Pour le conseiller gatinois Maxime Pedneaud-Jobin - rédacteur du mémoire -, il était important que des leaders de la région se fassent entendre. « La région de l'Outaouais est en pleine effervescence et elle a besoin de médias qui parlent d'elle, qui diffusent ses débats », dit-il.
Le député de Papineau et ministre responsable de l'Outaouais, Norman MacMillan, a ajouté sa signature au mémoire, tout comme le recteur de l'Université du Québec en Outaouais, Jean Vaillancourt, le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Philippe Marion, ainsi que l'avocate et animatrice Françoise Boivin.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes se penche, depuis hier, sur l'acquisition par Cogeco de 11 stations radiophoniques de Corus Québec. Pour que la transaction de 80 millions de dollars se concrétise, le CRTC doit consentir une exception à Cogeco, en l'autorisant à détenir plus de stations FM en français que permis dans le marché de Montréal.
« Un besoin »
Le retour prévu d'une émission matinale produite localement à CJRC - conjugué au maintien d'une émission d'affaires publiques le midi et à la consolidation de la salle des nouvelles - a convaincu les signataires d'appuyer la démarche de Cogeco.
« Au moment où l'Outaouais a besoin qu'on parle d'elle, au moment où elle a besoin de forums pour les débats qui l'animent, les affaires publiques n'ont jamais occupé aussi peu de place dans nos médias », écrivent les cosignataires du mémoire.
« Il y a une place immense à prendre pour une radio tournée essentiellement vers l'Outaouais, poursuivent-ils. Le projet de Cogeco va dans ce sens et pourra, selon nous, corriger une partie de la situation. »
Le mémoire présente la région de l'Outaouais comme une véritable force démographique, économique et culturelle. « Lorsque je me réveille le matin, je veux que mes nouvelles portent d'abord et avant tout sur la Ville de Gatineau, l'Outaouais québécois et la région de la capitale nationale », affirme le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt, en entrevue avec LeDroit.
Le ministre Norman MacMillan rappelle qu'il a été l'un des premiers à dénoncer la décision de Corus d'éliminer l'émission locale du matin. « Qu'on soit d'accord ou pas avec nous, au moins, on pouvait expliquer notre point de vue, dit-il. Je n'ai rien contre Paul Arcand, mais c'est strictement national et montréalais. C'est primordial qu'on ait notre émission du matin qui parle de nous, de l'Outaouais. »
Animatrice de l'émission d'affaires publiques Le choc des idées sur les ondes de CJRC, de 1998 à 2002, Françoise Boivin abonde dans le même sens. « Il n'y a pas un média sur terre qui va me faire croire qu'on n'est pas capable de faire vivre une radio dans le coin, dit-elle. On est une des plus grandes régions du Québec. On est collé sur la capitale du Canada. On n'a aucune difficulté à trouver des sujets et à faire réagir les gens d'ici. »