On était loin des 15 000 personnes espérées par les organisateurs, qui avaient réservé Jean Leloup pour la fin, en cette quatrième et dernière soirée de festivités.
Perreault l'auteur-compositeur-slammeur s'est « dépêché de dégager » de la scène pour faire place à Malajube. Le ciel, lui, toujours maussade, ne l'a pas suivi. La foule, par contre, n'a pas démenti le président Perreault. À l'heure où les quatre jeunes chantres du rock indé québécois ont entonné Montréal -40, elle était compacte. Chaleureuse. Dansante. Exactement comme l'avait qualifiée plus tôt Jean-Paul Perreault. « J'ai confiance. C'est une foule qui vient pour vibrer, et peu importent les caprices de dame Nature », venait-il de partager au journaliste du Droit.
Alors, on continuait de se mouiller les t-shirts et les imperméables, hier, entre les arbres du parc des Cèdres. Mais sans s'en formaliser. En « vibrant » sous les riffs planants agressifs et les mélodies ciselées de Malajube. Elle n'était pas très bavarde, la bande de Sorel. Mais concentrée. Intense. Bouillonnante. Et en bras de chemise, ce qui contrastait avec les manteaux. Les deux Mineau, Julien et Francis, respectivement au micro/guitare et à la batterie, bien épaulés de Mathieu Cournoyer (basse) et Thomas Augustin (claviers), ont enchaîné dans une énergie à fleur de peau les Pâte Filo, Synesthésie, Étienne D'Août, Le Crabe et autres Caverne qui ont fait leur réputation sur les ondes de la planète rock.
Plutôt jeune, la foule a embarqué sans demander son reste dans ce périple sonore proche de la transe qui aura duré une heure, ponctué d'à peine deux ou trois parenthèses, le temps de respirer ou de dire : « Merci Aylmer ! »
Rendu à la fin de ce voyage, qui s'est clos sur La Valérie, puis Cristobald, on a fait un triple constat : il y avait près de 1000 personnes, la pluie avait pratiquement fichu le camp, et Jean-Paul Perreault retrouvé son grand sourire habituel, qu'il ne perd que quand il entend un anglicisme, mais qu'il a tout de même conservé quand le chanteur a joyeusement crié : « Hey ! Checkez l'arc-en-ciel : c'est mongol ! » Se retournant, la foule a pu effectivement observer un gigantesque arc irisé traverser le site de part en part.
Du grand Leloup
Quand maître Leloup, par la joie alléchée, est venu se percher sur la scène, il était attendu de pied ferme.
Surtout par cette jeune groupie, affichant non pas un drapeau fleurdelisé - on n'en a dénombré que quatre, hier ; il fallait observer les gens de plus près pour découvrir les fleurs bleues que certains avaient fait éclore, ici sur une joue, là sur un chandail ou un casque à bière -, mais cet écriteau : « On est bipolaire et on aime Jean Leloup » brandi à l'attention de l'artiste aux multiples personnalités, alias Roi Ponpon, l'un parmi la longue liste de ses nombreux avatars.
Plus de détails dans l'édition du 26 juin ou sur ledroitsurmonordi.ca