Énergies sonores et visuelles sur les planches

« Rhofesh ? ». La reprise est polie, mais clairement posée, prononcée avec un «... (Photo courtoisie)

Agrandir

Photo courtoisie

Partager

Sur le même thème

Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

« Rhofesh ? ». La reprise est polie, mais clairement posée, prononcée avec un « r » guttural, à l'israélienne.

Bruno Karim Guilloré, danseur et directeur artistique associé de la Hofesh Shechter Company, connaît bien le chorégraphe natif d'Israël, dont il est devenu le bras droit après avoir fait sa connaissance à The Place, ce haut lieu londonien consacré à la danse contemporaine. « On s'est parlé à la fin du cours, notre collaboration paraissait naturelle », résume-t-il, sans pas de côté.

Bien trouvés, pour ainsi dire : question de génération peut-être les deux hommes ont 37 ans mais surtout d'affinités artistiques et musicales. Ils ont grandi bercés par les décibels rock, ceux de Pink Floyd entre autres ; autant de secousses qui agirent comme des poussées de croissance et d'inspiration pour les créations futures de cet ancien batteur reconverti en vedette de la danse contemporaine.

À voir (et entendre) le registre de la compagnie, son amplitude musicale, sa façon de glisser des sons les plus haut perchés au plus sombres, d'oser les registres inconfortables au risque de déséquilibrer le plateau, on se dit qu'il n'y a pas plus rock comme chorégraphies.

À ce registre, Political Mother, présenté les 9 et 10 novembre prochains au Centre national des arts, promet de belles décharges d'énergies sonores et visuelles. « Il n'y a rien de pire, pour un spectacle, que de finir dans l'oubli. Il faut donc que tout soit extrême », s'emporte le directeur associé, insistant sur chaque syllabe

comme pour mieux faire passer le message « dans une société soumise et d'acceptance, où les gens continuent leur vie sans rien dire ».

Dans le giron Shechterien, la danse devient un acte tant politique qu'esthétique : refus de ses propres limites comme de la norme, maîtrise absolue du corps, et de la force imparable du mental sur le physique. D'où un penchant assumé à la surenchère que le succès n'arrête pas, bien au contraire. Il suffit d'observer l'évolution en crescendo de leurs distributions pour s'en convaincre : la première pièce de la compagnie présentait un duo (Fragments, 2003), la deuxième,

trois filles et trois garçons (Cult, 2004), la suivante, sept danseurs (Uprising, présentée en 2009 à Ottawa)

Dans Political Mother, créée il y a deux ans, ce ne sont pas moins de sept musiciens et 12 danseurs qui feront vrombir le plateau du théâtre du CNA. « C'est tout aussi excitant que problématique de les avoir en live avec nous sur scène : ils jouent très fort, ce qui occasionne des difficultés techniques liées au son difficiles à gérer pour les danseurs », explique Bruno Guilloré, pourtant au fait des nombreuses contradictions que le chorégraphe affectionne.

Le titre Political Mother, en l'occurrence, aurait été pensé selon la dichotomie « froid, distant, manipulateur »/«chaleureux, proche et attentionné ». À l'horizon, le son est peut-être obstrué mais il n'y a pas de problème de lisibilité.

POUR Y ALLER :

OÙ ? Centre national des arts

QUAND ? Ce soir et demain

RENSEIGNEMENTS ? Billetterie du CNA, 613-947-7000, www.nac-cna.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer