Rapprocher les Canadiens et leur histoire

L'institution souhaite faire le lien entre le passé... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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L'institution souhaite faire le lien entre le passé et le présent des Canadiens, explique Lisa Leblanc, directrice du développement créatif du Musée canadien de l'histoire.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Les responsables du Musée canadien de l'histoire ont laissé pénétrer les journalistes sur son plus gros chantier de ces dernières années: la Salle de l'histoire canadienne (SHC), nouvelle mouture de la Salle du Canada.

Fermé au public dans la foulée du changement de nom de l'institution muséale, en 2012, cet espace emblématique devrait être en mesure d'accueillir les visiteurs en 2017, juste à temps pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération. 

Le pdg du Musée canadien de l'histoire, Mark O'Neill, et son équipe ont donné un premier aperçu de la conception architecturale de la salle - et ont précisé l'orientation de la nouvelle exposition permanente. Celle-ci «multipliera les voix et les points de vue sans [toutefois] prendre position», a indiqué M. O'Neill.

Plutôt que de se livrer à une «interprétation des faits, historique ou contemporaine», exercice susceptible de froisser les sensibilités, on préfère «laisser le visiteur tirer ses propres conclusions», a-t-il expliqué.

Ce souci de neutralité «répond aux attentes formulées par le public» et vise à représenter le plus équitablement possible la mosaïque canadienne, en incluant les femmes et les peuples autochtones, a-t-il poursuivi. Il en a profité pour rappeler qu'au sein de ce grand pays multiculturel, «dans certains cas extrêmes, le héros des uns peut être vue comme le méchant [villain] de quelqu'un d'autre». Et de citer la bataille des plaines d'Abraham, le cas de Louis Riel, la crise de la conscription ou les débats constitutionnels, parmi les historiques sources potentielles de litige.

Le nouvel espace s'étendra sur 40 000 pieds carrés, répartis en trois aires d'exposition indépendantes mais interconnectées, lesquelles accapareront une partie du rez-de-chaussée et occuperont une mezzanine. La première galerie traitera des Débuts du Canada, jusqu'à la conquête britannique de 1763; la seconde abordera Le Canada colonial (1763-1914); la dernière, située à l'étage, se penchera sur l'ère moderne et les enjeux contemporains d'une société «devenue plus inclusive», énumère le grand patron du musée fédéral. 

Ces trois espaces donneront une impression d'aire ouverte, «en communion» avec la nature et les Premiers Peuples. Le parcours respectera les courbes serpentines caractéristiques de l'architecture du Musée canadien de l'histoire, conçues pour évoquer le parcours sinusoïdal de l'eau des rivières. L'architecte Douglas Cardinal, qui était présent à cette conférence de presse, s'est d'ailleurs dit «heureux» de constater que les concept de la nouvelle salle allait refléter le design original des lieux.

L'histoire du pays sera arpentée à travers 18 chapitres sans que l'exposition soit complètement esclave de la chronologie, explique le directeur général du musée, Jean-Marc Blais qui préfère parler de «18 récits». On y verra peu de reproductions. En effet, le public (quelque 24 000 Canadiens auraient été consultés, d'un océan à l'autre, souligne la documentation remise aux médias) a souhaité voir exposés d'authentiques artefacts, souligne encore M. O'Neill. La SHC en accueillera pas moins de 1800.

On y découvrira en particulier comment les éléments du passé ont changé nos vies et défini notre identité. 

«On essaie vraiment de faire le lien entre le passé et le présent. [...] Beaucoup de Canadiens nous ont dit qu'ils voulaient mieux comprendre comment le passé se reflète dans leur vie quotidienne. Donc on essaie de créer ces liens de façon très concrète», exprime la directrice du développement créatif, Lisa Leblanc.

L'exposition cherchera aussi à raconter les événements à travers le prisme de l'individu. «On nomme, on personnalise. Car même s'ils ne sont pas tous des "héros" ou des figures connues, ceux qui ont fait l'histoire ne sont pas "génériques": ce sont des individus qui ont fait des choix. Des choix dont les répercussions se ressentent aujourd'hui», indique Mme Leblanc, qui est responsable de «l'expérience du visiteur» au musée.

On y présentera ces individus à travers «leurs doutes, leurs réussites et leurs échecs. [...] Leurs histoires mettront en évidence les grands courants qui ont façonné notre pays et défini notre expérience canadienne», abonde M. O'Neill.

Les concepteurs ont en outre mis l'accent sur l'interactivité des lieux, à travers 65 modules encourageant les visiteurs à prendre position sur certains sujets.

Le coût du projet s'élève à 30 millions $. «On est dans les temps et le budget est respecté», s'est réjoui la vice-présidente du Musée canadien de l'histoire, Chantal Schryer, à qui il reste encore à trouver quelque 1,5 millions $ sur les cinq que doit débourser le musée.

Le musée organisera divers ateliers et animations dans le hub, ce grand rond central qui relie les trois aires. 

Mais, répondant à des préoccupations très actuelles dans le milieu muséal, qui souhaite se rapprocher du public, cet espace pourra être loué afin d'accueillir des activités extra-muséales, tels des banquets ou des éléments de programmation artistique, fait valoir Mme Schryer.

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