Alfonse, le cirque tous risques

Avec Timber, l'artiste-concepteur Antoine Carabinier-Lépine a souhaité recréer... (Courtoise)

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Avec Timber, l'artiste-concepteur Antoine Carabinier-Lépine a souhaité recréer une journée dans le camp d'un bûcheron.

Courtoise

Maud Cucchi

Maud Cucchi
Le Droit

Timber! Un acrobate s'est blessé. Avisé trois jours à l'avance, Antoine Carabinier-Lépine a filé sur New York remplacer au pied levé l'un des sept interprètes de Traces. Ce n'est pas la première fois qu'il travaille avec la compagnie Les 7 doigts de la main. Sur le spectacle, les lésions furent nombreuses, les suppléances aussi. À l'École nationale de cirque, il se souvient encore des encouragements de ses professeurs russes: «Si tu te réveilles un matin, et que tu as mal nulle part, c'est que t'es mort». Avis aux acrobates aspirants...

«On apprend à travailler avec nos blessures. Sans danger, il n'y a pas de cirque», soutient-il, joint aux États-Unis avant sa venue les 15 et 16 juin prochains dans la dernière création du Cirque Alfonse, Timber; la réalité d'un milieu où la question «risque ou pas risque?» prolonge bien celle d'être ou ne pas être.

Cette faillibilité est justement ce qui fait, selon lui, la force de l'art circassien. Pourtant, devant les mégashows du Cirque du Soleil - et dont l'acrobate a participé - devant ses créatures musclées voltigeant de trapèzes en barres fixes, sans effort apparent, comme insensibles à la peur et à la douleur, devant les «gros maquillages, les gros personnages», comme il les décrit, Antoine Carabinier-Lépine a décidé de créer son propre cirque en 2006. Le géant canadien aurait-il trahi la vraie nature du genre au profit d'un divertissement trop huilé, trop manucuré?

Autres pistes à explorer

«Il y a 25 ans, c'était nouveau. Mais maintenant, c'est devenu une marque, avec des productions redondantes», regrette-t-il. D'autres pistes, à échelle plus humaine, étaient à explorer. La sienne naîtra au fond des bois, dans la grange de la maison familiale de Saint-Alphonse-Rodriguez, en pleine région de Lanaudière. Ce retour aux racines de son enfance signera également un retour aux sources circassiennes, ancrées dans l'héritage et la transmission entre les générations.

POUR Y ALLER

Où ? Maison de la Culture

Quand ? Les 15 et 16 juin, 20 h

Renseignements ? 819-243-2525, wwwmaisondelaculture.ca 

Plus de détails dans LeDroit du 13 juin 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca

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