V comme un canard au Théâtre de l'Île jusqu'au 16 février

Mettre en lumière les différences

La pièce V comme un canard met en... (Courtoisie)

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La pièce V comme un canard met en vedette Richard Léger et Maxine Turcotte.

Courtoisie

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S'aimer malgré, ou à cause, de ses différences : voilà en quelque sorte la morale de V comme canard, la nouvelle production du Théâtre de l'Île. Mais comme preuves de leur amour, les personnages de cette comédie à saveur estivale devront affronter une série de coups pendables de leur pas-toujours-tendre moitié. Car ces coups, s'ils commencent par faire rigoler de bon coeur, finissent par faire rire... jaune. Comme si la metteure en scène Magali Lemèle avait cherché à évacuer - mais plus ou moins efficacement - l'aspect pernicieux, voire pervers, que l'on devine dans cette spirale vengeresse, en ne privilégiant que le ressort comique de la pièce de Pierre Yves Lemieux.

Récemment retraité, Marcel (Richard Léger) s'ennuie pendant que sa Jacqueline (Maxine Turcotte) n'arrête pas de travailler. Il passe des heures avachi sur le sofa du salon à jouer à des jeux vidéo. Elle accumule les heures à l'extérieur : chorale, bénévolat, etc. Il n'aime plus grand-chose, sauf sa femme et la pizza. Elle mord dans la vie et n'a pas l'intention de s'encroûter.

Pour garder Jacqueline avec lui, Marcel s'ingénie à lui faire perdre la tête en lui jouant des mauvais tours. Tous les moyens sont bons (ou méchants) pour la déstabiliser (idéalement jusqu'au lit conjugal), y compris mettre de l'huile dans son dentifrice (!), faire exploser la poubelle dans l'entrée (!!) et semer la zizanie entre son fils Coco (Dave Jenniss) et sa femme Johane (Anie Richer) (!!!). Lorsqu'elle se rendra compte des manigances de son homme, Jacqueline lui servira à son tour les petits plats froids de sa vengeance, qui atteindra ses propres extrêmes.

V comme canard relève donc de la comédie, sous la houlette de Magali Lemèle. Ce choix ne poserait pas tant problème si certaines scènes (celle de l'huile dans le dentifrice est probante à cet égard) ne laissaient pas sous-entendre un malaise nettement plus profond, pour ne pas dire malsain, entre Marcel et Jacqueline. Leurs motivations de reconquête reposent par ailleurs sur une prémisse mal établie : on « comprend » que le couple marié depuis quelque 40 ans s'est enlisé dans la routine, mais on ne « ressent » pas le fossé que semble vouloir combler à tout prix le malheureux retraité.

Le texte de Pierre Yves Lemieux donne à Richard Léger quelques répliques vitrioliques à se mettre sous la dent, contrairement à Dave Jenniss qui hérite d'un rôle manquant de piquant.

De leur côté, Maxine Turcotte et Anie Richer donnent toute leur saveur à leur personnage. La première, débordante d'énergie, ne craint assurément pas le ridicule, puisqu'elle passe une partie de la pièce en pyjama ou en robe de chambre. Elle fait d'ailleurs d'une scène de lendemain de... tisane un moment phare de la soirée. La seconde, en femme jalouse et névrosée, a la gestuelle et le ton comique juste à point.

Question de rythme, la première partie gagnerait à être resserrée (elle s'est étirée sur près d'une heure 20 minutes, mercredi), ce qui éviterait certains gags inutilement récurrents. Quelques éléments agacent, aussi : pour des parents, Coco et Johane donnent entre autres l'impression d'être plutôt libres comme l'air (à l'exception d'une scène, où il est fait mention d'une gardienne).

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