Le parcours d'une icône

Madonna : provoquer pour durer

Partager

Maud Cucchi
Maud Cucchi
Le Droit

Depuis le début de sa carrière dans les années 1980, Madonna n'a cessé de jouer entre élégance et provocation, charme subtil et érotisme. La reine de la pop sera en concert à la Place Banque Scotia, lundi prochain. Une première pour Ottawa qui l'attend impatiemment.

«La honte!», s'insurgeait Le Monde. «Madonna, une soirée en enfer!» titrait, à son tour, Le Figaro. Libération, plus modéré que ses autres confrères de la presse française, s'est contenté d'un «Madonna s'essouffle sur le dancefloor». À 54 ans, qu'elle a célébrés le mois dernier, l'interprète de Like a Virgin n'est plus vraiment en odeur de sainteté auprès de son public, qui se demande à chacune de ses prestations, à quelle sauce il va être mangé. Sticky and Sweet? Pas toujours sweet. À vérifer lundi prochain à la Place Banque Scotia pour sa première visite à Ottawa...

Fin juillet, l'icône planétaire à l'affiche de la célèbre salle parisienne l'Olympia est montée sur scène... 50 minutes seulement, après deux heures de retard sur l'heure affichée. Une brève apparition tardive qui aura fait perdre la foi à plus d'un spectateur et redouter la qualité de sa tournée nord-américaine.

La macération dans un bain de foule d'avant concert, elle, reste fidèle au rendez-vous. Les files d'attente font même des heures sup': 72 000 personnes à Québec se sont pressées sur les Plaines d'Abraham, samedi dernier, pour applaudir leur idole apparue in extremis à 22h20. Preuve que la Madone attire toujours ses fans.

Mais certains ne croient plus au miracle, Sir Elton John en tête avec cette déclaration lapidaire sur la chaîne de télévision australienne Sunday Night: «Madonna ressemble à une strip-teaseuse de foire. Désolé, mais sa carrière est terminée. Sa tournée a été un désastre». Une dernière pique bien aiguisée pour alimenter la guerre qu'elle se livre avec Lady Gaga depuis plusieurs mois. Règlements de compte artistiques ou familiaux, Elton John a choisi la célèbre rivale pop comme marraine de son fils Zachary. Madonna se serait-elle retrouvée dépassée, doublée par de jeunes popstars ingénieuses comme la Gaga même et Lana Del Rey ? Lesquelles, paradoxalement, se sont inspirées de sa musique et de sa carrière bien remplie.

En 1984, avec l'album Like a Virgin, produit par Nile Rodgers, Madonna Louise Veronica Ciccone s'était imposée comme la reine incontestable de la pop, toujours avec un penchant affirmé pour la provocation. De Like a Prayer (1986) à Music (2000) en passant par True Blue (1989) et Ray of Light (1998), elle a ensuite enchaîné les tubes, impulsant même les tendances musicales. Résultat: plus de 300 millions de disques vendus et 220 récompenses dont sept Grammy Awards.

Depuis Confession on a Dancefloor (2005), la chanteuse peine à trouver un nouveau souffle, et sacrifiera même son âme d'artiste sur l'autel de la musique préfabriquée, selon d'aucuns critiques.

Avec MDNA, paru le 23 mars dernier, elle chercherait à reconquérir ses fans déçus par Hard Candy en renouant avec le style qui a forgé sa célébrité: la dance music. Le titre du disque porte d'ailleurs les signes d'un retour aux sources. Il évoque l'ADN (DNA en anglais), celui d'une légende dont la toute-puissance a été remise en question ces dernières années. Et fait référence au MDMA, forme d'ecstasy souvent associée à la fête.

Car, quand il s'agit de faire danser la cohue, la Madone est d'une redoutable efficacité. Il suffisait de voir son spectacle en février lors de la finale du Super Bowl, tout en décors et chorégraphies grandioses qui firent penser que la star quinquagénaire était toujours dans le coup.

Sur MDNA, elle sait s'entourer d'artistes très en vue, et n'hésite pas à faire appel au DJ français Martin Solveig ou encore à William Orbit (Ray of light) pour faire mousser sa créativité. Malgré tout, les ventes de l'album ont vite chuté aux États-Unis, passant dès la deuxième semaine de sa sortie de 359 000 à seulement 46 000.

Son joker? La provoc'

«Parlez-en en bien parlez-en en mal mais parlez-en», disait l'autre. Madonna l'a bien compris. Un sein par-ci, un string par-là, à chaque concert, la surenchère va bon train. À Istanbul, elle révélait sa poitrine. À Rome et Barcelone, son strip-tease s'achevait avec le pantalon à mi-cuisses, dévoilant un fessier avantageux. À Montréal, pour illustrer en bonne et due forme(s) sa chanson Human Nature, elle a exhibé un postérieur...militant: en bas du dos, on pouvait lire «Free Pussy Riot», une incitation à se rincer l'oeil utilement, puisque la foule était invitée à scander avec elle la libération des trois artistes russes condamnées suite à leur «prière punk». Deux ans de prison pour avoir exhorté, en public, «Marie mère de Dieu» à «chasser Poutine»...et les fesses de Madonna pour faire circuler leur cause dans le monde entier.

Ottawa aura-t-il droit à une partie encore inédite ?

On s'attend, en tous cas, à voir la célèbre vidéo dans laquelle elle mêle son visage à ceux du pape Benoît XVI, d'Hosni Moubarak ou de la présidente du Front national français Marine Le Pen.

Le spectacle, dont la première partie sera assurée par le DJ Paul Oakenfold, comme à Québec, promet d'être haut en couleur et riche en provocations.

POUR Y ALLER

Où? Place Banque Scotia

Quand? Le 10 septembre, 20h

Renseignements? 613-599-3267, www.capitaltickets.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer