Janice Nadeau accumule les honneurs

Pour une deuxième fois hier, Janice Nadeau s'est... (Michel Lafleur, Le Droit)

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Pour une deuxième fois hier, Janice Nadeau s'est vu attribuer un Prix du gouverneur général pour son travail d'illustratrice dans la catégorie Littérature jeunesse.

Michel Lafleur, Le Droit

On les compte sur les doigts d'une main, les illustrateurs de livres jeunesse ayant remporté plus d'une fois le Prix littéraire du gouverneur général dans cette catégorie. Janice Nadeau fait partie de cette espèce rare. Hier soir, la jeune illustratrice originaire de Gatineau recevait pour une deuxième fois la palme des mains de la gouverneure générale Michaëlle Jean pour ses illustrations d'un récit de Gilles Tibo, Ma meilleure amie. Un prix reçu avec étonnement, comme si elle doutait encore de son immense talent !

«La première fois, en 2004, j'étais bien sûr surprise. Ce premier prix [attribué pour ses illustrations du livre Nul poisson où aller] m'a servi de moteur d'encouragement. Mais comme je suis une hypersensible qui entreprend chaque projet de création avec angoisse et qui est rarement satisfaite du produit final, je doutais énormément de mes chances de recevoir le prix une autre fois.»

 

De toute évidence, les membres du jury français du Prix du gouverneur général 2008 pour la catégorie Littérature jeunesse - illustrations étaient d'un avis contraire, estimant qu'avec ses illustrations de Ma meilleure amie, «Janice avait su mettre en images le sujet délicat de la mort avec une charge émotive qui va droit au coeur.» La lauréate accepte cet honneur avec une humilité exemplaire, se bornant à dire qu'elle a «mis le doigt sur quelque chose qui devait être vrai, puisqu'il a plu». Mais, surtout, ce deuxième prix vient calmer l'angoisse qui la tenaille dès qu'elle sort ses crayons et ses pinceaux pour entreprendre un projet d'illustration narrative.

Diplômée en design graphique de l'UQAM, Janice Nadeau gagne sa vie avec des projets de graphisme éditorial et publicitaire. L'illustration d'albums jeunesse n'occupe que la portion congrue de ses revenus, parce qu'elle est extrêmement sélective et ne s'embarque dans l'aventure que si un texte la touche au plus profond. En plus, elle travaille avec lenteur, fuyant les échéances rapprochées pour laisser le temps mûrir les images que fait naître en elle le texte. Pour Ma meilleure amie, il s'est passé près de 18 mois entre le moment où elle a accepté d'illustrer le texte de Gilles Tibo et la livraison des planches à l'éditeur.

Alors qu'elle avait travaillé à l'aquarelle pour le premier album primé par les Prix du gouverneur général, elle a préféré le fusain et le pastel pour créer l'univers fragile dans lequel s'insérerait le récit attendrissant d'un gamin hospitalisé et près duquel rôde la Dame en noir. Tout de suite, des images et des symboles sont venus à la lecture du texte - le coquelicot, les oiseaux, le saule pleureur - auxquels s'accrochaient des bouts d'émotions. Elle a restreint sa palette à trois couleurs, le noir, évidemment, le rouge, couleur du coeur, et le jaune, symbole de vie et de liberté. «En travaillant le fusain, j'ai aimé ces traînées ombrageuses, couleur cendre, qu'il laissait sur le papier. C'est comme la mort. Elle ne soustrait pas tout, mais laisse des traces de l'être disparu.»

Nouvellement maman d'un petit Félix qu'elle avait confié, hier soir, à la garde de ses parents toujours résidants de Gatineau, Janice Nadeau profite de son congé de maternité pour explorer d'autres facettes de son fabuleux imaginaire. Le design textile et la conception graphique de faire-part et d'invitations l'accaparent ces temps-ci, ainsi qu'un premier projet d'illustrations pour un éditeur jeunesse américain. Le sujet : les grand-mères !

mlemery@ledroit.com

 

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