Mohombi s'excuse dans une lettre mais il en rajoute sur Twitter

« La musique est une langue libre »

Lors de son spectacle de samedi dernier, dans... (MARTIN ROY, Archives LeDroit)

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Lors de son spectacle de samedi dernier, dans le cadre du Festival Franco-ontarien, le chanteur Mohombi avait promis aux organisateurs d'offrir un spectacle à 80% francophone, promesse qu'il n'a pas tenue. Hier, il s'est excusé auprès des organisateurs et des festivaliers.

MARTIN ROY, Archives LeDroit

Maud Cucchi

Maud Cucchi
Le Droit

«Je chante pour remplir le coeur de mes fans et non des quotas institutionnels, ma musique s'adresse a tout le monde», a gazouillé le chanteur Mohombi sur sa page Twitter, hier après-midi, moins d'une heure après que son agent ait émis publiquement une lettre d'excuses, adressée aux organisateurs du Festival franco-ontarien (FFO) et à la communauté franco-ontarienne.

À la suite des vives réactions qui ont dénoncé la prestation musicale de Mohombi presque exclusivement en anglais au festival, samedi soir dernier, l'agent de l'artiste, David Rosenberg, s'est expliqué dans un communiqué de presse transmis par la direction des communications du FFO.

«Il faudrait qu'on arrête de parler de tout ça, c'est un petit souci. On comprend le désarroi, mais plus on en parle, plus on alimente le problème. On est venus ici pour faire un bon concert. Il y a eu un malentendu, on n'a voulu embêté personne», a répliqué David Rosenberg, joint par LeDroit mardi après-midi, alors que l'équipe artistique et son chanteur se rendaient à Québec en prévision d'un concert donné à l'Impérial demain soir.

«Il y a eu un souci au niveau contractuel; le contrat que j'ai signé avec le promoteur ne mentionnait pas 80 % [de morceaux francophones]. De toute façon, on ne peut pas traduire des chansons qui n'existaient pas en français!» s'est défendu l'agent du chanteur en pointant la liberté d'expression de son client.

Mohombi lui-même avoue être dépassé par l'ampleur de cette méprise portant sur le choix de son répertoire, lors de la soirée de clôture du Festival. Il tient néanmoins à défendre les commentaires - qu'il rédige lui-même, précise-t-il - sur sa page Twitter.

«Les quotas existent partout dans le monde. La musique est une langue libre, capable de joindre toute la planète. Ma vision était qu'ils voulaient étendre le public du festival; je suis fier d'être un artiste aussi francophone, mais avant tout international», a-t-il confié au sujet de son gazouillis, avouant n'avoir pris la mesure du malaise qu'après coup.

«La dualité linguistique de votre culture est une chose que nous découvrons véritablement, que tardivement», peut-on d'ailleurs lire dans sa lettre d'excuses. Le chanteur avait pourtant joué le jeu de la promotion, en français, du festival.

Il promet de modifier la structure de son spectacle, en intégrant davantage de chansons en français dans ses futurs concerts au Canada, incluant celui qu'il doit donner sous peu à Toronto, dans le cadre de la Franco Fête.

Le Franco soulagé

Du côté du FFO, la direction a poussé un soupir de soulagement à la réception de la missive, arrivée tardivement hier midi, mais arrivée tout de même.

«On attendait avec impatience la réaction officielle de Mohombi et de son équipe; des excuses qui exonéreraient le conseil d'administration du festival, car nous pensons vraiment que nous avons fait tout notre possible pour remplir notre mandat», a commenté le directeur général du Franco, Daniel Simoncic, qui, jusque-là, évitait de blâmer le chanteur suédo-africain en rejetant la méprise sur le dos de son entourage.

En fin de soirée, après avoir pris connaissance de l'ultime gazouillis de l'artiste, M. Simoncic n'a pas voulu en rajouter.

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