L'aura discrète de Norah

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Direction le synthé. Quand Norah Jones a surgi sur scène accompagnée de  ses... (Martin Roy, LeDroit)

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Martin Roy, LeDroit

Maud Cucchi

Maud Cucchi
Le Droit

Direction le synthé. Quand Norah Jones a surgi sur scène accompagnée de ses quatre musiciens, à peine a-t-elle esquissé un timide « Hello » à la foule avant de se cacher derrière les premiers accords de Good Morning, le premier titre de son dernier album Little Broken Hearts, sorti en avril dernier.

Même voix envoûtante, douce et chaleureuse, même exécution instrumentale irréprochable.

Mais voilà, hier soir, face aux « thank you » lancés de manière métronomique entre chaque titre et immanquablement accompagnés d'un sourire mécanique vite dissipé, face à son absence totale d'entrain sur scène, à ce « so nice to be here » qui semblait dire tout le contraire, sa prestation - aussi remarquable fût-elle - a laissé un goût amer à l'ouïe.

On aura beau excuser sa moue boudeuse sous sa crinière brune en alléguant le thème sous-jacent de son dernier album - une rupture amoureuse -, il n'en demeure pas moins que la chanteuse a débuté le concert sans conviction (et c'est un euphémisme), passant d'un titre à l'autre de façon plutôt expéditive : de It's Gonna Be au sensuel Take it back, de la bluette folk clavier-guitares She's 22 à Black (de Danger Mouse, son réalisateur), de la très belle reprise de It Must Have Been The Roses de Grateful Dead, au country-pop-rock Out on the road, en passant par l'indémodable Don't know why interprété seule au piano. Un must très attendu et chaleureusement applaudi.

Malgré tout, impossible de se lasser du joli timbre de voix si particulier de la jeune femme, teinté de folk, et délicatement soyeux.

En fin d'après-midi et toujours sous un soleil de plomb, l'enthousiasme contagieux du groupe Sierra Leone's Refugee Allstars s'est propagé comme une traînée de zouk en bord de rivière, faisant danser les nombreux spectateurs venus l'applaudir sur la petite scène de la River Stage. Une occasion précieuse d'apprécier un volet « musique du monde », plutôt rare dans cette programmation cru 2012.

Un peu plus tard, ce fut au tour de The Light Bright Social Hour de déployer, longues chevelures au vent, tous ses atouts rock sur la scène principale, devant un parterre clairsemé et peu démonstratif.

À la tombée de la nuit et avant d'accueillir Norah Jones, il suffisait de tourner sa chaise pour contempler Seal jouer de son charme - au risque de paraître flagorneur (« you look so beautiful ! », a-t-il laissé échapper entre les rayons du soleil couchant), prenant la pause, honorant de sourires les photographes à ses pieds, serrant quelques mains tendues au passage.

Enfin, impossible de ne pas mentionner la fièvre électrisante qui s'est emparée de la scène Electro depuis le début du festival.

C'est peut-être là, aux encoignures du Musée de la Guerre, que vibre le plus fébrilement le coeur du Bluesfest, à chaque fois que l'on y passe.

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