La dernière mise en scène de Paul Buissonneau

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Faisant un clin d'oeil à sa carrière d'acteur, les cendres de Paul Buissonneau reposent désormais dans un coffret à maquillage noir.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

«Tourbillon» et «tornade» ont été les mots de choix pour décrire l'homme de théâtre à multiples chapeaux qu'a été Paul Buissonneau, ainsi que son passage dans le monde culturel québécois, lors de ses obsèques, hier à Montréal.

Metteur en scène créatif et avant-gardiste, l'artiste n'a pu résister à l'envie de choisir lui-même le décor et la musique de ses funérailles, qui ont été célébrées à la Basilique Notre-Dame.

Faisant un clin d'oeil à sa carrière d'acteur, ses cendres reposent désormais dans une urne toute spéciale, soit un coffret à maquillage noir.

Le défilé des Petits Chanteurs du Mont-Royal, qui ont entonné des chants grégoriens à la demande expresse de Paul Buissonneau, a ouvert la cérémonie à laquelle quelques centaines de personnes assistaient, dont de nombreuses personnalités de la scène culturelle.

L'acteur et metteur en scène québécois d'origine française est mort à la fin du mois dernier à l'âge de 87 ans, à la suite d'une longue maladie.

L'homme qui a connu une brillante carrière sur la scène, tout comme au petit et au grand écran, a aussi marqué des générations d'enfants avec son coloré personnage de «Picolo» qu'il a incarné notamment dans l'émission jeunesse La boîte à surprise de 1956 à 1972. Acteur, chanteur et metteur en scène, l'homme semblait pouvoir tout faire et souvent bricolait costumes et décors avec ce qui lui tombait sous la main ou encore ce qu'il dénichait dans des magasins de prêteurs sur gage.

Il a aussi mis en scène des pièces-choc, qui ont révolutionné le milieu théâtral québécois, comme La Tour Eiffel qui tue, de Guillaume Hanoteau.

Arrivé au Québec avec les Compagnons de la chanson et Édith Piaf, l'homme y est resté. «Pour notre plus grand bonheur», a souligné la comédienne Andrée Lachapelle lors de la cérémonie.

«Tu disais que la mise en scène ce n'était que du vent, a-t-elle rappelé. Mais avec toi, ça devenait une tornade.»

L'auteur Michel Tremblay a écrit un texte hommage, lu à la Basilique par le comédien Gilles Renaud.

L'écrivain a dit de Paul Buissonneau qu'il avait été «un tourbillon à travers nos vies qui charriait des merveilles qu'on n'avait jamais vues». Citant bon nombre de ses personnages et de ses créations, Michel Tremblay a dit qu'il avait donné naissance «à tant d'autres beautés qui nous aidaient à vivre».

Clémence Desrochers, que M. Buissonneau appelait Cléo, a rappelé ses débuts avec lui «dans la roulotte», un théâtre ambulant en plein air qu'il promenait à travers les parcs de Montréal et qui lui a permis de donner un premier boulot à bon nombre de jeunes comédiens qui commençaient leur carrière. Ils sont plusieurs à avoir souligné comment il leur avait donné une première ou une deuxième chance.

«Son passage dans nos vies a été comme une tornade», a conclu la comédienne et humoriste dans son texte.

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