1867 - Rébellion et confédération au Musée canadien de l'histoire

À l'assaut des fondements politiques et constitutionnels

Avec l'exposition 1867 - Rébellion et confédération, le... (Archives, LeDroit)

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Avec l'exposition 1867 - Rébellion et confédération, le Musée canadien de l'histoire (MCH) s'attaque à la période de 30 ans qui précède l'avènement de la démocratie canadienne.

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Avec l'exposition 1867 - Rébellion et confédération, le Musée canadien de l'histoire (MCH) s'attaque à la période de 30 ans qui précède l'avènement de la démocratie canadienne. Une période au cours de laquelle les colonies nord-américaines participent activement à la rupture entre cet ancien monde inspiré des systèmes régaliens et féodaux importés d'Europe, et le monde «moderne», et qui culminera le 1erjuillet 1967 avec la proclamation de la confédération, grâce à l'Acte d'Amérique du Nord Britannique (AANB).

Un programme ambitieux, édifiant, mené tambour battant par le conservateur du Canada français au MCH, Jean-François Lozier.

«Pour un musée, présenter un sujet politique constitue toujours un beau défi, car illustrer des textes, des points de vue et des débats n'est jamais facile», soulignait au Droit le directeur général du MCH, Jean-Marc Blais, juste avant qu'on découvre cette exposition temporaire présentée à partir d'aujourd'hui jusqu'au 4janvier 2016.

Sans verser dans l'interactivité et le ludisme tous azimuts, l'installation relève bien ce défi, M.Lozier ayant réussi à condenser les choses en quelque 200 artefacts symboliques. À les organiser en une demi-douzaine de sections. Et à remettre en perspective les points de vue d'une impressionnante galerie de personnalités à qui le Canada doit son existence actuelle (et nos avenues et boulevards, leur nom), peu importe qu'ils aient choisi le combat armé, la négociation politique, ou la voie du compromis face à la Couronne britannique.

«Qu'est-ce que l'histoire politique? Ce sont des paroles prononcées, qui se sont donc envolées, et des écrits qui sont heureusement restés, sous forme manuscrite ou publiée; il y a donc forcément beaucoup de papiers et d'encriers, dans une exposition comme celle-là, car ce sont les accessoires, les instruments de la politique. Ces documents écrits intéressent les historiens, mais pas nécessairement le visiteur moyen, donc il s'agissait d'équilibrer ça.»

Notamment en identifiant des objets dont les «symboles peuvent servir de raccourcis visuels», telle la «cloche de la confédération», la cloche qui se trouvait à bord du SS Queen Victoria. En 1864, moment charnière de l'ébauche du pays, ce bateau à vapeur servit aux délégués canadiens lorsqu'ils s'invitèrent aux négociations des colonies maritimes organisées à Charlottetown. La cloche connaîtra une deuxième vie étonnante en devenant un symbole d'héroïsme d'une petite communauté du Maine, aux États-Unis, qui n'a consenti à la prêter à Gatineau qu'après un grand référendum organisé dans la municipalité.

Parmi les pièces maîtresses se trouvent l'Acte lui-même. Pour l'instant, le cahier qui trône derrière une vitre de la dernière salle est une réplique. L'authentique document sera rapatrié (on choisit le mot à dessein) temporairement en juillet.

Volet interactif

Une borne interactive et un jeu-questionnaire encouragent le public à comprendre ce que représente l'AANB.

En s'asseyant à une table, le visiteur pourra écouter les discours enflammés de certains de ces délégués, diffusés par leurs chapeaux hauts-de-forme.

On déambulera par ailleurs autour de fusils des Fenians irlando-américains, d'uniformes des Light Dragoons britanniques, de portraits des patriotes dessinés par un de leur frère d'armes incarcéré, le trône à partir duquel Lord Monck, prononça le premier discours du Trône, en 1867, et divers objets évoquant l'immigration massive et l'industrialisation progressive du territoire, présentés et interprétés sur des panneaux aux tons rouge et blanc de l'unifolié.

L'occasion est rêvée d'affûter ses connaissances, d'approfondir ou clarifier le rôle des principaux protagonistes politiques de cette période, depuis les rebelles que furent Louis-Joseph Papineau et William Lyon Mackenzie jusqu'aux Pères de la confédération, notamment George-tienne Cartier et John A. Macdonald, en passant par les réformistes. Sans oublier les représentants de la Couronne, administrateurs coloniaux (Lord Metcalfe et Elgin) et gouverneurs généraux qui se sont succédé.

Les répercussions qu'ont eues ces trois décennies de «mutations» sur l'actuelle entité politique canadienne sont évoquées à travers des capsules vidéos qui projettent les propos (en français, ou sous-titrés) des historiens Éric Bédard, Charlotte Gray et Christopher Moore, sur des thèmes choisis, comme, ici, la question de la «responsabilité ministérielle».

Bref, c'est dense. Définitivement plus instructif qu'une visite guidée au Parlement. Et comme on n'a eu que le temps d'effleurer la surface... on se promet d'y retourner.

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