Du «beau»me pour l'âme

J'aurai presque abusé du passage des quatre membres... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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J'aurai presque abusé du passage des quatre membres de One Direction à Ottawa, en septembre, en allant voir leur spectacle au Centre Canadian Tire (CCT) deux soirs d'affilée: la première fois pour le travail; la seconde, pour accompagner ma préado de 13 ans.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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L'art peut provoquer autant que faire du bien. Il peut aussi permettre d'oublier guerres, fusillades et morts, du moins pendant quelques heures. Parce que la vie doit continuer, envers et contre la peur et l'horreur. En cette année internationale de la lumière, j'ai donc écouté, lu et vu autant que j'ai pu. Pour apprivoiser l'ombre, me laisser émouvoir ou divertir, tout simplement.

sur scène...

J'aurai presque abusé (!) du passage des quatre membres de One Direction à Ottawa, en septembre, en allant voir leur spectacle au Centre Canadian Tire (CCT) deux soirs d'affilée: la première fois pour le travail; la seconde, pour accompagner ma préado de 13 ans. Inutile de dire que la deuxième soirée a été passablement plus chouette à partager... et que depuis, je suis évidemment capable de fredonner toutes les chansons de 1D par coeur... Les joies d'être mère, quoi!

Parmi les autres prestations marquantes auxquelles j'ai pu assister, au cours des derniers mois, je retiens celles de Dumas à la salle Jean-Despréz (de loin la meilleure qu'il y ait donnée au cours de sa carrière) et au Petit Chicago pendant le Festival de l'Outaouais émergent, de même que celle de Louis-Jean Cormier à la Maison de la culture de Gatineau. Je ne peux cependant passer outre Taylor Swift qui, avec les moyens dont elle dispose, n'a pas lésiné sur les décors, danseurs, costumes et autres effets d'éclairages pour en mettre plein la vue et les oreilles des gens présents au CCT en juillet.

... Entre les lignes...

Une amie me demandait récemment de lui faire un palmarès des meilleurs livres lus cette année. Or, la cuvée 2015 (notamment celle de l'automne) a été si foisonnante chez nous, que je suis embêtée de ne lui en recommander que quelques-uns. Nos auteurs transcendent les frontières et osent creuser des sujets difficiles (viol, guerre, deuil, etc.), tantôt par le polar ou le roman intimiste, tantôt avec une touche de fantaisie, de poésie ou d'humour. Toujours avec un talent de plus en plus affirmé.

Ça va du truculent mélange des français d'hier et d'aujourd'hui de Gabriel Marcoux-Chabot (Tas d'roches) à cette image poignante d'un gamin tenant un ballon de rugby sur un tas de gravats en zone de guerre dans Quand j'étais Théodore Seaborn de Martin Michaud. De la quête identitaire de Martine Delvaux, qui aurait pu être la mienne (Blanc dehors), à la poursuite teintée d'amour-haine de La femme qui fuit d'Anaïs Barbeau-Lavalette, lancée sur la piste de sa grand-mère. De l'amour lucide que Dany Laferrière porte à son Québec d'adoption (Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo) au besoin de se faire une place là où la migration nous mène (Soleil, de David Bouchet). Du besoin de survivre à une agression (Car la nuit est longue de Sophie Bérubé) à celui de comprendre l'Ukraine à fragmentation de Frédéric Lavoie. D'un savoureux collectif autour de La disparition de Michel O'Toole dirigé par Tristan Malavoy aux personnages à la fois Beaux et bêtes des nouvelles de Michel-Rémi Lafond. De Pierre Raphaël Pelletier, dont La beauté exulte d'être si rebelle sous sa plume lyrique, à la révolte suintant du Parfum de la tubéreuse d'Élise Turcotte. De l'attachante Zazie de Marie-Renée Lavoie à La Mouche dans l'aspirateur de Mélanie Watt. Avec un regard en coin jeté vers deux Canadiens valant aussi notre attention: Eleanor Catton et ses Luminaires, et Neil Smith avec Boo.

C'est sans compter que je n'ai pas encore eu le temps de lire le dernier Nicolas Dickner (couronné d'un prix du GG, et que j'espère voir au prochain Salon du livre de l'Outaouais) ou Ce qu'il reste de moi de Monique Proulx... entre autres. C'est dire à quel point la littérature d'ici vaut amplement la peine d'être lue et, plus encore, offerte!

... ou parmi les murs

Comme si mes yeux n'avaient pas été assez sollicités par les auteurs, ils l'ont aussi été par les artistes visuels, que ce soit en me baladant au coeur de l'apaisante Floraison Néon d'Amanda McCavour ou en captant les éclairs de lumières vives dans les nuits noires des plus récents tableaux de Dominik Sokolowski.

Mais parce que l'art sert aussi de matière à réflexion, voire à dénonciation, la palme revient au doublé d'expositions collectives présentées à AxeNéo7 et à la nouvelle galerie UQO cet automne: Monuments aux victimes de la liberté, rassemblant le travail d'une douzaine d'artistes (dont l'installation du tandem Étienne Grenier-Simon Laroche, qui avait fait la une du Cahier des arts du 3 octobre); et S'endormir près du monument pendant la révolution, regroupant des oeuvres de Brojan Fajfric, Milutin Gubash et Guillermo Trejo. Ces deux événements - ô combien pertinents! - s'inscrivaient en réaction au toujours controversé projet de Monument aux victimes du communisme. Et faisaient mouche!

Il ne me reste plus qu'à espérer que 2016 nous réservera autant de découvertes et rencontres à partager.

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