Margaret Michèle Cook et Louise Warren

Deux poètes en état d'observation

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Deux femmes sensibles à tout ce qui les entoure. Deux poètes en état d'observation.

L'une sur son île...

D'abord, l'Ottavienne Margaret Michèle Cook, qui explore en Contrepoint : les figures de l'île.

Sur les pages de gauche, ses impressions de poète, capable de « reconnaître » dans la suite des notes du troglodyte « son propre emménagement. Ses livres, son papier, ses stylos ».

Sur celles de droite, les compte rendus de ce qu'elle voit, entend, ressent, physiquement plongée dans cette nature. À moins que ce ne soit l'inverse ?

D'une page à l'autre, son propos, toujours fortement lyrique, se répercute, se fond, se répond, empreint d'une part de sensualité, c'est-à-dire de l'exaltation de ses cinq sens, si bien que la poète devient la femme, et vice-versa. Elle y va d'ailleurs d'une séduisante allégorie de l'inspiration, par exemple, quand elle aperçoit « Dans le ciel noir, les perséides du mois d'août. Le mot juste qui survient, passe et se dérobe ».

On peut donc assurément voir émerger, évoluer, d'un chapitre à l'autre, la volonté de Margaret Michèle Cook de relire, revisiter, redéfinir le lien entre l'humain et la nature, ainsi qu'entre science et poésie.

Car « il » survient, aussi. Et il (dès lors qu'il devient le scientifique Carl von Linné, le père de la taxinomie, dans la troisième partie du recueil) traverse de la page droite à la page gauche, cherchant « une autre façon d'étreindre », pendant qu'elle prend le chemin inverse, « transposée entre les ondulations rythmées des paroles ». Lui, dont « les motifs pragmatiques l'emportent sur les notions philosophiques », a besoin de classer. Tandis qu'elle, « vertèbre par vertèbre », s'abandonne aux « Rondeurs, angles, protubérances ». Et rappelle que si « L'homme se charge de rebâtir le monde », c'est ce dernier qui « sera le dernier à répliquer »...

... l'autre dans son atelier

Puis, Louise Warren qui, avec Apparitions - Inventaire de l'atelier, poursuit son travail de fine observatrice : des objets et éléments de la nature qui l'entourent et l'inspirent ; de leur place dans son quotidien ; de leur imaginaire intrinsèque ; mais aussi des états de flottements, de dessaisissement qui la prédisposent à la création ; et de l'espace à créer pour que le poème le comble.

Elle se balade donc. Tantôt parmi les arbres, tantôt râtelant les feuilles dans son jardin. « En plein air, comme dans les amphithéâtres grecs, avec une voix encore intérieure. En périphérie. » Tantôt entre les étapes du rituel du thé, les rayons de ses bibliothèques, voire parmi « Les veines, les lignes de la main, autant de chemins pour revenir à soi ».

Elle s'interroge aussi. Sur les signes de ponctuation et leur sens (« Beauté des deux-points qui ouvrent. Les pentures d'une porte. »). Sur la forme, le silence, le mouvement, la prégnance et la résonance des objets.

Entre essai sur l'acte d'écrire et recueil de réflexions poétiques (certaines plus hermétiques ou banales que d'autres, fulgurantes) sur le sujet, Apparitions s'inscrit indéniablement dans la foulée de son Anthologie du présent, publiée l'an dernier, et Interroger l'intensité, son essai réédité en 2009.

En contrepoint : les figures de l'île, Margaret Michèle Cook,

L'Interligne, 88 pages

Apparitions - Inventaire de l'atelier, Louise Warren,

Éditions Nota bene, 130 pages

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