Les décideurs 2016: miser sur l'échange littéraire

«Nous sommes l'antidote à la virtualisation des échanges»,... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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«Nous sommes l'antidote à la virtualisation des échanges», martèle la dg du SLO, Anne-Marie Trudel avec ferveur.

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Après les émergents, place aux décideurs! Tout au long de l'année, l'équipe des arts vous présentera des femmes et des hommes qui façonnent le milieu culturel, en saisissent les enjeux et en connaissent les coulisses.

Pour ce nouveau rendez-vous, et à quelques jours de l'ouverture du 37e Salon du livre de l'Outaouais, LeDroit a rencontré la directrice générale du rendez-vous littéraire printanier.

Faire du Salon du livre de l'Outaouais (SLO) un événement, en maximisant l'«expérience» vécue sur place par les lecteurs et les auteurs, en favorisant les échanges entre les uns et les autres: voilà la mission d'Anne-Marie Trudel et de son équipe.

Dans sa manière de concevoir l'avenir du SLO - et de tous les salons du livre - le mot «expérience» s'avère la clé du succès. Du moins, c'est celui qu'elle a réussi à déployer en vision dans son organisation, depuis son arrivée à la direction générale, il y a sept ans.

«Nous sommes l'antidote à la virtualisation des échanges, martèle Mme Trudel avec ferveur. Le salon, c'est l'endroit privilégié où le public peut rencontrer en vrai les auteurs.»

Encore faut-il convaincre les éditeurs (les deux tiers du financement du salon proviennent de la vente d'espaces de kiosques) de l'importance et de la pertinence de maintenir de tels rendez-vous annuels. Car si, auparavant, le SLO donnait accès à toutes les nouveautés sous un même toit, la donne a bien changé, avec l'explosion d'Internet. De nos jours, il est de plus en plus facile de se procurer un titre autrement, et rapidement.

«Le monde du livre est certes en pleine mutation. Le modèle d'affaires aussi. C'est vrai que les visiteurs n'achètent plus nécessairement autant qu'avant au salon: ils viennent écouter les auteurs, discuter avec eux, ils bouquinent, découvrent, repartent avec des listes de titres qu'ils se procureront plus tard, en librairies ou en ligne... Ce n'est pas une mauvaise chose, mais il faut que les éditeurs acceptent que notre mission n'est pas de vendre des livres, mais de mettre en lien leurs auteurs et les lecteurs!» soutient Anne-Marie Trudel.

Le plus grand défi, pour celle qui est aussi vice-présidente de l'Association québécoise des salons du livre (AQSL), réside donc dans le repositionnement de ces événements, notamment dans la perception de leur rôle dans la chaîne du livre.

«Un salon demeure un moyen vibrant, vivant, de promouvoir le livre pour un éditeur. Il faut miser sur notre plus grande force, c'est-à-dire l'émotion, qui tient et découle de la rencontre qu'on y favorise entre auteurs et lecteurs.»

Anne-Marie Trudel
directrice générale du SLO

«Pour contrecarrer les effets de référencement logarithmique sur Internet, entre autres pour le livre québécois, les salons et les librairies demeurent des outils essentiels et tout à fait pertinents», renchérit-elle.

Gérer, planifier, développer des partenariats, concrétiser une édition après l'autre du SLO et ce, en terme de logistique, de financement, de programmation et d'ancrage dans la communauté sont autant d'éléments avec lesquels Anne-Marie Trudel doit jongler.

Or, maintenir une «masse critique» d'éditeurs présents au SLO relève du «défi constant».

La directrice générale, les quatre autres employés contractuels de l'équipe et les membres du conseil d'administration réfléchissent depuis quelques années déjà à toute cette planification stratégique. Ils comptent sur quelque 200 bénévoles pour les appuyer ensuite dans la concrétisation de leur stratégie.

«Notre vision se situe quelque part entre l'esprit salon et l'esprit événementiel, à l'image du Festival international de littérature (le FIL), par exemple», mentionne Anne-Marie Trudel.

Cette dernière cite les deux activités hors les murs proposées cette année.

D'abord, le 5-à-7 du 24 février au bar à vin Soif, en compagnie de la chroniqueuse vin et auteure du Guide du vin Nadia Fournier, de la sommelière Véronique Rivest et de l'animatrice Chrystine Brouillet.

Ensuite, les Lectures d'hiver qui se déploieront place Aubry, le 25 février, dès 21h15, avec l'invité d'honneur Martin Michaud, le slameur D-Track, les rappeurs Samian et Charlotte L'Orage, le poète Stefan Psenak, l'auteur et auteur-compositeur Michel Normandeau, ainsi que le trio d'humoristes d'#Autopsie, David Thibodeau, Jean-Denis Scott et Martin Vanasse.

«Ce n'était pas nécessairement naturel, pour nous, d'organiser quelque chose comme ces Lectures d'hiver, mais on essaie des trucs différents, pour ajouter à l'expérience des visiteurs et des auteurs, justement!»

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Créer l'«expérience salon»

La volonté ferme et profonde d'Anne-Marie Trudel de créer l'événement, de mettre en valeur l'«expérience salon» passe bien sûr par une programmation développée en ce sens.

«C'est le coeur du salon!» clame-t-elle.

L'ère du numérique entraîne toutefois une réorganisation du mode de communication de ladite programmation, entre autres auprès du public visé.

«L'émergence de nouveaux outils informatiques nous oblige à nous renouveler dans notre façon d'interagir avec les gens. C'est pour cette raison que nous avons misé sur le développement du Carnet des visiteurs, qui nous permet de mieux mettre en valeur la variété et la densité de notre programmation, en fonction des champs d'intérêt des gens.» Ceux qui désirent faire un tour peuvent «planifier leur déplacement en fonction de la présence d'un auteur en séance de dédicaces, de thèmes explorés lors de tables rondes ou d'animations, ou encore d'un genre littéraire qu'ils affectionnent particulièrement».

L'ambiance favorable aux échanges se concrétise également par de menus détails: «plus de bancs pour que les gens puissent s'asseoir, des éclairages créant une certaine intimité...» illustre la directrice générale du SLO.

La 37e édition du Salon du livre de l'Outaouais se déroulera du 25 au 28 février au Palais des congrès de Gatineau.

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