L'héroïsme de Wallenberg exposé

Martha Sebor, la soeur dut Dr. Erwin Koranyi,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Martha Sebor, la soeur dut Dr. Erwin Koranyi, ainsi que Louise Von Dardel, la nièce de Wallenberg (en mortaise), ont inauguré l'exposition, hier, au Musée de la guerre. (Photo mortaise de Thomas Veres - reproduction de Karl Gabor)

Patrick Woodbury, LeDroit

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Raoul Wallenberg fait partie des héros méconnus de la Deuxième Guerre mondiale. Ce diplomate suédois, dont on souligne le 100e anniversaire de naissance cette année, a sauvé la vie de dizaines de milliers de Juifs, en Hongrie. Parmi eux, le DrErwin Koranyi, un éminent neuropsychiatre d'Ottawa décédé en juin dernier, et sa soeur, Martha Sebor.

«C'est pour moi une grande satisfaction de pouvoir témoigner ainsi de ma reconnaissance à Raoul Wallenberg», a fait valoir la nonagénaire, présente au Musée canadien de la Guerre, lors de l'inauguration de l'exposition itinérante «Je n'ai pas d'autre choix» - Raoul Wallenberg 1912-2012.

Si plusieurs membres de leur famille n'ont pas survécu à l'Holocauste, M.Koranyi et MmeSebor ont pu fuir la Hongrie avec leurs parents grâce à M. Wallenberg.

En 1944, le Suédois est choisi pour représenter son pays sur le territoire hongrois, avec pour mission de venir en aide aux Juifs encore vivants. Arrivé à Budapest en juillet de cette année-là, il met en place un «passeport de protection» (ou schutz-pass), qui donne temporairement la citoyenneté suédoise à son détenteur.

Contrairement à Martha Sebor et son frère, toutefois, Raoul Wallenberg n'a pas survécu à la guerre. Disparu le 17janvier 1945, à l'âge de 32 ans, il serait mort dans la prison de la Loubianka, à Moscou, environ deux ans plus tard. L'authenticité de son certificat de décès ne fait toutefois pas l'unanimité.

«Personne n'arrivait à faire bouger les gouvernements afin de retrouver sa trace. Pendant longtemps, la famille a canalisé toute son énergie à le chercher, tout en se demandant comment il se faisait qu'un homme ayant sauvé autant de personnes n'avait pas lui-même été sauvé», a soulevé pour sa part la nièce de Raoul Wallenberg, Louise von Dardel.

Cet éternel sujet de conversation entre les proches du disparu a pesé lourd sur les épaules de la représentante de la deuxième génération des Wallenberg. «C'est un peu pénible d'avoir un tel personnage dans sa famille. J'ai d'ailleurs longtemps eu l'impression d'avoir à mettre mes petits pas dans les traces du Yéti», a avoué Mmevon Dardel.

Elle a cependant commencé à entrevoir une autre perspective à son héritage quand, lors de cérémonies commémoratives auxquelles elle était invitée à prendre part un peu partout sur la planète, elle a vu des hommes et des femmes que son oncle avait sauvés entourés de leurs enfants et petits-enfants. «J'ai alors compris que son histoire avait eu un effet de par le monde et de par le temps, et qu'il y avait là de quoi être fière.»

L'exposition, présentée dans le hall d'entrée du MCG jusqu'au 6 janvier, relate le parcours de Raoul Wallenberg, de sa naissance en Suède jusqu'à sa disparition, tout en plaçant ses actions dans leur contexte historique et en retraçant, en parallèle, les grandes lignes des événements survenus en Hongrie au moment où il y était.

«C'est une histoire qui donne de l'espoir et, depuis que nous avons commencé à la raconter, elle a permis de découvrir d'autres histoires semblables, d'autres diplomates partageant les mêmes valeurs humaines que mon oncle. Ça nous permet de nous rendre compte que si certains n'ont rien fait, d'autres ont fait tout ce qu'ils ont pu pour venir en aide aux Juifs», a conclu fièrement Louise von Dardel.

OÙ ? Musée canadien de la guerre

QUAND ? Jusqu'au 6 janvier

RENSEIGNEMENTS ? 819-776-7000 ou sur Internet

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