De quel bois se chauffe l'Histoire ?

Invention du chauffage central souffle - pendant trois... (Courtoisie)

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Invention du chauffage central souffle - pendant trois heures - le chaud et le froid sur l'Histoire du Québec.

Courtoisie

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Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

Première partie d'une trilogie, Invention du chauffage central en Nouvelle-France met en scène l'ambitieuse idée d'une grande fresque historique du Canada français, de l'année 1608, quand Champlain fonde Québec, jusqu'à la crise du verglas en 1998, alors que trois millions de personnes se retrouvent privées de courant au coeur de l'hiver.

« C'est la grande Histoire racontée sous l'angle du chauffage », résume simplement le metteur en scène et co-directeur du Nouveau Théâtre Expérimental (NTE), Daniel Brière.

Le froid, cette métaphore filée en mailles serrées, saynètes après saynètes, désignerait, au fond, « une identité québécoise qui semble figée », gelée au bord du gouffre de l'oubli.

Cette idée de rafraîchir les mémoires - sans toutefois les glacer - ne date pas d'hier : Daniel Brière évoque son prédécesseur au NTE, le Français Jean-Pierre Ronfard, qui avait été étonné de constater que les cégépiens rencontrés dans le cadre d'une tournée ne connaissaient pas leur histoire.

« Comment faites-vous pour savoir ce que vous voulez plus tard, si une partie de votre passé, de votre langue est oubliée ? » interroge le metteur en scène, intéressé à reconquérir - scéniquement du moins - quelques parcelles de l'histoire québécoise déterminantes dans la construction identitaire.

Pour cette leçon d'histoire théâtralisée au chevet du Canada français, les spectateurs seront conviés autour d'une cabane vitrée, lieu névralgique de toutes les époques et de toutes les météos hiémales représentées dans le spectacle : tempêtes, rafales, poudreuse et redoux.

Selon le metteur en scène, l'abri imaginé fait office de monde clos où défileront grands et petits noms qui ont forgé, en autant d'histoires, la mémoire québécoise. Mais la scénographie a aussi été pensée comme une vitrine ouverte sur les derniers siècles, « pour donner l'impression d'un musée ».

En trois heures, les faits compilés et réécrits par son complice et auteur Alexis Martin, dont les recherches se sont étalées sur plus d'une année, carbureront à plein régime et sans se soucier d'un ordre chronologique.

« Il s'agit d'aborder les périodes sérieusement, mais sans se prendre au sérieux, assure-t-il. C'est très instructif et très drôle » : situations loufoques, étonnantes, et légères insuffleront à cette leçon d'histoire à la bibliographie érudite, un élan qui devra être assez costaud pour faire passer les trois heures de représentation (après coupures de dernière minute) en agréable voyage dans le temps et les grands espaces canadiens.

Comme son titre l'indique, la compagnie du NTE a toujours cultivé un penchant pour les formes de théâtre non traditionnelles : Vie et mort du roi boiteux, de Jean-Pierre Ronfard, bouleversait déjà, en 1981, les horizons de la dramaturgie, avec ses six pièces qui cumulaient ensemble 15 généreuses heures de représentation.

« La trilogie de L'Histoire révélée du Canada français dont le dernier volet est prévu pour 2014, c'est un peu notre Vie et mort du roi boiteux à nous », confie Daniel Brière, espérant sans doute laisser son nom au fronton de la dramaturgie québécoise.

De mercredi à samedi prochain, il faudra voir au CNA de quel bois les deux inventeurs du projet se chauffent...

POUR Y ALLER

OÙ ? Centre national des arts

QUAND ? Du 14 au 17 novembre, 19 h 30

RENSEIGNEMENTS ? Billetterie du CNA, 613-947-7000, www.nac-cna.ca

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