Week-end de «bibliothèque vivante» à Ottawa

Des pages de vie à la portée de tous

Une trentaine de personnalités ont ouvert des chapitres... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

Une trentaine de personnalités ont ouvert des chapitres de leurs vies aux curieux, samedi, dont l'anarchiste Dan Sawyer. « Ça faisait longtemps que j'avais réfléchi à ce que ça voulait dire d'être anarchiste et comment je l'étais devenu, admet-il. C'était un très bon exercice. »

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partager

Sur le même thème

Et si une histoire était racontée par un livre... vivant ? C'est ce qu'a proposé à ses abonnés la bibliothèque publique d'Ottawa pour une deuxième année.

Un ancien membre d'un gang de rue, un travesti, un anarchiste, un juge, un policier, un humoriste : une trentaine de personnalités ont ouvert des chapitres de leurs vies aux nombreux curieux qui se sont déplacés dans cinq succursales du réseau de bibliothèques publiques.

L'enthousiasme du public ottavien a été tel l'an dernier que l'idée s'est essaimée un peu partout au Canada cette année, de sorte que quinze villes du pays ont maintenant adopté le concept.

Un peu philosophe à ses heures, un des visiteurs, Ron Davenport, avait encerclé deux noms en entrant dans la succursale de la rue Metcalfe : Mohamad Jebara et Dan Sawyer. L'un est imam ; l'autre, anarchiste. Vingt minutes de discussion à bâtons rompus avec chacun d'entre eux, pour en savoir un peu sur deux idéologies qu'un monde sépare.

« Je ne pense pas que j'aurais eu la chance de parler à ces deux personnes autrement, se réjouit-il. Nous sommes assis un en face de l'autre, rien n'est enregistré. On peut donc leur poser de vraies questions, sans filtre. »

« Comment faites-vous pour concilier les doctrines rigides que vous imposent votre religion avec les valeurs canadiennes ? » a-t-il demandé à l'imam qui a grandi au Canada.

La réponse du chef religieux fut honnête, mais imparfaite aux yeux de l'homme qui fait carrière dans le domaine de l'aviation.

Du temps vite passé

Les vingt minutes accordées aux lecteurs auditifs sont vite passées. Difficile - voir impossible - de raconter une vie en si peu de temps.

L'anarchiste Dan Sawyer, jeune trentenaire svelte, portant le sac en bandoulière et le cheveu gominé, a finalement réussi à relever le défi - non sans peine - d'expliquer sa conception d'un monde idéal à des enfants, insensibles aux arguments mettant en cause le néo-libéralisme débridé et triomphant. « Ça faisait longtemps que j'avais réfléchi à ce que ça voulait dire d'être anarchiste et comment je l'étais devenu, raconte-t-il. Cette journée m'a aussi permis de me demander comment on fait pour parler d'anarchie pour que tout le monde comprenne ce que ça veut dire. C'était un très bon exercice. »

Grant Cobb, lui, n'a pas cherché ses mots. Le volubile quarantenaire vit avec le sida depuis 17 ans. Il a brisé ses chaînes après une décennie de honte, d'intimidation et d'isolement. L'homme séropositif s'attaque aujourd'hui aux tabous dans l'espoir de voir ceux qui le suivent assumer leur condition sans souffrir que lui.

« Dans les années 1980, le VIH était sur toutes les lèvres. On voyait les gens qui en étaient infectés mourir. Aujourd'hui, nous sommes invisibles, mais c'est encore un lourd fardeau à porter. J'ai passé dix ans à me cacher. C'est horrible. »

Lancée au Danemark en 2000 dans le but de lutter contre la violence et favoriser le dialogue, l'initiative Bibliothèque vivante est aujourd'hui présente dans une vingtaine de pays, du Brésil à la Chine, en passant par la Colombie, Chypre et la Malaisie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer