Jumelé à celui, très personnel, de pouvoir embrasser ses deux enfants, son fils de trois mois et demi et sa grande fille de 14 ans, et sa femme, Anik Jean, chaque soir avant de monter sur scène. « C'est vraiment génial de pouvoir partager ça avec eux, de les savoir là, avec moi, à chaque fois », confie-t-il, à l'autre bout du fil
D'où le titre de sa troisième prestation en solo, Le Bonheur, qu'il situe lui-même « à mi-chemin » entre son premier spectacle, « plus ludique », et son deuxième, « plus revendicateur, voire vindicatif ».
« Je ne connais pas grand monde qui n'aspire pas au bonheur. Mais des fois, les gestes qu'on pose pour y arriver peuvent surprendre, étant donné qu'on a tous notre définition de ce qui nous rend heureux... Et c'est là que ça peut devenir drôle, justement. »
Et que ça peut devenir particulièrement grinçant quand un Rogatien, son fameux personnage de Taxi 0-22 s'en mêle, dans les 34 dernières minutes du spectacle.
« Pour lui aussi, il s'agit d'un retour aux sources, puisqu'il est né sur scène. Son passage à la télé me donne la chance, aujourd'hui, de pousser le personnage. Les gens le connaissent et savent ce dont Rogatien est capable, quand il décide de prendre le crachoir ! »
L'effet Star Académie
L'humoriste n'avait pas nécessairement prévu ce retour sur scène.
Sa première participation à Star Académie, en 2009, à titre de professeur d'interprétation, a néanmoins eu un impact imprévu.
« À force de parler de mon métier aux jeunes j'ai réalisé que je m'ennuyais terriblement de ça. Au point où j'étais prêt à annuler tous mes autres engagements pour remonter sur scène à quelques mois d'avis seulement ! Mais bon, ça ne fonctionne pas tout à fait comme ça, les salles de spectacle ne se louent pas du jour au lendemain, juste parce qu'on en a envie. Et puis, partir en tournée avec un spectacle d'humour, ça coûte des sous. Il a fallu faire le montage financier, etc. C'est pour ça que j'arrive trois ans plus tard ! »
Parce qu'entre-temps, il a également pris le temps de se marier et de goûter à la paternité pour une deuxième fois... à 14 ans d'intervalle.
« Se retrouver à gérer les couches d'un bord et Facebook de l'autre, entre faire faire un rot à l'un pour ensuite aller magasiner avec l'autre, ça relève de deux types de paternités complètement différentes. C'est un numéro en soi, quoi ! » clame le papa, dont « l'héritier » gazouille à qui mieux mieux non loin du téléphone. « Il n'arrête pas de jaser depuis trois jours », renchérit fièrement Patrick Huard.
Au cours de ces 11 ans d'absence sur scène, ce dernier n'était pas totalement disparu des radars pour autant. Au contraire, l'humoriste a fait toute la place au comédien, accumulant les rôles aux petit et grand écrans : Rogatien (qui l'a ainsi suivi de la scène à la télévision... à la scène), Ti-Guy dans Les Boys, mais aussi Félix dans Nez Rouge, Louis dans Maman Last Call, David dans Bon Cop, Bad Cop, Bastien dans Funkytown et, plus récemment, David dans Starbuck.
Pendant cette période, Patrick Huard a également réalisé Les 3 p'tits cochons et Filière 13.
« Tout ce que j'ai fait pendant cette période passait par des personnages. J'entrais en contact avec le public par la bande, en quelque sorte, et là, j'avais envie de rétablir un dialogue direct avec les gens », soutient le principal intéressé.
Plus de détails dans LeDroit du 14 avril ou sur ledroitsurmonordi.ca
POUR Y ALLER
OÙ ? Centre national des arts
QUAND ? Les 21 et 22 avril, 20 h
RENSEIGNEMENTS ?