Siné, ex-figure de Charlie Hebdo, rend l'âme

Siné, photographié avec son Siné Hebdo en septembre... (Archives AFP)

Agrandir

Siné, photographié avec son Siné Hebdo en septembre 2008

Archives AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

Le dessinateur français Siné, ex-figure du journal satirique Charlie Hebdo dont il avait été écarté pour des accusations d'antisémitisme, est mort à 87 ans jeudi dans un hôpital parisien des suites d'une opération, a annoncé son journal Siné Mensuel sur sa page Facebook.

«Il devait subir cette nuit une grave opération du poumon», a précisé à l'AFP l'avocat de sa famille, Me Dominique Tricaud. «Mais même gravement malade il avait encore dessiné lui-même la dernière couverture de Siné Mensuel», a-t-il ajouté.

Maurice Sinet, dit Siné, était gravement malade depuis des mois, mais continuait à s'occuper de sa revue même depuis son lit d'hôpital.

Dans une ultime chronique cette semaine, il évoquait «la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier.»

«C'est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu'à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches», poursuivait-il.

«Mourir? Plutôt crever!» ironisait-il, une devise sarcastique est déjà gravée sur la tombe que cet «anti-tout» s'est fait construire au cimetière parisien du Montparnasse, ornée d'un cactus en forme de doigt d'honneur.

Plusieurs dessinateurs de presse ont rendu hommage jeudi à sa plume. Plantu, caricaturiste vedette du quotidien Le Monde, a salué «un immense graphiste et un immense dessinateur». «On perd un grand bonhomme», a commenté le dessinateur belge Philippe Geluck.

Ami du poète Jacques Prévert, Siné était l'un des derniers représentants d'une génération de caricaturistes français des années 1970, réunis autour de Charlie Hebdo, comme Wolinski et Cabu, assassinés dans l'attaque jihadiste qui décimé la rédaction du journal en janvier 2015.

Figure historique de Charlie, il en avait été licencié en 2008 après plus de 20 ans de collaboration, pour des accusations d'antisémitisme qu'il réfutait.

À l'époque, son éviction fit grand bruit car elle faisait suite à une chronique ironisant sur une éventuelle conversion au judaïsme d'un des fils de l'ancien président Nicolas Sarkozy.

Poursuivi pour «incitation à la haine raciale», Siné avait été relaxé par le tribunal, qui avait considéré que ses propos tenaient plus de la satire que de l'antisémitisme. Il avait ensuite fondé sa propre revue, Siné Hebdo, devenu ensuite Siné Mensuel.

En 2010, Charlie Hebdo avait été condamné pour avoir rompu abusivement son contrat.

Siné avait déjà fait scandale en 1982 en déclarant peu après un attentat antisémite qui avait six morts à Paris: «Je suis antisémite depuis qu'Israël bombarde. [...] Je veux que chaque Juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent!»

Il s'était ensuite excusé publiquement de ces propos, évoquant un «dérapage incontrôlé» dû à l'alcool.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer