Les décideurs 2016: l'optimisme lucide de Véronique Fortier

Depuis novembre 2014, Véronique Fortier dirige Réseau Ontario, le plus grand... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Depuis novembre 2014, Véronique Fortier dirige Réseau Ontario, le plus grand réseau de diffusion des arts de la scène de l'Ontario français.

Etienne Ranger, LeDroit

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Après les émergents, place aux décideurs! Tout au long de l'année, l'équipe des arts vous présentera des femmes et des hommes qui façonnent le milieu culturel, en saisissent les enjeux et en connaissent les coulisses. Pour ce premier rendez-vous, alors que Contact Ontarois bat son plein à Ottawa, LeDroit a rencontré la directrice générale de Réseau Ontario.

La carrière de Véronique Fortier, la nouvelle directrice générale de Réseau Ontario, s'était surtout déroulée dans l'enseignement. Or, depuis novembre 2014, elle dirige le plus grand réseau de diffusion des arts de la scène de l'Ontario français.

Il est 9h, hôtel Marriott à Ottawa. Sur plusieurs étages se déroule la 35e édition de Contact Ontarois. Dans le hall d'accueil, un écran fait défiler les activités du jour: formations, forums, dîner-conférence... Quelque 500 participants se réunissent chaque année autour de ce rendez-vous participatif sur l'état de santé des arts de la scène en Ontario français. Véronique Fortier passe ses journées à quadriller les activités. «Je m'assure de rencontrer tous les partenaires, je veux saisir le pouls de ce qui se passe.»   

Sourire franc, poignée de main dynamique, Véronique Fortier semble à l'aise dans son nouveau rôle de directrice générale. «Elle est vraiment easygoing,» nous confiera l'une de ses collaboratrices avant l'entretien. 

Ce qui frappe tout le long de la conversation, c'est son optimisme lucide, alors que l'on est plus souvent habitué à entendre des jérémiades - «rien ne va bien», «tout va mal» - dans le milieu de la culture, ces derniers temps.

«Les arts et la culture doivent être une priorité, si nous voulons qu'une société vive bien», soutient la directrice générale. 

Elle n'a pas hésité à convier la nouvelle ministre fédérale du Patrimoine Mélanie Joly à découvrir Contact Ontarois. «Mais elle ne viendra pas, regrette la directrice. Elle avait d'autres engagements.» Partie remise.

Véronique Fortier se décrit elle-même comme «très stratégique et volontaire». 

Son allure dynamique, son enthousiasme et son sens du contact en font une personnalité à l'abord facile. «Je suis totalement hypée», sourit-elle. Son secret? «Du gingembre râpé», pour passer sans encombre cette semaine marathonienne de Contact Ontarois.

Ses études universitaires ne la conduisaient pas à devenir directrice d'organismes culturels. Son enfance au Québec ne la prédestinait pas, non plus, à défendre la culture franco-ontarienne.

Originaire de Gaspésie, elle s'inscrit en baccalauréat de littérature à l'UQAM. Ses études la conduiront à effectuer un programme d'immersion à l'Université Queen's de Kingston - «pour apprendre l'anglais» -, puis à Toronto où elle deviendra monitrice de langue. «Il s'agissait d'enseigner le français, mais aussi de faire connaître la culture francophone», se souvient-elle.

Son énergie et son implication dans l'organisation d'activités scolaires lui valent d'être conseillère en politiques et programmes au ministère de l'Éducation de l'Ontario. «Enseigner, c'est aussi un acte culturel puisqu'il s'agit de transmettre une culture et de la stimuler.»  

Ce nouveau mandat de dg à Réseau Ontario - «un poste permanent qui occupe tout mon temps» - lui offre la possibilité d'accélérer ses ambitions. «Je ne crois pas qu'il existe plus belle façon de communiquer notre fierté d'être francophone que par les arts. Il faut réaliser que nous bénéficions d'une voix et que cette voix peut faire la différence.» 

Elle veut aider la production franco-ontarienne à rayonner, notamment par le biais de l'IPIMFO (l'Initiative de promotion internationale de la musique francophone de l'Ontario) qui convoite un marché outre-Atlantique et s'interroge sur la visibilité de disciplines moins populaires comme, par exemple, la danse.

Avant de repartir au pas de course, la directrice saisit son iPhone et nous fait partager les nombreuses notifications en attente... Le marathon ne peut se passer d'elle.

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