L'homme du Grand Continental

Le chorégraphe Sylvain Émard... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Le chorégraphe Sylvain Émard

Étienne Ranger, LeDroit

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Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

Sylvain Émard s'assoit sur une chaise perdue comme si de rien n'était, comme si les deux heures passées à mener la danse devant plus de 90 personnes n'avaient eu aucune prise sur sa fatigue. Régulièrement, il glisse ses doigts dans ses cheveux pour en vérifier l'épaisseur et l'ordonnancement. Lunettes studieuses et jeans de tous les jours, le chorégraphe retrace soigneusement les élans créateurs de Grand Continental, présenté les 15 et 16 juin à Ottawa, depuis son désir de travailler à partir de la danse en ligne «j'en rêvais depuis tout petit» jusqu'à l'enthousiasme que son projet a suscité, toujours plus grand, toujours plus international.

Une soixantaine au début, puis 120, puis 200... Le nombre de danseurs amateurs qui se sont joints à la chorégraphie n'a cessé de croître et Sylvain Émard de reconduire ce spectacle-performance, parfois remodelé en fonction des villes visitées. À Mexico? On y donnait El Gran Continental, où la techno et le country ont été troqués pour des danses locales (cumbia, salsa, danzón). À Philadelphie, il a fallu introduire une section de musique soul locale pour que le spectacle soit produit. Dans chaque ville, le chorégraphe établi à Montréal est accompagné de quatre danseurs professionnels qui supervisent les répétitions.

«Danser ainsi, ça permet de prendre le pouls des habitants, note-t-il. En Amérique du Nord, les gens veulent d'abord comprendre les enchaînements rationnellement, tandis que les Mexicains cherchent plutôt l'essence du mouvement. Ils le raffinent ensuite, alors qu'ici, on veut être parfait.»

Les anecdotes rapportées depuis la première en 2009 en disent long sur l'aventure humaine et collective du concept. Il cite en exemple la participation, à Montréal, de cette femme d'origine maghrébine que sa famille n'aurait jamais laissé danser dans son pays. «Elle avait du mal, au début, mais elle a travaillé fort et même consigné les pas dans un carnet. Elle était fière du chemin accompli, on l'a vue danser l'année suivante dans la reprise du spectacle.»

Pour l'interprète professionnel aussi, l'implication a quelque chose de galvanisant: «Pris par toutes sortes de considérations, on peut oublier pourquoi on danse. Grand Continental nous reconnecte avec le simple plaisir de danser.»

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