Les décideurs 2016: la relève qui forme la relève

Dans la rangée du bas: Alex Boivin, la... (Martin Roy, LeDroit)

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Dans la rangée du bas: Alex Boivin, la directrice artistique des salles Jean-Despréz et La Basoche Chantal Lamoureux, son adjointe Pascale Gougeon, et Nick Hoffman. Dans la rangée du haut: Diarra Konaté, Kevin Guigue et Tagaty Badio.

Martin Roy, LeDroit

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Après les émergents, place aux décideurs! Tout au long de l'année, l'équipe des arts vous présentera des femmes et des hommes qui façonnent le milieu culturel. Pour ce troisième rendez-vous, et alors que la Ville de Gatineau vient de remporter le prix Partenariat au récent gala Rideau, LeDroit a rencontré quelques-uns des membres du comité de la Scène 1425, en pleine séance de travail.

Dimanche matin, salle Jean-Alie de la Maison du citoyen. Bien que l'heure de la relâche ait sonné pour certains, cinq jeunes membres du Comité de programmation jeunesse de la Scène 1425 sont réunis pour trancher: quelles têtes d'affiche de la programmation de la salle Jean-Despréz et du Cabaret La Basoche porteront leur sceau «Scène 1425» cet automne?

Les noms des huit artistes retenus jusqu'à maintenant sont projetés sur un écran, en lien avec le style de musique préconisé: pop, rock, folk, etc. 

Autour de la table, Nick Hoffman, Tagaty Badio, Kevin Guigue, Diarra Konaté et Alex Boivin discutent ferme. Ils ont entre 16 et 27 ans, terminent leur secondaire ou fréquentent l'université. Ils ont eu la chance d'assister à divers événements, vitrines et spectacles (dont Osheaga et Contact Ontarois) depuis l'été dernier. Événements au cours desquels ils se sont fait l'oreille, ont établi des contacts...

Aujourd'hui, ils doivent toutefois décider: seulement trois soirées dont ils ont la charge peuvent s'insérer dans la programmation des salles de la Ville de Gatineau, entre septembre et décembre prochains.

«On ne pourrait pas faire un plateau double avec ces deux-là?» soulève Diarra.

«Est-ce qu'on pourrait réécouter des extraits des artistes en question [il ne faut pas vendre la mèche, ici], pour voir si ça peut marcher?» demande Alex dans la foulée.

Aux commandes de l'ordinateur, Chantal Lamoureux retourne sur Internet. La chanson recherchée laisse entendre ses premières notes.

«Diffuseur, ce n'est pas un métier que tu peux apprendre sur les bancs d'école, souligne Kevin, qui étudie en multimédia à l'Université du Québec en Outaouais. Faire partie du comité représente la possibilité de rencontrer des gens du milieu, d'en comprendre les coulisses...»

«... Et ça permet de découvrir plein d'artistes! renchérit Tagaty. Je pensais aimer la musique, mais je réalise que je ne connaissais pas ça tant que ça, finalement. J'écoute beaucoup plus de musique francophone et d'artistes québécois maintenant!»

Ils citent Koriass, Émile Bilodeau, Final State, Rouge Pompier: autant de découvertes qu'ils ont eu la chance de faire - et de faire découvrir au public de la région - au cours des derniers mois.

«On éprouve tous un peu, beaucoup de fierté quand on sent que la foule apprécie autant que nous les artistes qu'on a choisi de programmer», mentionne Alex Boivin.

La bible de l'apprenti diffuseur

Le Comité de programmation jeunesse de la Scène 1425, qui regroupe une douzaine de jeunes, est une initiative menée par Chantal Lamoureux et Pascale Gougeon, respectivement responsable et agente des lieux de diffusion de la Ville de Gatineau.

Depuis deux ans, elles ont développé des partenariats avec la Commission Jeunesse de Gatineau, Radio Jeunesse, le Cégep de l'Outaouais et les écoles secondaires de la région pour recruter les membres de ce comité.

Leur but: inciter les jeunes à s'impliquer, voire former une relève.

Parallèlement, Mmes Lamoureux et Gougeon ont de plus créé «de A à Z, puisqu'un tel document n'existait pas» ce qu'elles appellent «la bible de l'apprenti diffuseur», un cartable contenant une mine de renseignements pour leurs ouailles. Trois volets y sont explorés: programmation, promotion et coordination. «C'est un concept qui s'exporte bien, qu'on a pu présenter à Rideau quand on a gagné notre prix, précise Chantal Lamoureux. Quelques personnes nous ont approchées dans la foulée. Elles envisagent d'implanter un tel comité dans leur propre milieu.»

«On aimerait vraiment que le projet fasse des petits ailleurs!» lance Pascale Gougeon.

Des cachets à verser aux réalités techniques (combien de musiciens se retrouveront sur scène lors du spectacle, par exemple), en passant par la sélection d'outils pouvant faire rayonner leur programmation, les membres du Comité Scène 1425 gatinois doivent voir à tout et ont dû assimiler plus d'une leçon.

«Est-ce que l'artiste sort bientôt un nouvel album? Est-il présentement en tournée? Ce sont des aspects qu'on doit prendre en considération», explique Nick Hoffman, qui apprécie la possibilité de contribuer, par son engagement, à l'émergence de nouveaux artistes, «moins connus mais pleins de talent».

Pour Alex Boivin, la mission du comité transcende justement les seuls intérêts personnels des uns et des autres. «J'ai appris qu'il faut rester ouvert d'esprit: même si je n'aime pas personnellement le hip-hop, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de marché pour ça auprès de notre public», fait-il valoir.

Quant à Diarra Konaté, elle ne cache pas avoir trouvé sa voie professionnelle. «Je suis en train de réaliser que je peux allier ma passion pour la musique à une possible vocation. C'est génial!»

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