Le théâtre jeunesse prend vie au CNA

Des bébés aux ados, le théâtre jeune public - voire tout public - peine encore... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Étienne Ranger, LeDroit

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Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

Des bébés aux ados, le théâtre jeune public - voire tout public - peine encore à se faire connaître, même si les choses bougent.

Au Théâtre français du Centre national des Arts (CNA), Mélanie Dumont succède à Benoît Vermeulen à la direction du volet enfance/jeunesse. Pour sa toute première saison aux côtés de la nouvelle directrice Brigitte Haentjens, elle propose neuf spectacles dans la programmation jeunesse, une quasi-parité avec les spectacles « adultes ».

Multiplication des initiatives scolaires et parascolaires pour inciter les plus jeunes à fréquenter les rangs du CNA, diversité des spectacles programmés : le théâtre jeunesse cherche sa voie alors qu'artistiquement, le secteur est rayonnant. Les metteurs en scène l'ont bien compris : les mineurs constituent un public à prendre au sérieux, tout comme leurs parents.

Même si des figures de renom comme Olivier Py, Stanislas Nordey ou encore Daniel Danis s'y sont collées, les mentalités ont visiblement du mal à évoluer. « On parle de spectacle jeunesse, mais les pièces peuvent intéresser un plus large public. Elles offrent souvent un dispositif inventif, une diversité de formes qui mêlent les disciplines », défend Mélanie Dumont qui compare son travail de programmatrice à un paysage à peindre, « vaste champ de découvertes, traversé par la surprise, l'émerveillement, le plaisir des sens et du questionnement ».

Car loin de céder aux sirènes du pur divertissement, les metteurs en scène peuvent aller au charbon. Différence, guerre, exil, mort : tous ces thèmes, plus sombres et plus intimistes, s'imposent. Face à une audience biberonnée aux flux ininterrompus d'images, de publicités et d'informations prêtes-à-ingurgiter, l'enjeu est de taille : il s'agit d'apporter aux jeunes des éléments de réflexion pour se construire sans souscrire au manichéisme ambiant.

Parmi les spectacles proposés cette année, on verra entre autres Vipérine, une adaptation pour les neuf ans et plus de Beauté, Chaleur et Mort, pièce pour adultes présentée en novembre 2011 au CNA par Nini Bélanger et Pascal Brullemans sur la mort d'une enfant à deux semaines de sa naissance à la suite d'une erreur médicale (30 janvier au 3 février). Ou encore Kiwi, écrit par Daniel Danis (20 au 23 février), l'histoire d'une fillette abandonnée et recueillie par une communauté clandestine où l'entraide permet de rêver à un avenir moins sombre.

Dans ces quêtes du sens, tous les médias (la vidéo notamment) et tous les arts (cirque, danse, marionnettes) mélangent leur magie pour capter l'attention de ce spectateur merveilleusement disponible qu'est l'enfant. « Il n'a pas d'a priori, est d'une ouverture et d'une curiosité incroyables », s'enflamme Mélanie Dumont.

Encore faut-il drainer le jeune public, donner envie aux enfants de venir et convaincre leur famille de les accompagner, ce qui passe par des actions de sensibilisation. Un travail entrepris à différentes étapes, de l'atelier d'accompagnement sur plusieurs représentations aux happenings d'avant-spectacle.

Le Théâtre français propose ainsi aux 14-17 ans le club des Affamés, un parcours encadré qui leur permettra d'assister gratuitement à trois spectacles et d'échanger avec des artistes et des intervenants de la scène artistique. L'objectif étant d'« amener les enfants à s'exprimer, à partager leur expérience théâtrale », selon le désir de la directrice soucieuse de les impliquer au plus près du processus de création.

Deux autres initiatives, « En circuit ouvert » et « Adoptez un auteur » prolongent la sensibilisation à l'expérience théâtrale dans les écoles de la région, ce qui n'est jamais une mince affaire compte tenu de l'étendue géographique à balayer, l'avait prévenue son prédécesseur, Benoît Vermeulen.

« Je voulais poursuivre ses engagements, tout en les amenant ailleurs », a confié la nouvelle directrice qui a supprimé l'annuel concours d'écriture pour ados, Les Zurbains, avançant qu'elle avait « juste envie de les voir sur scène », sans préciser l'éventuel projet remplaçant, encore à définir.

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