«Bâtir l'âme» de La Nouvelle Scène

Marcel Aymar, le directeur artistique de La Nouvelle... (Simon-Séguin Bertrand, LeDroit)

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Marcel Aymar, le directeur artistique de La Nouvelle Scène, a regroupé 10 voix pour habiter l'espace de la nouvelle salle de spectacle.

Simon-Séguin Bertrand, LeDroit

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Dix auteurs-compositeurs-interprètes - Franco-Ontariens à 90% - seront réunis le vendredi 5 février dans le tout nouveau tout chaud Studio A de La Nouvelle Scène, laquelle a (ent)rouvert ses portes au public la semaine dernière.

Pour le tout premier concert à prendre l'affiche dans l'édifice rénové de La Nouvelle Scène (LNS), le directeur artistique des séries musicales de LNS, Marcel Aymar, voyait les choses en grand. Il avait convié Damien Robitaille, Mehdi Cayenne, Stef Paquette, le trio Mastik, Eric Dubeau, Dayv Poulin (Le Paysagiste) et le rappeur Le R, flanqués de leurs consoeurs Cindy Doire, Gabrielle Goulet et Willows (nom de plume de la Franco-Manitobaine Geneviève Toupin), à l'occasion d'un concert un peu spécial. Pour cette «soirée historique», les chanteurs devaient initialement être disséminés aux quatre coins de l'édifice - qui à l'entrée, qui au bar, qui dans la cour intérieure, qui au détour des corridors - avant de se regrouper pour offrir ensemble un bouquet final.

Son concept devait permettre au public de déambuler d'un espace à l'autre, d'investir le centre de diffusion de théâtre francophone tout en le redécouvrant. Le pragmatisme (la cour est encore jonchée de débris de verre) et la réalité du calendrier des travaux de rénovations ont eu raison de cette belle idée.

Le projet, explique-t-il, menaçant de ralentir les travaux qui se poursuivent, et risquait de retarder l'inauguration officielle des lieux, prévue pour le 28 mai.

Les 10 artistes invités seront donc bien présents, vendredi, mais ils seront plus simplement réunis sur la scène du Studio A - seul espace scénique fin prêt pour recevoir le public. Les chanteurs se relaieront au micro. Le public déterminera peut-être l'ordre de passage des chanteurs, en pigeant leurs noms dans un chapeau, envisage-t-il. 

«On veut garder ça simple. Pas de house band, pas de grosse chanson finale à laquelle tout le monde participe. C'est l'antithèse du gros show. Juste de bons éclairages et un bon son. [...] Chacun seul, en acoustique. C'est le temps d'épurer, d'être vrais et honnêtes, de communiquer en se regardant les yeux dans les yeux», explique le directeur artistique. Il entrevoit un «moment d'échange» qui trouvera sa puissance «dans la simplicité et le statement personnel des artistes». 

Et de la fragilité des artistes venus «se mettre en danger» en cassant de nouvelles chansons. Car les musiciens qui viendront étrenner l'acoustique de La Nouvelle scène doivent apporter de «nouvelles chansons», promet M. Aymar. Ou bien ils devront proposer «des morceaux qui s'éloignent de leur répertoire habituel», laisse-t-il entendre. Car c'est selon lui dans cette fragilité artistique que naissent «l'intensité et la magie».

Les artistes qu'il a sélectionnés sont «tous associés à LNS d'une façon ou d'une autre»: «Stef [Paquette] et Geneviève [Toupin] ont participé à plusieurs productions théâtrales. Damien Robitaille a été très généreux de son temps avec nous. M. Aymar, qui a longtemps évolué à Sudbury, tenait à ce que le nord de l'Ontario soit représenté, d'où la  présence de Stef Paquette et Dayv Poulin. «Je voulais aussi une forte représentation de la région d'Ottawa», dit-il en évoquant Mehdi Cayenne, Mastik, Gabrielle Goulet et Éric Dubeau. 

«Bâtir l'âme» de l'édifice

Le plan de match original a changé, mais l'objectif reste le même, soutient M. Aymar: «célébrer l'espace» et l'«habiter», «imprégner les lieux de musique» afin de commencer à «bâtir l'âme» du centre de diffusion théâtrale qui, pour l'instant, n'est encore qu'«une bâtisse de brique, de bois et de verre». 

Puisqu'il s'agit en quelque sorte d'un baptême, l'ex-membre de CANO a demandé à chaque invité d'arriver avec un rite cérémoniel de son cru: «Le rituel sera l'un des fils conducteurs de la soirée», dit-il. «Je leur ai donné quelques consignes et je leur ai parlé du rituel un peu loufoque qu'a posé le directeur artistique de Vox Théâtre, Pier Rodier, au moment de rentrer dans le nouvel espace.» Afin d'établir un lien spirituel avec l'ancien espace, M. Rodier a libéré le vieux fantôme de LNS dont l'esprit avait été soigneusement embouteillé avant les travaux, détaille M. Aymar, emballé par ce «geste symbolique». 

C'est ce genre de petits rituels qu'il attend des artistes invités. «Ce sont ces gestes qu'on pose qui aident à faire vivre la place.»

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