Le Montréalais Dick Walsh rend hommage à 60 ans de cabaret

Mettre en scène l'ADN du Crazy Horse

Le metteur en scène montréalais Dick Walsh avait « comme tout le monde » ... (Courtoisie)

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Courtoisie

Valérie Lessard
Le Droit

Le metteur en scène montréalais Dick Walsh avait « comme tout le monde » entendu parler du mythique Crazy Horse. « Mais je n'y étais jamais allé », confie-t-il dans un sourire.

C'était avant que la directrice générale du cabaret, Andrée Deissenberg, l'approche, il y a un peu plus d'un an, avec l'idée de « revamper » le concept d'un spectacle de tournée, le tout premier de la maison. Depuis, Dick Walsh a passé des heures au cabaret parisien, pour en saisir l'essence, sélectionner la douzaine de numéros de Forever Crazy, et ainsi rendre hommage aux 60 ans de l'établissement et à son fondateur, Alain Bernardin.

Et, du même coup, pour célébrer aussi la féminité.

« Car on n'utilise pas la femme, qui est de toute façon plus forte et plus libre aujourd'hui. Je tenais à montrer ce côté-là, insiste Dick Walsh. Pour moi, il s'agit d'un show pour les femmes adoré par les hommes. »

Pour rééditer le spectacle déjà existant, le metteur en scène (qui a orchestré le mariage de Céline Dion et René Angélil aussi bien que les bals du Musée d'art contemporain de Montréal, entre autres) a littéralement épluché les archives de la maison pendant près de quatre mois. Photos, détails des chorégraphies, captations vidéo, articles de journaux, etc. : le créateur a tenu à se documenter, histoire de voir si les essentielles passion et vision pour créer un tel spectacle seraient au rendez-vous, de son côté.

À force d'arpenter les coulisses et la scène du Crazy Horse, d'échanger avec les filles, d'observer ces corps habillés par les éclairages, Dick Walsh a lentement mais sûrement vu s'imbriquer les scènes « d'un film muet ».

Des 25 numéros « choisis d'instinct » parmi des dizaines, il a ensuite réduit ce nombre à 16, puis à 12. Ensuite, il a loué une tente en périphérie de Paris, l'an dernier, où l'équipe de tournée de 10 filles a pratiqué tous les jours pendant six semaines, notamment pour revoir avec les anciennes chorégraphes les numéros qui n'avaient pas été refaits depuis 20 ans.

« Ces 12 numéros représentent l'ADN du Crazy Horse, soutient fièrement le Montréalais. J'y ai ajouté une touche plus légère par moments, ou plus actuelle dans le tempo de certains numéros et des entrées en scène différentes, mais le style, l'esprit Crazy demeure ! »

Cambrures, franges, etc.

Et cet esprit passe par mille et un détails, de la cambrure des danseuses à la frange de leurs cheveux, des éclairages qui servent de costumes à une précision de mouvement sur scène chorégraphié au centimètre près, justement pour que chaque fille reste habillée de lumières.

« Ce sont toutes des professionnelles et plus j'apprends à les connaître, plus je peux travailler dans le détail avec elles, en fonction des numéros », explique Dick Walsh.

Et plus il veille au grain. Sur elles et pour elles.

Ainsi, dans les minutes précédant la présentation officielle des 10 Crazy Girls de Forever Crazy à la presse, mardi dernier à Montréal, le metteur en scène convient d'abord avec l'attachée de presse du temps alloué pour la prise de photos et pour les entrevues. Par la suite, il rejoint les filles dans les coulisses du Théâtre du Nouveau Monde, afin de leur donner ses dernières consignes et leur mentionner les changements apportés à la configuration de la salle où elles vont bientôt faire face aux caméras et aux journalistes.

Moulées les unes dans des robes noires au décolleté dorsal plongeant, les autres dans des jeans et t-shirts noirs des plus seyants, Daisy Blu, Dekka Dance, Gloria di Parma, Lila Magnetic, Loa Vahina, Lou Lou de Paris, Mine Velours, Shiny Shadow, Taïna de Bermudes et Yafa Yemalla écoutent attentivement le Montréalais.

Une scène qui se déroule sous le regard tout aussi attentif de la directrice de tournée, Iota Theoreme. Cette dernière, elle-même ancienne danseuse au sein de la troupe, encadre les 10 filles dans leurs moindres déplacements.

« Je suis là pour elles, pour leur donner des conseils et faire en sorte qu'elles véhiculent le style Crazy, sur scène et hors scène », fait valoir celle qui a déjà représenté le cabaret sur les planches à Paris, Singapour, Lisbonne et Las Vegas.

« Je suis un peu leur maman, puisque nous sommes toutes loin de la maison. »

Iota Theoreme convient que son propre parcours au sein du Crazy Horse lui permet aujourd'hui de mieux comprendre les danseuses, et leurs « petits bobos émotionnels ou physiques ».

Critères de sélection

Possédant toutes une formation en danse classique, les Crazy Girls sont sélectionnées selon des critères rigoureux.

Si elles doivent toutes mesurer entre 1,66 m et 1,72 m, posséder une « belle cambrure, puisque c'est l'une des marques du Crazy Horse » et accepter de se faire couper une frange à leur entrée au cabaret, les filles doivent aussi avoir du charisme, précise la directrice de tournée.

« On cherche des danseuses qui sont presque actrices, étant donné qu'il y a plusieurs solos dans le spectacle. Il faut donc qu'elles aient un petit truc en plus, comme un regard qui pétille », mentionne Iota Theoreme.

Les particularités physiques, origines (les filles viennent de partout) ou traits de caractère de chacune deviennent d'ailleurs des éléments intrinsèques au nom de scène qui leur est attribué à l'embauche.

Pourquoi Iota Theoreme, dans son cas ? « J'avais fait un peu d'études (en osthéopathie) avant d'entrer au Crazy Horse alors la show manager de l'époque a voulu quelque chose qui fasse un peu intellectuel », raconte celle qui, dans l'univers Crazy, porte donc une lettre grecque comme prénom.

POUR Y ALLER :

OÙ ? Casino du Lac-Leamy

QUAND ? Les 29 et 30 juin

et les 2, 3 et 4 juillet, 20h

RENSEIGNEMENTS ?

1-877-977-7970,

www.ticketmaster.ca

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