Au tour de la Chine de s'éclater aux Grand feux du Casino, demain

Roméo et Juliette dans l'Empire du Milieu

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Le dernier participant des cinq spectacles pyrotechniques aux Grands  Feux du... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Étienne Ranger, LeDroit

Maud Cucchi

Maud Cucchi
Le Droit

Le dernier participant des cinq spectacles pyrotechniques aux Grands Feux du Casino du Lac-Leamy ne s'est pas encore bien remis du décalage horaire. Il piquerait bien un petit roupillon en attendant que son traducteur ait fini d'enrober en anglais ses deux ou trois mots de chinois.

« Son spectacle raconte une vieille histoire d'amour légendaire, très vieille, entre un garçon, Liang, et une fille, Zhu. Ils s'aiment d'un élan très passionnel, mais ne peuvent pas rester ensemble », s'esclaffe sous son grand chapeau le traducteur venu de Vancouver, Benson Cheung. À ses côtés, la tête pensante de la prestation pyrotechnique baptisée Story of Butterfly Lovers, Zhong Zimin, prête une oreille discrète à la scène. Sa manière d'acquiescer poliment.

Roméo et Juliette en Chine, sur une trame sonore traditionnelle ? La réponse fuse dans un éclat de rire, premier tir réussi de la firme pyrotechnique Dancing Fireworks.

Il faut se méfier du feu qui dort... l'entreprise chinoise établie à Luoyang, dans la province du Henan, à l'est du pays, compte parmi les dix plus grands fabricants de feux d'artifice au monde.

Gérée par quatre frères, elle emploie 16 000 ouvriers - « qui coûtent de plus en plus cher », nous assure son pdg - et enchaîne des centaines de spectacles chaque année. Dans l'Empire du Milieu, rien n'est trop beau pour voir le ciel briller de mille étincelles.

Sa venue à Ottawa - une première dans les annales de la compétition - est suivie de près par les spécialistes. La participation de Dancing Fireworks a mobilisé plus de personnel que les autres firmes invitées depuis le début de cette 17e édition et produit elle-même une grande partie de son matériel.

« 100 % made in China ? » Pas tout à fait, puisque certaines pièces doivent être importées de l'étranger, mais 80 % de tout ça est fabriqué en Chine, nous assure M. Cheung.

« À huit artificiers, c'est notre plus importante délégation », confirme le directeur technique de Royal Pyro, Patrice Guy, qui a failli ne jamais la voir atterrir à l'aéroport d'Ottawa. Le jour de son arrivée, un épais brouillard doublé d'un manque de kérosène a dévié l'avion à l'aéroport Trudeau.

« Ils pensaient arriver à Ottawa, ils se sont réveillés à Montréal ! » Du jamais vu dans l'histoire des Grands Feux. C'était samedi dernier. Ciel gris et temps de pluie toute la journée quand le soir une accalmie a fait place à l'équipe américaine. Patrice Guy n'a pas besoin de toucher du bois quand il annonce fièrement que « tout s'est bien déroulé depuis le début ».

Bien accroché à la berge, son chapelet « directement venu de Rome et béni par le pape » veille à ce que tout se passe bien.

Une connexion privilégiée avec les dieux de la météo qui, en quarante ans, n'a jamais été démentie.

POUR Y ALLER

OÙ ? Lac Leamy

QUAND ? Demain, à 21 h 30

RENSEIGNEMENTS ? 819 -771-3389 et www.feux.qc.ca

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