Snoop Dogg et Lauryn Hill en spectacle, hier

Le Bluesfest sort ses crocs

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Snoop Dogg, hier soir au Bluesfest.... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Snoop Dogg, hier soir au Bluesfest.

Etienne Ranger, LeDroit

Maud Cucchi

Maud Cucchi
Le Droit

Sur scène, une musique solennelle pour accueillir le « King of the West Coast ». Dans le public, des volutes de fumées parfumées et une allée de minis écrans lumineux tendus vers le lieu du crime. Hier soir, Snoop Dogg avaient les crocs sur la scène principale du Bluesfest. L'heure de concert qu'il a donnée (décalée par la prestation retardée de Lauryn Hill en début de soirée) fut royale pour les amateurs de hip-hop cool et branché, ravis de voir sur les rives de la rivière des Outaouais ce symbole du rap de la côte ouest américaine.

Danseuses sexy, chaînes en or style gangster et nonchalance imperturbable : le rappeur a donné un aperçu séduisant de son univers californien, interprétant un florilège de son répertoire, en revisitant notamment son premier album, le classique de 1993, Doggystyle, écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires.

La légende fait rarement dans la finesse, et ne laisse jamais indifférent avec son étalage de « mother fucker », et d'allusions pas toujours fines aux stupéfiants. N'hésitant d'ailleurs pas à montrer la marche à suivre en allumant un joint entre deux titres.

Il fallait pourtant voir s'écarquiller les milliers de paires d'yeux, masculines surtout, pour distinguer à travers la fumée les deux danseuses se déhancher langoureusement sur plus d'un titre. S'il y avait les corps, lascifs, dégingandés, il ne faudrait surtout pas oublier la tête, car celle du Snoop est énorme. Avec 40 millions d'albums vendus, tout s'explique... le nom gravé en lettres capitales scintillantes sur le micro, son nom scandé dans le public à qui mieux mieux. La star flegmatique est restée concentrée sur son sujet, variant les cadences avec la dextérité, l'abandon et la gouaille d'un affranchi de la rime.

Quant à Miss Lauryn Hill, très attendue en première partie de soirée, elle a brillé par un retard de quarante minutes, avant d'apparaître sur scène, survoltée, pour interpréter une version plus agressive et fiévreuse de Killing Me Softly.

« How are you ? Great to see you ! We re gonna go back a little bit... », (Comment allez-vous ? Sympa de vous voir ! On va remonter un peu dans le temps...) a-t-elle lancé à la foule, le micro dans une main, l'autre posée sur sa mini jupe chahutée par les bourrasques de vent.

Malgré les quelques réglages techniques à peaufiner et qui ont semblé la déranger sur scène, malgré les gestes adressés avec autorité ici et là à ses musiciens et techniciens, la diva a tenté de faire oublier son retard grâce à un pep peu ordinaire.

Les quelques fans qui attendaient impatiemment Snoop Dogg lui pardonneront peut-être, même si l'on aurait bien aimé entendre l'ex-chanteuse des Fugees rapper plus longtemps. Une transition du genre fort à propos avant de laisser le micro à Snoop Dogg, à l'autre bout du champ.

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