Les quatre membres de cette famille gaspésienne ont aligné 90 disques à saveur western et vendu presque deux millions d'albums dans les dernières décennies. Tout ça, sans le soutien souvent précieux des radios FM, parce que le country se déguste à vif... et sous la pluie.
Mais hier soir, pour le 20e anniversaire du Festival country du Grand Gatineau (FCGG), la famille Daraîche a prêché à des convaincus. Et ils ont été nombreux à boire les bonnes paroles de cette « institution » du country francophone québécois.
Sous le grand chapiteau à l'ombre de l'aréna Guertin dans le secteur Hull, des centaines de personnes cordées sur des chaises pliantes. Les plus vigoureux debout, à l'arrière, pendant que les amateurs de « set carré » pointent du pied. Tout ce beau monde chante « des chansons qui ont bercé votre enfance », promet au micro Dani Daraîche.
Car le western, c'est avant tout de la musique « vraie, qui raconte des histoires vécues ».
« C'est une musique relaxante qui parle de vérités », avance Mario Leclair, un festivalier venu de Notre-Dame-du-Laus avec son fils et sa conjointe.
Sylvie Carrière, Serge Sarazin, Marven James, John Star puis Marie & Carole-Anne King ont tour à tour réchauffé les planches avant l'arrivée en scène des icônes du genre, Dani, Julie et Paul Daraîche.
Dans le parterre dominé par les têtes grisonnantes, le fils M. Leclair, Mathieu, 22 ans, est un digne représentant de la relève. Et il assure ne pas être le seul de sa génération à avoir un faible pour le western. De plus en plus, ce style musical s'impose comme trame sonore des Fêtes entre amis.
« C'est une musique entraînante », affirme, souriant, le jeune gaillard.
Le FCGG attire certes un public fidèle, mais un peu trop docile au goût d'un autre visiteur, Dominic Morin. Le Beauceron de 26 ans, sirotant sa bière un peu à l'écart, regarde d'un air dubitatif les rangées de chaises pliantes. « Quand la famille Daraîche vient par chez nous, le monde n'est pas assis », se surprend-il, avant de se défendre, « je n'écoute pas juste du country. J'aime aussi Métallica, ou The Offspring. »
« J'ai été élevé là-dedans. C'est une tradition familiale. »
À quelques jours du grand tintamarre acadien, le festival rend aujourd'hui hommage aux locuteurs chiacs. Louis Bérubé et Réal Leblanc mettront la table pour L'orchestre Hareng Salé.
Dimanche, la relève de la région bénéficiera d'une rare tribune. Pas moins de cinq artistes de 17 ans et moins monteront sur scène, notamment.