Explorer Le Paradis perdu de Dubois

Nourrissant sa passion pour l'opéra, et poursuivant la mission qu'il  s'est... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

Yves Bergeras
Le Droit

Nourrissant sa passion pour l'opéra, et poursuivant la mission qu'il s'est donnée d'exhumer l'oeuvre du compositeur français Théodore Dubois, le chef d'orchestre Michel Brousseau dirigera ce soir (samedi), en l'église unie Dominion-Chalmers, quelque 180 choristes provenant de quatre choeurs distincts dans un concert redonnant vie au Paradis perdu. Une oeuvre doublement perdue puisque la partition orchestrale originale de cet oratorio de Dubois, inspiré du poète John Milton, a été égarée au siècle dernier.

Réunis sous la désignation Société philharmonique du Nouveau Monde (SPNM), ces quatre choeurs sont ceux que le maestro dirige depuis des années - à raison de « 4 000 km par mois », sourit-il ; le prix à payer « pour pouvoir présenter de grandes oeuvres » : la Chorale classique d'Ottawa, la chorale philharmonique du Nouveau Monde (qui ne prendra pas part à ce spectacle), à Montréal, Les Chanteurs de Sainte-Thérèse et le Choeur de Tremblant.

Au cours de cet oratorio de taille... biblique, et en français, leurs voix se grefferont à celles des quatre solistes de classe internationale que M. Brousseau a sélectionnés : la soprano ottavienne Maria Knapik, qui interprète Ève, la mezzo-soprano Renée Lapointe, qui campe l'archange Gabriel, le ténor Steeve Michaud, qui se glisse dans la peau d'Adam, et le baryton Jeffrey Carl, qui incarnera Satan. Seule musicienne sur scène, Danielle Maisonneuve prendra à sa charge la partition de piano originale de Dubois - « qui était organiste », rappelle Michel Brousseau, lui-même pianiste émérite.

Ce n'est pas sa première incursion dans l'univers mélodique de Théodore Dubois, compositeur « prolifique, contemporain de Gabriel Fauré et de Camille Saint-Saëns, mais oublié, voire boudé, sans doute à cause de sa rivalité avec Fauré », convient M. Brousseau. Le maestro a récemment endisqué deux messes de Dubois - avec Maria Knapik et le baryton Marc Boucher.

« Je connaissais Dubois depuis mes études au conservatoire (de Montréal), mais je ne connaissais de lui que Les sept paroles du Christ. Quand j'ai entendu (en 2007) l'album Mélodies, sur lequel Marc Boucher reprend le répertoire de Dubois, j'ai tellement aimé que j'ai aussitôt pris un billet d'avion pour rencontrer Francis (Dubois), son petit-fils, qui a conservé chez lui la plupart de partitions originales. C'était incroyable ! J'ai découvert là près de 500 oeuvres d'une grande richesse mélodique. »

Des concertos, des opéras, beaucoup de requiem, d'ave maria, de messes et de mélodies. « Je me suis demandé : 'Est-ce que je ramène ça à (Kent) Nagano et à l'OSM pour qu'ils le fassent découvrir chez nous, ou bien est-ce que je le fais ?' J'ai décidé de le faire », explique le chef.

Parmi ces oeuvres, un bijou. « Le Paradis perdu est une coche au-dessus, notamment pour la richesse de ses contrastes, ses fugues et ses doubles choeurs. »

« Musique somptueuse »

De son côté, Maria Knapik - qui vient d'enregistrer les 19 mélodies de Chopin accompagnée de M. Brousseau au piano - se dit « enchantée de pouvoir approfondir le répertoire français et d'accompagner » le maestro dans son entreprise de mise en valeur de l'oeuvre de Dubois.

« En tant que soprano, on a l'occasion d'interpréter 10 000 fois les mêmes classiques, La Traviata, la Tosca ou La Bohême, mais la nouveauté est plus rare, explique-t-elle. Dubois, c'est pour moi d'une telle fraîcheur que je me sens privilégiée de pouvoir chanter cette musique somptueuse, et pleine de surprises chromatiques. J'y retrouve des éléments de similitude avec Fauré. J'adore cette veine romantique, assez classique de leur époque. Et puis l'histoire racontée ici est chargée de sens, et très proche de ma sensibilité ; je suis une personne très sensible à la spiritualité. »

POUR Y ALLER

OÙ ? Église Dominion-Chalmers

QUAND ? Samedi soir, 19 h 30

RENSEIGNEMENTS ? 613 232 1564, poste 24

Plus de détails dans LeDroit du 5 mai ou sur ledroitsurmonordi.ca

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