Neil, plus Young que jamais

Neil Young accompagné de l'inégalable Crazy Horse: le... (LA PRESSE)

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Neil Young accompagné de l'inégalable Crazy Horse: le trio Poncho Sampedro à la guitare, Billy Talbot à la basse, et Ralph Molina à la batterie.

LA PRESSE

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Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

On l'avait laissé en 2008 sur les accords encore brûlants de son dernier concert à Ottawa, lui qui avait alors emporté la moitié de sa grange/studio pour nous faire partager sa musique (tapis, bibelots, chevalet...). Hier soir, c'est en savants fous que Neil Young a choisi de déguiser ses techniciens pour maquiller une entrée bien remarquée, même derrière le micro géant maladroitement planté en avant-scène.

Cerné par un mur de faux amplis géants entre lequel la batterie fut coincée, le Canadien a choisi de faire ses premières vocalises sur un Ô Canada bien senti. Et hop ! Tout le monde debout dès les premières notes... pas bête, l'artiste.

Les perruques et blouses blanches fin disparues, le garde-à-vous replié, c'est le Neil Young que l'on connaît, voûté sur sa guitare en bandoulière, chemise à carreaux et cheveu rebelle, qui a repris tous ses droits sur scène. Accroché à son instrument comme si sa vie en a toujours dépendu, le chanteur a brisé la glace de la Place Banque Scotia avec Love and only love. Et toujours accompagné de l'inégalable Crazy Horse : le trio Poncho Sampedro à la guitare, Billy Talbot à la basse, et Ralph Molina à la batterie, tous sexagénaires très fringants.

Leurs joutes à la guitare n'ont d'ailleurs pas tardé à faire rugir un plateau traversé de toutes parts par les distorsions électriques livrées à qui mieux mieux.

La sainte trinité de la guitare-basse (Neil, Poncho, Billy) se retrouvait régulièrement pour officier en petit comité derrière le grand micro : Powderfinger a confirmé que le service n'avait pas flanché d'une corde, et Ontario a donné l'occasion à toute la salle de communier à la santé de province dont Neil Young est originaire. Bourdonnement et levers de bières joyeux dans l'assistance.

Il fallait bien ça pour attaquer la lente déflagration sonore de Walk like a giant, crescendo chaotique dans les limbes de l'électrique assourdissant. Pour l'occasion, l'équipe technique a troqué sa blouse blanche pour un impair jaune contre le mauvais temps. Des côtés de la scène, il ventait des sachets plastiques et du papier journal... la scénographie a incontestablement été le cadet des soucis du chanteur pour cette tournée.

Après la tempête, le calme s'est posé sur les accords dénudés de l'incontournable The needle and the damage done, à laquelle le public avait déjà eu droit en 2008. Sans rien perdre de sa superbe, Neil Young a ensuite laissé sa voix erratique peaufiner au piano une complainte folk sans âge, Singer without a song. Le temps de prendre une pause de décibels, nous voilà repartis pour un Ramada Inn énergisé, suivi d'une Cinnamon girl qui a su trouver écho dans le public. Pourtant, le meilleur restait encore à venir avec Cortez The Killer et Hey hey, my my.

Toutes guitares dehors, les compositions n'ont cessé de marteler une préférence folk-rock dessalé, dont on aurait seulement conservé la substantifique moelle et les emballements lumineux.

Après deux heures et demie de concert, le verdict s'impose, limpide : À 67 ans, Neil Young n'en finit pas de surprendre son public.

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Son image de tigresse un peu androgyne du début des années 1970 n'a rien perdu de son acuité. Sur scène, elle encercle ses paroles de ses longs bras, et crache même quand ça lui chante. Son énergie et sa séduction sont toujours aussi vivaces. Avec elle, la première partie de la soirée a pris d'emblée des allures de cérémonial, autour des paroles de Banga notamment, son dernier album sorti cet été.

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