Quatorze écoles de l'Outaouais participent à cette finale, étalée sur deux soirs, cette année encore, vu le nombre de jeunes participants retenus pour faire valoir leurs talents artistiques, que ce soit en chant, en musique, en danse, en humour, en magie ou en arts du cirque. La prestation de Jacynthe aura lieu à la fin de la soirée, pendant les délibérations du jury.
Dix prix seront remis parmi les finalistes, à chacune des deux soirées de cette 10e finale régionale. Les gagnants auront priorité s'ils désirent s'inscrire au Rendez-vous panquébécois de secondaire en spectacle, qui aura lieu à Sept-Îles, du 24 au 27?mai. Là-bas, ils pourront poursuivre l'expérience sur les planches et profiter de formations dispensées par des professionnels du milieu. Les étudiants ayant participé aux finales locales peuvent également tenter de se joindre au groupe qui partira en Côte-Nord, s'il reste des places parmi les trente accordées à l'Outaouais.
«J'ai moi-même commencé à chanter professionnellement et à enregistrer à la fin du secondaire», se souvient Jacynthe, qui compte bien des fans parmi les adolescents. Elle se montre d'ailleurs bien consciente de la «grosse responsabilité» morale qui vient avec le succès.
«C'est dur, de se voir en tant que 'rôle-modèle'. Mais les jeunes sont influencés par tout ce qui leur plaît. Alors j'essaie de vivre sainement. Je ne fume pas. Je bois très peu, et toujours avec modération. Je suis très positive, je m'engage toujours à fond et je travaille très fort», explique la sympathique chanteuse, qui a un bac en enseignement. Elle n'hésite pas, de temps à autre, à se prêter au jeu d'une session de clavardage avec son jeune public, qui a aussi accès à elle via ses comptes Facebook et Twitter.
Avec les finalistes, elle parlera sans doute de sa «passion intense pour la musique», de «l'importance d'être déterminé et persévérant», même lorsqu'on est confronté aux critiques. «C'est difficile, parfois, parce qu'un auteur-compositeur met beaucoup de lui-même dans son art». Elle pourra aussi témoigner des difficultés à composer avec le succès et l'étrange «piédestal» qui l'accompagne. «Ça, il n'y a pas de livre pour l'apprendre.»
Comme Secondaire en spectacle est propice à développer l'estime de soi «à un âge ou on apprend à se connaître et où on est parfois notre pire ennemi», Jacynthe, confiera peut-être les doutes qui l'ont accompagnée à chaque étape de sa carrière: «Le manque de confiance en soi, je peux en parler d'expérience: l'impression que tout va mal, durant un show, au point qu'on finit par se rendre fou, nous-même».
Le trac, dit-elle, n'a jamais cessé de poursuivre, malgré ses cinq albums ou sa participation à la tournée Delirium du Cirque du soleil. «Heureusement, aujourd'hui, je sais le transformer en adrénaline», partage celle qui, en ce moment, s'implique «très activement» sur la production de son prochain album anglophone, auquel collabore Shawn Desman, et qui paraîtra cette année. On reste dans la danse, promet-elle, mais l'album sera «terre à terre électro, avec des influences organiques pour arrondir le tout». En février dernier, sortait Feel, extrait sur lequel Jacynthe chante - en français - avec Victoria Duffield. Et elle s'apprête aussi à percer le marché français en y lançant, probablement le mois prochain, son premier simple, tiré de Dévoiles qui tu es.