«M. Net» parle de jeux vidéos aux députés

Denis Talbot, alias M. Net, était de passage... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Denis Talbot, alias M. Net, était de passage devant le Comité permanent du Patrimoine.

Étienne Ranger, LeDroit

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L'animateur de l'émission quotidienne M. Net, Denis Talbot est venu sur la colline parlementaire, jeudi après-midi, pour répondre aux questions du Comité permanent du Patrimoine canadien (Comité) sur l'avenir de l'industrie nationale du jeu vidéo.

Il se dit étonné de constater que si les députés ont une bonne idée des chiffres en jeu, ils ne semblent en revanche s'intéresser que très peu à l'aspect socioculturel et la créativité du secteur, pourtant primordiale à ses yeux.

Faisant suite à une motion adoptée en décembre dernier, le Comité a entrepris d'étudier les facteurs de réussite de cette «industrie canadienne du logiciel du divertissement» en pleine croissance, et d'évaluer par quelles mesures le gouvernement pourrait contribuer encore davantage à son succès commercial.

Le Comité, qui a entamé ses travaux sur le sujet le 23octobre dernier, se réunissait hier pour la troisième fois. Ses membres ont déjà rencontré plusieurs représentants de grosses firmes productrices de jeux vidéos, dont ceux de BioWare ULC (une branche d'Electronic Arts), Jeux Warner Brothers et Ubisoft, ainsi que le président et chef de la direction de l'Association canadienne du logiciel de divertissement (ALD), Jayson Hilchie.

M.Talbot, qui est aussi producteur de l'émission qu'il anime sur les ondes de Musique Plus depuis 1998, est venu témoigner à titre d'«expert des jeux vidéos et nouvelles technologies».

Le secteur, qui représente 1,7 milliard$ injectés dans l'économie du pays, selon les plus récents chiffres de l'ALD, «se porte très bien au Canada et au Québec depuis l'implantation des studios (de développement de logiciels) à Montréal, il y a 15 ans», estime Denis Talbot.

Il émet l'hypothèse que si Ottawa tient à être «vigilant» aujourd'hui, c'est peut-être à cause des jobs récemment perdus dans l'industrie automobile. Le jeu vidéo arrive un peu comme «la nouvelle économie», vue comme une façon de ramener de l'emploi.» À haut revenu, bien souvent.

«Je ne crois pas qu'ils (par les parlementaires) réalisent vraiment l'impact sur la société. Les gens attendaient depuis longtemps la sortie d'Assassin's Creed 3, sorti il y a deux jours, illustre-t-il, ou certaines licences AAA. Même ma mère, qui a plus de 80 ans, joue avec son iPad. Et c'est mon fils de 4 ans qui lui a montré comment fonctionnait l'appareil.»

Les investissements initiaux des jeux AAA - l'équivalent des blockbusters, au cinéma - s'élèvent souvent à plus de 50 millions$, souligne-t-il au passage. Et «la ligne est mince entre les deux industries», dit-il, car, en marge des emplois d'ingénieurs et de programmateurs, ce sont souvent les mêmes jobs»: acteurs, dessinateurs, décorateurs, réalisateurs, scénaristes,etc.

Les chiffres de l'ALD indiquent que le secteur continuera de croître à raison de 17% par an jusqu'en 2013. On est loin de «la bulle» prête à percer à tout moment, fait remarquer Denis Talbot. La démocratisation des jeux sur plate-forme mobile a même donné un nouveau souffle à l'industrie: «Il y a désormais des joueurs purs et durs occasionnels, qui, dès qu'ils ont une seconde, se retrouvent sur Facebook pour un petit jeu. Et les microtransactions ont un succès fou! Apple l'a très bien compris, et propose des petits jeux à 99 sous.»

Selon «M. Net», le secteur n'a pas grand-chose à craindre des compétiteurs étrangers, car «l'expertise et la créativité» sont là, notamment grâce à un système d'études supérieures efficace et rodé. Pourtant, vu le rythme effréné de la croissance, il y a toujours «un manque de cerveaux» et le Canada connaît peine à recruter, y compris à l'étranger.

Un autre grand défi réside à l'intérieur des frontières canadiennes.

«Dans les autres provinces, tout le monde se bat pour obtenir les mêmes crédits d'impôt que ceux [dont bénéficie] le Québec. Faut-il uniformiser tout cela? Et, si oui, comment... c'est un exercice très difficile à faire.»

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