Le festival de la Curd s'ouvre d'ailleurs sur une note d'humour, ce soir, avec les prestations de Rachid Badouri et de Julien Tremblay. Les festivités se prolongent jusqu'à dimanche en musique et en animations.
Le spectacle que Les Cowgirls proposent vendredi à « la Curd », en première partie de Marie-Chantal Toupin, « sera un one-shot deal, signale Cécile Doo-Kingué, la réputée guitariste d'origine américano-camerounaise désormais basée à Montréal. Ça fait des années qu'on joue ensemble sur les projets (albums) des unes et des autres, et qu'on se retrouve sur scène ensemble pour des événements comme La Nuit sur l'étang, mais ce sera la première fois qu'on partage une soirée avec nos trois projets. Vendredi, ce sera une version bâtarde de notre répertoire à toutes les trois », explique en riant la blueswoman. « Quand on est les trois ensemble, on est capables du pire : les parents auront peut-être des choses à expliquer aux enfants ! » Les voilà prévenus.
Cocktail explosif
Un concept à saveur country ? Pas tout à fait. Les trois auteures-compositeures-interprètes mélangeront le folk, blues, l'afro-soul et le jazz dans un cocktail explosif. « Ça va être très unique, dans les orchestrations. Cindy et Tricia ont un son très différent l'une de l'autre ; je suis un peu le pont entre les deux styles. » Un batteur accompagnera leur trio, précise du même souffle celle qui, sur disque, joue de presque tous les instruments, y compris la batterie. Mme Doo-Kingué préfère garder un maximum de surprises sur le contenu de la prestation. Si ce n'est qu'« on présentera toutes des nouveaux morceaux ». Elles puiseront dans le récent disque de Tricia Foster, paru en mai, dans les nouvelles compositions francophones de Mme Doo-Kingué, et dans l'ensemble de l'oeuvre, passée et à venir, de Cindy Doire.
Bien qu'elle ait déjà fait un morceau country, l'instrumental Alabama, Arkansas, Here We Are !, Cécile Doo-Kingué convient que, des trois artistes, la seule qui puisse vraiment mériter le titre de cowgirl, c'est Mme Doire. Cette dernière a d'ailleurs déjà participé à l'émission Pour l'amour du country.
Mais le mot « country » a le dos large, musicalement. « Tout dépend des références qu'on a. C'est sûr que la musique qui vient du Sud [a des liens]. Si c'est un blues qui puise un peu plus dans le delta [du Mississippi], c'est du country-blues. Ces deux genres sont des soeurs qui ont été séparées à la naissance par les lois raciales des States. Si tu étais d'un côté des rails, tu faisais du blues ; de l'autre bord des rails, tu faisais de la country... » suggère Cécile Doo-Kingué, en s'excusant de l'image « simpliste » qu'elle vient de dépeindre.
La blueswoman s'amuse-t-elle a défier les rails posés sur la prairie ? « Aujourd'hui, heureusement, il n'y a plus beaucoup de trains qui passent sur ces rails-là. De la musique, c'est de la musique : que tu la comptes en deux ou en trois, que tu applaudisses sur le premier ou le deuxième temps... si ça vient te chercher... who cares ? » lâche-t-elle de sa voix grave.
L'artiste de 37 ans a sorti il y a quelques mois un maxi de 4 pistes, Bien comme ça. « L'album au complet sortira au début du mois d'octobre. Je suis en train de finir le mixage. Tricia sera dessus, mais « pas Cindy, qui était malheureusement en tournée, indisponible. Il y a aussi de belles collaborations d'Anick Granger (du duo Polly-Esther) et Kim Richardson, qui est une superbe chanteuse soul ».
Dans le futur proche, elle s'apprête à tourner beaucoup en Ontario. On devrait aussi la voir au Festival Outaouais Émergent, au côté de Tricia Foster, sa complice de scène et de vie.