The Who s'arrête à Ottawa

Rejoints par six musiciens, les deux Who restants,... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Rejoints par six musiciens, les deux Who restants, Roger Daltrey (photo) et Pete Townshend, interpréteront les titres du légendaire opéra rock Quadrophenia.

Photo: André Pichette, La Presse

Maud Cucchi

Maud Cucchi
Le Droit

« J'espère mourir avant d'être vieux », proclamait le chanteur des Who, Roger Daltrey, dans My Generation en 1965, un an après la formation du groupe. Plus de quatre décennies plus tard, les deux Who restants, Daltrey et le guitariste Pete Townshend s'apprêtent à partir en tournée dès l'automne prochain en Amérique du Nord, ont-ils annoncé hier après-midi, lors d'une conférence de presse diffusée en direct sur Internet.

Trente-six dates ont été annoncées pour cette tournée. Ils seront de passage à Ottawa à la Place Banque Scotia le 21 novembre prochain, le lendemain de leur prestation au Centre Bell de Montréal. C'est la deuxième fois que Pete Townshend se produira dans la région cette année, après voir été l'invité surprise au Gala du 20e anniversaire des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en mai dernier.

« Nous nous motivons l'un l'autre et les gens qui nous entourent sont excellents, a-t-il souligné. Les deux autres (le batteur Keith Moon et le bassiste John Entwistle) nous manquent énormément, mais je dois avouer que depuis le décès de John, je me sens davantage libre d'explorer et de trouver de nouvelles choses. »

Rejoints par six musiciens dont fera partie Simon Townshend, guitariste comme son frère, les Who interpréteront les titres du légendaire Quadrophenia, l'ultime opéra rock de Pete Townshend paru en 1973. « À cette époque, le groupe était au sommet de sa forme. Nous jouions les meilleures interprétations qu'a connues la formation », a fait valoir Roger Daltrey en entrevue.

Auteur-compositeur de la plus grande partie du répertoire des Who, Townshend a rapidement revendiqué son désir de dépasser le format pop. Après le triomphe de Tommy, son premier opéra rock créé en 1969, et l'échec de d'une seconde tentative à ambition lyrique - le projet mort-né du mystique Lifehouse, le guitariste a insufflé une profondeur psychologique et narrative à Quadrophenia, que beaucoup considèrent comme le dernier enregistrement majeur des Who.

« C'est l'album qui se tient le mieux. J'en suis fier », a confirmé Peter Townshend à la question de savoir si le disque était véritablement le chef-d'oeuvre de sa carrière.

L'intrigue met en scène le récit d'une quête existentielle, celle de Jimmy the mod, personnage déchiré entre ses désirs paradoxaux d'hédonisme, d'exigence morale, de révolte et d'amour éperdu.

« Il n'a pas résolu le problème de grandir », résume-t-il pour décrire la soif d'absolu de cet adolescent londonien, laquelle finira par se dissoudre dans la réalité d'un monde adulte qu'il finit par rejoindre inexorablement.

« Ce sentiment de se battre pour trouver sa place, quand tout le monde autour de soi semble avoir tracé son chemin. Je pense qu'une telle expérience trouve toujours un écho actuel auprès des jeunes », a argumenté Pete Townshend en illustrant son propos par une référence aux médias sociaux, lesquels, selon lui, « ne sont pas un endroit où l'on peut être complètement authentique à soi-même ».

Avant d'entamer leur série de concerts dès le mois de novembre en Amérique du Nord - « l'endroit le plus facile au monde pour une tournée, et où le public demeure extraordinaire » -, les stars légendaires du rock anglais se préparent à monter sur scène, chez eux, pour défendre les couleurs intemporelles de leur musique à la cérémonie des Jeux Olympiques de Londres.

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