Les musées exposés par le dollar

Opter pour des expositions en itinérance, comme Les Vikings, s'avère... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Opter pour des expositions en itinérance, comme Les Vikings, s'avère une manière de contrôler les coûts.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Miser sur des exclusivités ou sur des expositions en garde partagée? Là est la question que se posent de plus en plus les équipes des musées d'ici.

Car il n'y a pas que les organisateurs de festivals qui sont affectés par la baisse subite de la valeur du dollar canadien sur les marchés: les institutions muséales aussi doivent réviser certaines colonnes de chiffres dans leurs budgets.

«Cela dit, et bien que notre dollar ait déjà été paritaire avec le dollar américain dans les dernières années, nous avons plutôt l'habitude de travailler en fonction d'une monnaie plus ou moins faible par rapport à l'euro et au dollar américain, qui demeure la devise de base pour les musées de partout dans le monde, quand vient le temps de négocier des ententes», tient cependant à nuancer le directeur général du Musée canadien de l'histoire, Jean-Marc Blais.

«C'est justement pour cette raison que nous favorisons depuis quelques années déjà une approche axée sur les partenariats avec d'autres institutions, comme nous l'avons entre autres fait pour Les Grecs, enchaîne M. Blais. C'est une façon de diminuer les risques financiers et organisationnels.»

Opter pour des expositions en itinérance ou «clef en main» - comme Les Vikings, présentée jusqu'en avril au Musée canadien de l'histoire - s'avère aussi une manière de contrôler les coûts, «puisque nous n'avons alors à assumer qu'une partie des frais de transport, et non à en défrayer la totalité parce que nous en avons l'exclusivité au pays ou en Amérique du Nord», mentionne-t-il.

Frais de transport et d'assurances en hausse

Car ce n'est pas tant au chapitre des expositions déjà programmées ou celles dans la mire pour les prochaines années que les contrecoups de la récente et rapide dévaluation de la devise canadienne se font le plus sentir à court terme, mais bien dans les coûts d'opération.

«L'impact immédiat est principalement lié aux frais de transport et d'assurance des oeuvres, qui viennent d'augmenter d'un seul coup», soutient Yves St-Onge, le chef des communications stratégiques du Musée des beaux-arts du Canada.

M. St-Onge cite la prochaine exposition estivale du musée, consacrée à la peintre autodidacte et portraitiste attitrée de Marie-Antoinette, Élisabeth Louise Vigée Le Brun. Actuellement présentés au MET, à New York, plusieurs tableaux devront transiter vers Ottawa pour l'ouverture de l'exposition prévue le 10 juin prochain. La chute du dollar canadien a déjà entraîné «une hausse de 10% des coûts de l'exposition», notamment à cause de la majoration des frais de transport.

C'est sans oublier les divers souvenirs, publications et catalogues proposés dans les boutiques des musées en lien avec ces expositions temporaires, et dont l'approvisionnement peut aussi faire grimper la facture. 

À l'inverse, explique cependant Jean-Marc Blais, quand les expositions du Musée canadien de l'histoire circulent à l'étranger (Vaudou a par exemple été présentée à Chicago, l'an dernier, et Aïda - Vie, âme et art est présentement en montre en Grèce), elles rapportent plus à l'institution.

De part et d'autre de la rivière des Outaouais, on espère compenser les dépenses impromptues par un nombre de visiteurs accru. Les Canadiens pourraient être tentés de rester au pays pour leurs vacances et les touristes européens et états-uniens, à présent avantagés par le taux de change, pourraient être attirés ici.

Une bouffée d'air pour l'industrie du cinéma

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Ces dernières années, le Canada a accueilli des tournages d'envergure, comme The Revenant, en Alberta.

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La directrice générale de Téléfilm Canada, Carolle Brabant, note que la dévaluation du dollar a «un impact généralement positif» sur l'industrie cinématographique au Canada, un secteur particulièrement gourmand en capitaux. 

«Quand le budget d'un film est évalué, tourner au Canada peut compter dans la balance», fait-elle remarquer.

De surcroît, la proximité des États-Unis - et surtout Hollywood de Vancouver - constitue un atout de taille pour attirer les productions américaines en période de crise économique. Ces dernières années, le Canada a accueilli des tournages d'envergure, tels ceux de Fargo, Interstellar et du récent The Revenant, tourné en Alberta. 

Quant aux coproductions canadiennes - elles s'élèvent à 572 millions $ en 2014 - si elles naissent «de la volonté de mener un projet commun», la question des valeurs respectives des monnaies «joue» aussi dans le choix du pays où le tournage et la postproduction seront effectués. 

- Maud Cucchi, LeDroit

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