Chanter en famille, ça change son monde

Grande finale d'Un air de famille, en direct du studio 42 de Radio-Canada,... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Grande finale d'Un air de famille, en direct du studio 42 de Radio-Canada, jeudi soir à Montréal.

Tournée vers ses fils Doric et Dakiel enlacés, Diane Latreille fait résonner les derniers mots de La voix que j'ai, chanson d'Offenbach écrite par Gerry Boulet: «C'est tout ce que j'ai...» Avant de laisser échapper un sanglot éloquent et de serrer ses garçons dans ses bras en pleurant.

Une heure plus tard, le trio d'Hawkesbury est sacré famille «Coup de coeur» du public de la première saison de la populaire émission.

Un titre «qui nous fait chaud au coeur parce que ça veut dire que plusieurs personnes se sont identifiées à nous», soutient une Mme Latreille visiblement émue lorsque rencontrée au terme de la compétition.

Mais aussi un grand prix, qui n'avait pas été annoncé avant la finale: la chance d'enregistrer la prochaine chanson thème de la campagne publicitaire du lait - que le public pourra entendre à compter du 20 janvier prochain - assortie d'une bourse de 5000 $.

Plus précieux que des prix

Au cours de l'aventure, chacun d'eux a toutefois mis la main sur quelque chose de plus précieux encore.

La mère monoparentale et assistée sociale, qui a grandi dans la basse-ville d'Ottawa sans parents, clame avec autant de fierté que d'émotion qu'elle a «retrouvé quelque chose que j'avais perdu depuis longtemps: ma dignité».

«Je chante d'où je viens, insiste-t-elle. Je ne dis pas ça pour faire pitié ou quoi que ce soit, mais parce ça veut dire que je chante avec mon coeur, avec mes tripes, pas avec ma tête.»

«Et si ça peut donner espoir aux gens comme moi, ça sera une autre forme de récompense...» renchérit-elle.

«Chanter, ça représente une porte de sortie pour mes émotions refoulées», soutient de son côté Dakiel.

À 20 ans, le jeune homme confie, les yeux dans l'eau, qu'il a «gagné confiance» en lui et s'est «découvert une âme» qu'il ne croyait pas posséder, lorsqu'il interprète un texte.

«Je n'avais aucune confiance en moi quand je me suis présenté ici, la première fois. René (Simard, directeur artistique et metteur en scène de l'émission) m'a pris à part, à un moment donné, pour me dire que je devais sortir de ma coquille et prendre ma place. Je lui dois beaucoup. Sans lui, je n'aurais jamais été capable d'offrir de telles performances sur scène.»

Du haut de ses 14 ans, arborant sa nouvelle coupe de cheveux  et ses lunettes noires au-dessus d'un sourire éclatant, Doric, lui, ne prévoit pas changer pour autant.

«Ça ne changera rien à ma vie. Je vais rester pareil», décrète-t-il sobrement.

Et pourtant... Pourtant, les trois devront se retrouver en studio bientôt, histoire d'honorer leur grand prix.

«J'ai joué dans les bars pendant 25 ans et j'en ai bu, de la broue, raconte Diane Latreille, qui ne boit plus depuis 15 ans maintenant. Ceux qui me connaissent vont trouver ça drôle que je chante dans une pub de lait!»

Tricotés serré... sur scène

Patrice L'Écuyer a par ailleurs tenu à rappeler, au terme de leur performance vocale jeudi, que la mère était loin de viser les grands honneurs, en s'inscrivant avec ses fils. En fait, elle caressait surtout l'espoir de réussir à interpréter une chanson jusqu'au bout avec eux, sans trop se crêper le chignon.

«C'est vrai que Doric et moi, on avait plus tendance à se chicaner qu'à chanter ensemble, avant, reconnaît Dakiel. Pas que je l'aime pas, mais bon, on est des frères! Mon rêve, c'était de chanter avec ma mère. La vie a fait que j'ai aussi pu le faire avec mon petit frère. Et c'est vraiment génial! Ç'a été une expérience incroyable, qui nous a rapprochés, c'est certain.»

Il fallait d'ailleurs les entendre se chamailler dans leur loge, au terme de la soirée de jeudi, pour comprendre à quel point les Latreille sont tricotés serré. «Encore plus qu'avant», disent-ils.

«Sur une scène...» tient cependant à nuancer la mère de cinq enfants (elle a une fille et deux autres fils).

«Parce que dans la vie de tous les jours...» intervient à brûle-pourpoint Dakiel.

«... c'est une autre affaire!» conclut Diane Latreille, en reprenant le contrôle de la conversation.

Et s'ils n'en revenaient toujours pas d'avoir remporté les grands honneurs, ce n'était pas nécessairement pour les mêmes raisons.

«Je ne savais pas qu'on avait gagné aussi 5000 $», explique la chef de famille.

«C'est pas le plus important, mom! On est le 'Coup de coeur' des gens!» l'interrompt son fils de 20 ans, encore sous le choc de cette surdose d'amour reçu du public.

«Et ça me touche, c'est évident! le coupe-t-elle. Mais 5000 $, à ce temps-ci de l'année, ça fait aussi mon affaire. Ça va payer des dindes et des gâteaux pour mon monde!»

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