Quand la justice sociale passe par la danse

La criminologue Sylvie Frigon.... (Étienne Ranger, Le Droit)

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La criminologue Sylvie Frigon.

Étienne Ranger, Le Droit

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La danse comme outil pédagogique pour parler de justice sociale: voilà la prémisse du colloque international mis sur pied par la criminologue et titulaire de la Chaire conjointe en études des femmes des deux universités ottaviennes, Sylvie Frigon, qui se tiendra aujourd'hui sur le campus de Carleton.

Les discussions aborderont les diverses facettes des interventions menées sur le terrain par des chorégraphes, danseuses, ex-détenue, chercheuses, professeurs et autres professionnels du milieu d'ici (les compagnies Propeller Dance et Dandelion Dance, entre autres) et de l'étranger (Dance United, du Royaume-Uni, par exemple). Rassemblés pour l'occasion, ils partageront leurs expériences allant de la danse-thérapie au travail avec des prisonniers, des jeunes filles en détresse ou encore des personnes handicapées, pour mieux réfléchir tous ensemble sur «comment faire des sciences sociales autrement».

«La danse permet un rapport direct au corps, fait valoir Mme Frigon. Or, 65% à 80% des femmes incarcérées ont été victimes d'agressions sexuelles, d'inceste ou d'une autre forme de violence physique. Leur rapport au corps, bafoué, battu ou violé, est donc teinté de ça. Plusieurs s'automutilent. La danse devient donc un moyen positif de se reconnecter avec leur corps.»

Parmi les invités, Jacqueline Young témoignera des cours offerts aux détenus de Sing Sing, et de la réalité d'être une instructrice de danse oeuvrant dans un milieu carcéral masculin où «les contacts physiques sont évidemment strictement interdits», rappelle Sylvie Frigon.

Claire Jenny, cofondatrice de Point Virgule à Paris, rendra compte de ses nombreux projets avec des prisonnières. Ensemble, Mme s Frigon et Jenny ont d'ailleurs signé Chairs incarcérées, une exploration de la danse en prison, en 2009, en plus de créer une chorégraphie tournée avec certains étudiants de la Canadienne dans l'ancienne prison d'Ottawa, transformée depuis en auberge de jeunesse.

Pédagogie

Car outre l'aspect «outil de transformation» de ce médium d'expression, la criminologue et enseignante veut également en développer le côté pédagogique auprès de ses élèves sur les deux campus universitaires d'Ottawa.

«Nous avons récemment tourné une autre vidéo dans les tunnels de l'université Carleton, raconte fièrement Sylvie Frigon.

«C'est une manière de donner aux étudiants l'occasion de ressentir l'emprisonnement, l'enfermement dans leur propre corps. Ça leur permet de toucher au pratique et pas seulement à la théorie sur le sujet. D'approcher la prison avec un regard plus kaléidoscopique.»

Cette vidéo, ainsi qu'une prestation en direct, sont donc au menu d'aujourd'hui. Puis, dès demain, Sylvie Frigon s'attaquera à l'élaboration du livre qui découlera de l'événement, en collaboration avec les intervenants ayant pris part à ce colloque, qui s'inscrit dans un projet global intitulé The Art of Doing Criminology, qui abordera le théâtre, en janvier 2016.

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