constat en entrevue.

Sarah-Maude Beauchesne: plume sans filtre

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Sarah-Maude Beauchesne

Archives, La Presse

Si elle a entamé l'écriture de son blogue Les Fourchettes, c'était pour explorer ce qu'elle vivait alors qu'elle transplantait ses racines à Montréal. Et si, à 17 ans, Sarah-Maude Beauchesne a couché sur papier ce qui est devenu son premier roman, Coeur de slush, c'était parce qu' elle voulait raconter, « pour mieux comprendre », tout ce qu'elle avait ressenti à faire l'amour pour la toute première fois.

« J'avais envie de raconter une vraie première fois, ce qui m'était arrivé. Parce que comme Billie dans mon livre, je me suis demandé si je devais me raser avant, ou encore si je devais apporter mon oreiller au cas où il n'en aurait pas deux parce qu'il dort seul d'habitude... » lance Sarah-Maude Beauchesne, 10 ans plus tard.

 « Si ça peut rassurer une fille de savoir qu'elle n'est pas la seule à se poser ce genre de questions avant, et si ça peut surtout calmer les attentes entourant la première fois, tant mieux ! »

Pour la jeune femme, tout est question d'honnêteté, quand vient le temps d'écrire. « Je suis moi-même sensible et insécure. Je peux demander l'avis de cinq, six personnes avant d'envoyer un texto ou un courriel important. Parce que ce n'est pas vrai qu'on est tous blindés et en contrôle derrière nos claviers et nos écrans ! »

Or, quand elle écrit - sur son blogue, pour la websérie Les Presqu'Histoires, la série jeunesse Le Chalet sur les ondes de VRAK ou ses romans - c'est sans filtre et de manière plutôt spontanée. « Je n'ai aucune règle quand j'écris pour Les Fourchettes: je peux sacrer, changer de ton d'un paragraphe à l'autre, ne pas mettre de ponctuation, parce que c'est mon terrain de jeu, chargé de mes humeurs. Je me suis plus posée, pour Coeur de slush et Lèche-vitrines [la suite, lancée ce printemps], afin que les jeunes aient eux aussi le temps de bien entrer dans le monde de Billie », précise Sarah-Maude Beauchesne.

Avant qu'Hurtubise HMH ne lui propose de publier son roman, l'auteure s'était fait refuser son manuscrit par plus d'un éditeur, son texte étant jugé « trop audacieux pour les adolescents, qui n'étaient pas prêts à lire ça », selon les décideurs. Elle est pourtant loin d'être trash

« Je ne suis pas du tout dans l'hypersexualisation. Mais je ne donne pas dans le conte de fée non plus. C'est important pour moi d'être ancrée dans la réalité. C'est pour ça que, dans mon deuxième roman, j'explore toutes les possibilités qui s'ouvrent à soi après qu'on a fait l'amour une première fois. Ça ne veut pas dire qu'on doit coucher avec n'importe quel gars, même si on peut ; ça veut dire qu'on doit s'écouter et décider en fonction de ce qu'on ressent, de ce qu'on a vraiment envie quand l'occasion se présente. Que ça se traduise par un oui ou par un non ensuite, ça dépend de seulement soi ! »

Sarah-Maude Beauchesne planche présentement sur le troisième (et dernier) tome de sa série romanesque mettant en vedette Billie, tout en adaptant Coeur de slush, dont les producteurs de Christal Films ont récemment acheté les droits, en vue d'un long métrage à venir l'an prochain.

Les Brutes: intellos pop

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Lili Boisvert et Judith Lussier

Courtoisie

Journalistes de formation, adeptes de l'information et de la vulgarisation, et féministes par conviction, Judith Lussier et Lili Boisvert ont respectivement 33 et 31 ans. Elles sont Les Brutes. Des « intellos pop », comme elles se qualifient elles-mêmes, qui « foncent dans le tas du sexisme ». 

Sévissant sur la Toile depuis quelques mois, elles ont entre autres dénoncé la censure sur les réseaux sociaux, ont comptabilisé la place des personnages féminins dans les films de Disney (leur capsule s'intitule Le Principe de la Schtroump­fette) et été interrogées par une musulmane de leur âge sur des enjeux «occidentaux» (se sentent-elles obligées de condamner les tueries perpétrées aux États-Unis par des Blancs? leur demande notamment Dalila Awada, pour étayer la notion de doubles standards).

« Nous sommes conscientes d'aborder des sujets graves, voire controversés, d'où le recours à l'humour pour rendre ça moins lourd, et pour piquer la curiosité de gens qui ne sont pas nécessairement d'accord avec nous », soutient Judith Lussier.

« On a un ton très Web, relance Lili Boisvert. On n'essaie ni d'être parfaites ni de plaire. Ce qu'on veut, c'est susciter l'échange autour d'enjeux de société qui nous apparaissent importants de soulever. »

Si les deux « Brutes » ciblent clairement les femmes de 18-35 ans, elles sont conscientes de ratisser plus large. « Oui, nous approchons nos sujets avec un [parti pris] féministe, mais nous avons aussi, je crois, développé un point de vue générationnel, renchérit sa complice. Je ne suis donc pas surprise qu'on rejoigne les plus jeunes, qui vont peut-être faire réfléchir leurs parents, par la bande. Si on provoque un tel dialogue intergénérationnel, c'est super! On remarque aussi que de plus en plus de garçons nous écoutent, et ça aussi, ça nous fait plaisir. Parce qu'au final, on cherche bien plus à susciter des discussions qu'à essayer de convaincre. »

Il y a les thèmes qu'elles traitent: « une moitié touche le féminisme ; la deuxième, les autres formes d'oppression », explique Judith Lussier. 

Il y a aussi le ton (critique, « baveux » et assumé) et la forme par lesquels elles abordent leurs sujets. Une récente capsule portant sur les privilèges réunit autour d'une table des trentenaires de tous les horizons (transgenre, gai, blanc, noir, handicapé) dans le cadre d'un jeu de boisson (« drinking game »).

« On aime les contrastes entre le sérieux des sujets et la manière de les présenter pour capter l'attention et faire passer nos messages le plus efficacement possible. On n'attaque pas des gens, mais on dénonce des idées, des modes de pensée », mentionne Lili Boisvert.

« On observe, on constate. On informe et on demeure ouvertes à se faire remettre à notre place ! Parce qu'on n'échappe pas au fait que nous sommes deux femmes blanches », enchaîne Judith Lussier.

Par ailleurs, il y a l'image qu'elles projettent. « Nous avions prévu du budget pour une maquilleuse et une coiffeuse, mais nous avons décidé de faire ça nous-mêmes, histoire d'être fidèles à qui nous sommes », explique l'une. « Là encore, c'est une prise de position: nous soutenons de cette manière que nous n'avons pas à correspondre à une certaine image devant une caméra », fait valoir l'autre. Bref, elles ne sont « pas parfaites », ni en tant que femmes ni en tant que féministes, martèlent-elles à l'unisson.

Et si elles travaillent à transposer leur projet à la télévision (pour Télé-Québec), les deux trentenaires n'ont pas pour autant l'intention de quitter le Web. Ne serait-ce que parce que 50 % des visionnements de leurs capsules se font grâce aux applications mobiles.

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