Avec la centaine de rouleaux d'acétate récupérés d'une autre époque, Jacques Charbonneau est en train de développer une nouvelle manière de travailler le portrait et l'abstrait, en « imprimant », découpant et superposant l'acétate pour créer ses tableaux. En 40 ans de carrière, l'artiste établi à Grenville-sur-la-Rouge et fondateur du Festival Recycl'Art, a touché au collage autant qu'à la sculpture. Peu importe la forme que prennent ses élans, il a toujours travaillé dans un esprit de récupération, de l'image comme des matériaux.
Des trouvailles qu'elle fait en déambulant dans les rues de Montréal, Geneviève Guénette, elle, conçoit des petites mises en scène, comme autant de réflexions sociales ou d'histoires qu'elle prend plaisir à raconter par le biais de ses oeuvres aussi humoristiques que poétiques. D'un bouton turquoise pendant au bout de son fil parmi d'autres boutons rouges, elle traite du rejet. D'allumettes entourant une sonnette d'alarme d'incendie, elle demande, sourire en coin, qui est Le Petit Malin de l'école : celui qui voudrait allumer l'incendie ou celui qui rêve de déclencher une fausse alarme ?
Chacun à sa manière, Mélodie Coutou, Jacques Charbonneau et Geneviève Guénette réutilisent des matériaux jetés aux ordures ou jonchant les rues, les bords de routes, etc., pour les transformer en oeuvres d'art.
Message à passer
« J'ai accepté de me dire artiste quand j'ai compris que j'avais un message à passer sur le lien entre l'homme et la nature, sur notre façon de gérer nos déchets et de chercher le bonheur dans la consommation à outrance », fait valoir Mme Coutou, dont la famille s'est tout récemment agrandie avec l'arrivée d'un quatrième enfant.
À 34 ans, l'artiste écologique accumule les projets solos et collectifs, ainsi que les commandes, en plus de donner des ateliers et des conférences dans les écoles, dans le cadre du programme Culture à l'école, depuis quatre ans.
« Pour moi, il est important qu'on puisse reconnaître le matériau avec lequel je travaille. J'invite ainsi les gens à voir le beau dans une pelote de métal rouillé, par exemple. Quand je la montre aux jeunes dans les écoles, ils réagissent tous en disant qu'elle n'a rien d'intéressant ou de beau. Mais quand je la transforme en mouton, avec d'autres éléments que j'apporte avec moi, là, ils s'étonnent et s'émerveillent de son potentiel ! » lance-t-elle.
Les oeuvres de Mélodie Coutou s'inscrivent toutes dans sa volonté de mettre de l'avant son message. Parmi ses plus récentes, elle a notamment élaboré La Tornade, une pièce de 16 pieds de hauteur, faite de cerceaux montés sur un essieu de voiture, avec l'aide d'élèves d'écoles des secteurs Aylmer, Hull et Gatineau.
« C'est une tempête qui nous ressemble, puisqu'en bougeant, une tornade lève un nuage de détritus sur son passage. C'est une manière pour moi de rappeler aux gens que nous avons tous la responsabilité de déterminer quel type d'empreinte écologique nous voulons laisser derrière nous », explique-t-elle.
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