Des artistes évoquent leur vision de la reprise, au théâtre, par le biais d'un ou de plusieurs spectacles programmés dans la région.
« Je ne vois pas pourquoi vous m'appelez. Je suis contre le mot. Il ne s'agit pas de reprise, mais de re-création », se défend la future directrice artistique du Théâtre Français Brigitte Haentjens, qui a mis en scène La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès pour la première fois en 1999 avec sa compagnie de théâtre.
Elle disait de lui qu'il était comme un frère pour elle, que beaucoup de choses les liaient, l'engagement politique, la révolte, le désir d'exil permanent.
À cette époque, le récit de la pièce faisait écho aux débuts de Sibyllines, la compagnie de théâtre qu'elle a fondé en 1997. « Nous n'avions pas d'argent, c'était on ne peut plus artisanal. »
Dix années ont passé, mais l'envie de reprendre La nuit ne l'a pas quittée.
« Le texte est toujours profondément inscrit en moi, mais la rencontre est différente. On n'est plus la même personne. Imaginez, c'est comme avoir un nouvel amoureux. Les gestes sont peut-être les mêmes, mais ça n'a rien à voir. »
Il n'est pas question de chercher à faire autre chose, ni à faire la même chose. Il ne s'agit pas non plus d'essayer de se détacher de ce qui a déjà été proposé.
« J'essaie de faire en sorte que la rencontre soit la plus honnête possible, en rebâtissant la solitude du personnage. »
Car l'équipe aussi a changé. Présent dans la première mise en scène, l'acteur James Hyndman a donné le relais à Sébastien Ricard.
« J'ai contacté James, mais il ne voulait pas le refaire. Lui avait fait le tour de l'expérience », indique Mme Haentjens, pour qui le propos de la pièce, on ne peut plus actuel, justifiait sa reprogrammation. « Quand on pense que le texte a été écrit avant la mondialisation. Aujourd'hui la situation est encore plus précaire. C'est cette urgence qui m'a motivée, ce besoin de l'exprimer dans le contexte sociopolitique actuel. »
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