Roy Dupuis et Roche Papier Ciseaux: l'audace de s'effacer

Roy Dupuis... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Roy Dupuis

Étienne Ranger, LeDroit

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Roy Dupuis ne manquait pas d'arguments au moment de défendre devant Téléfilm Canada le synopsis de Roche Papier Ciseaux, tout premier long-métrage de Yan Lanouette Turgeon et André Gulluni, dans lequel le comédien endosse le rôle d'un homme malmené par son passé, et contraint de pratiquer illégalement la médecine pour le compte d'une mafia chinoise. Il a su être convainquant.

«J'ai d'abord aimé l'histoire elle-même et la manière dont elle est racontée. J'ai tout de suite senti qu'il y avait différents styles qui s'enchevêtraient. Un peu de Tarantino; un peu de western-spaghetti; un côté fable; et [la patte] d'un cinéma européen d'une certaine époque. Ça transpirait à la lecture», fait valoir Roy Dupuis, séduit autant «par la facture cinématographique du scénario» que par les personnages eux-mêmes. «C'est un film plein d'audace, un beau mélange entre le film d'auteur et le film commercial, car il est plein de poésie, mais tout en restant divertissant. Tout ça méritait d'être donc porté au grand écran», indique celui qui s'est impliqué très tôt dans ce projet d'envergure.

«Il y a aussi le fait qu'on parte du Nord du Québec avec un Amérindien et qu'on traverse tout le territoire pour se retrouver en ville, un endroit qu'on sent cosmopolite: il y a la pègre chinoise, l'histoire de cet Italien, et les Québécois à travers tout ça. Je trouvais que ça dressait un beau portrait, assez moderne, du Québec d'aujourd'hui», ajoute-t-il.

Un portrait plutôt sombre, alors... Et parfois «intense», évoque-t-on, en souvenir des noeuds qui se sont formés dans notre estomac, face à certaines scènes. «Intense? Tu trouves?» s'en amuse-t-il, énigmatique. «Bah! Pour nous, les comédiens, c'est jamais aussi intense que ce que vous, vous vivez, en le regardant!» rassure-t-il.

Évidemment, «durant certaines scènes, il fallait vivre des émotions, mais c'a été un tournage très plaisant! «Puis, c'est ce qu'on cherche, nous, les acteurs: plus c'est intense, plus on aime ça» souligne celui qui reconnaît aimer «faire les choses qui sont en marge, dans l'extrême.» Ceci dit, «avec ce personnage-là, j'ai plutôt fait l'inverse, car c'est quelqu'un de très effacé, [Vincent]. Pour moi, ce qui transpirait de la réalité du personnage, c'est son envie de disparaître. Comme il ne voit pas de solution à son problème, il ne veut tout simplement ne plus être là... mais en même temps, il refuse de mourir, parce qu'il attend un enfant.»

Ce rôle, il l'a donc joué à l'économie d'énergie, en s'efforçant consciemment «de ne pas déplacer trop d'air», et «sans trop se poser de questions, parce que lui-même a arrêté de s'en poser», dit-il en riant. «C'est du minimalisme; ça se passe dans l'oeil. Le texte passe beaucoup par le corps, plutôt que par la parole, note-t-il, [car] c'est un personnage qui est toujours en train de manipuler quelque chose, que ce soit un corps, une seringue ou une valise».

Acteur d'instinct, Roy Dupuis est plus que convaincu d'avoir misé sur le bon cheval. [On pardonnera cette métaphore équestre après avoir vu le film.] «Pour un premier film, c'est franchement assez réussi», affirme-t-il, ravi d'avoir découvert en Yan Lanouette Turgeon un réalisateur qui, pour avoir signé moult courts-métrages, «connaît très bien ses outils», et qui «est très clair et direct».

Roy Dupuis n'a jamais vu cette collaboration comme un risque plus grand qu'à l'accoutumée. «En réalité, c'est toujours un pari, quelle que soit la notoriété du réalisateur ou la qualité du scénario, souffle-t-il. Un film, je vois cela comme une partie de hockey: ça se joue sur la glace. C'est vivant. Tout le monde a beau s'être pratiqué et savoir ce qu'il a à faire... c'est sur le plateau qu'il faut le faire. Puis, des fois, ça ne colle pas...» soutient l'interprète de Maurice Richard.

Or, «c'était un beau plateau. Yan a vraiment bien choisi sa distribution et a su bien s'entourer, tant au niveau de la musique que de la direction photo. Et c'est une des jobs les plus importantes d'un réalisateur», estime ce comédien amateur de rivières autant que de montagnes, et qui soufflera cette année cinquante bougies... non pas sur un plateau de tournage, mais «sur les pentes de l'Himalaya» dans le cadre d'un trek en Inde et au Népal.

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