Tournée Sirius XM avec Pierre Lapointe, Louis-Jean Cormier, Malajube et Galaxie

« La musique m'a sauvé » - Pierre Lapointe

Le compositeur et chanteur Pierre Lapointe....

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Le compositeur et chanteur Pierre Lapointe.

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La tournée d'été Sirius XM Canada débute mercredi au Musée canadien des civilisations, avant de visiter cinq autres villes de la province. Non, ce n'est pas le nom d'un nouveau groupe, mais celui d'un métagroupe, puisqu'il s'agit de promouvoir « le talent québécois émergent et indépendant » en réunissant quatre formations musicales ; pas les mêmes, en fonction des lieux et des dates.

Mais c'est, au sens large, le nom d'une « famille », dira sobrement Pierre Lapointe. C'est lui qui bouclera le spectacle à Gatineau, après les prestations de Louis-Jean Cormier (de Karkwa, mais sans ses acolytes), Galaxie et Malajube, qui auront 45 minutes de gloire chacun.

C'est également, par extension, le nom d'un concept et d'une noble cause : rendre la musique plus accessible. Auprès du public mélomane, tout d'abord, qui ne déboursera que 10 $ pour l'ensemble des quatre segments. Et accessible à de futures générations de musiciens en herbe. Car tous les profits du spectacle seront reversés à l'organisme Jeunes musiciens du monde, lequel développe des écoles de musique gratuites, axées sur le patrimoine, pour les jeunes en situation défavorisée.

« Moi, la musique m'a sauvé », dit sans détour Pierre Lapointe, qui se sent concerné de près par l'accès à la culture en général et par cette cause en particulier.

« Enfant et adolescent, ça m'a forgé. Ça m'a donné une façon de former mon esprit. La musique a des vertus constructives et organisationnelles. Dans un monde idéal, tout le monde devrait avoir accès à des cours de musique avancés, stimulants, avec des professeurs intéressants, et gratuitement. »

Le chanteur, qui a grandi à Gatineau, n'a jamais cru qu'il était destiné à faire de la musique dans la vie. « J'ai eu la chance d'avoir accès à ça jeune, et de pouvoir persévérer, même sans but précis. La musique est revenue me chercher par le collet. Et si je n'avais pas eu la chance d'avoir des parents qui, sans être riches, avaient dans leur valeur la volonté que j'apprenne quelque chose en dehors de l'école, je ne vivrais pas toutes les joies que j'ai aujourd'hui, grâce à ce métier-là. »

Pour lui, il est donc primordial « que le plus de jeunes possible ait accès à la musique, même s'ils ne font pas quelque chose avec ça dans leur vie ; c'est juste bon de pouvoir s'exprimer par un autre langage que celui de la parole ».

Il se réjouit donc que son travail puisse avoir « des retombées positives. Surtout pour un organisme aussi le fun que Jeunes Musiciens du Monde, qui donne gratuitement des cours de musique à des enfants qui viennent de milieux où ils n'y auraient pas eu accès, autrement ». Ce n'est d'ailleurs pas sa première collaboration avec l'organisme. « J'ai participé à un de leurs tout premiers événements-bénéfice annuels, au Musée des Beaux-Arts de Québec. Je les côtoie depuis longtemps et ça me fait très plaisir. »

Restons dans la joie : l'autre source de motivation à se greffer à la gang de Sirius XM, c'est « le plaisir d'être avec tout le monde », souligne Pierre Lapointe, qui vient accompagné de ses musiciens, pour offrir un habillage plus rock, et non pas dans le contexte de Seul au piano, son actuelle tournée.

Il sait qu'il débarque « dans un contexte très rock. Ce n'est pas un mariage qui se serait fait naturellement avec Seul au piano. Mais cet été, j'ai monté avec mes musiciens une version plus rock, plus festival, plus proche de ce qu'on avait fait sur [la précédente tournée] Sentiments humains. Quand les organisateurs de la tournée Sirius XM ont entendu ça, ils se sont dit que ce serait bien d'avoir Pierre Lapointe. Je ne suis pas l'artiste qui va attirer les buveux de bière, je suis naturellement moins rock que ces artistes-là ; reste qu'on a de grandes parentés familiales ».

Mais « pour moi, c'était presque impossible à refuser » reconnaît Pierre Lapointe, avant d'en énumérer les raisons.

« J'ai souvent joué avec les musiciens de Malajube... et Julien Mineau [leur chanteur] est déjà venu chanter sur certains de mes shows ; la gang de Malajube, Karkwa et moi, on a tous commencé en même temps, on se croise partout depuis plus de 10 ans. C'est un mariage naturel ; on partage aussi un technicien de son, qui m'accompagne en tournée depuis quatre ans, qui a été sonorisateur officiel de Malajube et a travaillé beaucoup avec Karkwa ; Louis-Jean [Cormier], je ne compte plus nos collaborations, François Lafontaine aussi. Mes musiciens les connaissent tous. Bref, on est une petite famille. »

Au point que les artistes envahiront le segment des autres membres de la famille, mercredi ? « Le seul truc un peu agaçant avec ces shows-là, c'est qu'on arrive hyperpressés après la journée de route, pis on s'installe vite et pas à la même heure... Ce serait très facile et très possible, [à condition d'arriver à] coordonner tout le monde, le temps d'une répétition. Je ne peux rien promettre, mais l'idée va probablement être évoquée », avançait joyeusement Pierre Lapointe, rejoint au téléphone trois semaines avant le spectacle.

Sa participation à la tournée n'est absolument pas un retour d'ascenseur lié au fait que la radio satellite XM lui a remis en 2008 une bourse de 40 000 $ pour qu'il développe sa carrière en Europe, se défend l'artiste.

Quarante-cinq minutes

Mais... 45 minutes, n'est-ce pas un peu court pour instaurer une de ces ambiances faussement solennelles dont Pierre Lapointe a le secret ?

Aucune frustration à ce chapitre. « Je dois avoir fait 2000 spectacles et je suis à l'aise avec tous les formats. Tout est une expérience intéressante. Les contraintes deviennent des défis ou des raisons d'essayer de nouvelles formules », répond l'artiste.

« Quand on me donne 45 minutes, à la limite, je trouve cela avantageux car je peux ne faire que des morceaux qui bûchent. Pour les gens, c'est souvent très spectaculaire : ils n'ont même pas le temps de réfléchir, que le spectacle est déjà fini et qu'ils en ont pris plein la gueule. Ça, ça me plaît. J'aime beaucoup la culture pop et l'esprit pub, parce qu'ils ne laissent pas le temps de réfléchir : on a voyagé un peu ailleurs, on a été emmené ailleurs, on trouve ça drôle, on a été distrait, puis, pop ! C'est fini. »

Jouer 45 minutes, ça le renvoie « aux tournées en Europe dans les gros festivals. Le temps est restreint, ça bouge et ça fait des soirées très dynamiques pour ceux qui sont sur scène comme pour ceux qui regardent le spectacle ou écoutent la musique. »

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