Ce que couvent les Grands Feux

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Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

Mardi, 13?heures, au ponton du Lac Leamy. Une navette fluviale, aux antipodes du tape à l'oeil, nous embarque et accoste moins de 3 minutes plus tard le long d'une barge immobilisée au centre du lac. Une inscription «Grands Feux du Casino», façon Hollywood, restera bien la seule coquetterie de cette plateforme flottante qui servira, dès ce soir, de support de lancement aux spectacles pyrotechniques.

«Personne ne fume?», s'enquiert sans rire notre guide du jour, Patrice Guy, le directeur technique de Royal Pyrotechnie. Nous voilà donc au coeur des Grands Feux, là où se nicheront jusqu'au 24?août des milliers de bombes soigneusement alignées avant d'être pulvérisées dans le ciel. De loin, on n'y verra «que du feu», mais, de près, l'installation ressemble à un véritable champ de bataille.

Des rangées de mortiers de toutes tailles s'alignent au garde-à-vous, tous érigés à la verticale dans de larges casiers de bois. «Chandelles romaines», «comètes» et autres bombes aux noms célestes se logeront dans ces canons du divertissement moderne.

«Nous recevons entre 3000?et 6000 pétards par spectacle», explique Patrice Guy, nous assurant que le nombre de bombes ne garantit aucunement la qualité du feu d'artifice.

Son dispositif de lancement est quadrillé selon un ordre croissant: les plus petits pétards à l'avant, les plus lourds en arrière-barge, dans des barils espacés. Lancés dans les airs, ceux-ci peuvent atteindre un demi kilomètre de hauteur au dessus du lac. Il cite en exemple les formes communément appelées en «saule pleureur», qui peuplent si souvent les bouquets finaux.

«Quand on sent la plateforme trembler, de la cabine de tir, on sait alors que ce type de bombe est parti», évoque M.?Guy avec passion.

Blindage

Chaque soir de show, le directeur technique ainsi qu'un autre artificier volontaire resteront en poste sur la structure flottante, enfermés dans une petite cabine blindée de mise à tir. De là, ils veillent aux moindres détails, avec la sécurité comme obsession, «pour que tout se déroule normalement et surtout que les fusées ne pointent pas vers le public». Visières, vestes par-balles, extincteurs à portée de main... dans leur guérite recouverte d'acier, les deux artificiers en devoir synchronisent les quatre ordinateurs reliés aux bombes avec la régie de la rive, de manière à ce que la mise à feu soit déclenchée au rythme de la bande sonore.

Sur cet espace flottant où chaque millimètre compte, rien n'est laissé au hasard. Postée non loin des barges, une chaloupe de sécurité se tient prête à intervenir en cas d'incident. Une autre, équipée d'un filet, s'empressera de débarrasser les déchets des bombes qui retomberont à la surface du lac. «95% d'entre elles sont en papier, les autres sont fabriquées en plastique biodégradable», assure Patrice Guy. Plusieurs dizaines d'années pour disparaître, se dit-on, songeurs.

Jeudi, 8 heures.

Rendez-vous est pris dès potron-minet au restaurant du lac, le QG de l'équipe technique. Depuis que les artificiers invités des Émirats Arabes Unis sont arrivés, la veille au soir, l'anglais est de mise; Piotr Szablowski, se fait appeler chaleureusement «Peter» par ses nouveaux collègues. Avec son complice Andreï Nedelcu, il supervisera d'un oeil discret l'installation des pétards sur les barges. Les deux compétiteurs prêtent main-forte à la dizaine d'artificiers déjà présents, mais le directeur de Royal Pyrotechnie s'occupe de tout: «ils arrivent avec leur vision du spectacle. On leur fournit notre efficacité», lance-t-il, bon commerçant.

Pas de génératrice

Cette collaboration internationale nécessite parfois quelques mises au point. «Il nous arrive de travailler avec des équipements différents, explique-t-il. L'an dernier, nous avions reçu l'équipe chinoise et j'ai tenu à préparer nos artificiers à leur venue, à les informer de la meilleure façon de les accueillir et de travailler avec eux». M.?Guy parle en connaissance de cause: il a vécu 10 ans à Hong Kong avant de revenir habiter au Canada pour y élever sa fille.

Chaque équipe présentée bénéficie de 72?heures pour installer l'ensemble de son matériel sur l'eau. Un conteneur d'explosifs en provenance de Chine, des États-Unis et d'Espagne, a déjà été trié; les bombes rangées par tailles sont fin prêtes à être placées dans les mortiers nettoyés.

Plus de détails dans l'édition du Droit du 10 août 2013 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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